Notre cerveau, le fruit d'un travail d'équipe?

Représentation du cerveau humain Représentation du cerveau humain  Photo :  iStockphoto

Les humains ont un gros cerveau probablement en raison de l'esprit coopératif qu'ils ont développé au cours de l'évolution. La comparaison du cerveau de l'Homo sapiens avec celui de ses prédécesseurs hominidés mène à un constat clair : l'organe humain fait figure de géant, particulièrement en raison de ses méninges particulièrement développées.

Or, les scientifiques n'ont jamais réussi à expliquer pourquoi le cerveau avait évolué de la sorte.

Le chercheur irlandais Luke McNally, du Trinity College, et des collègues écossais estiment que l'explication pourrait bien résider dans un simple fait : l'humain a eu besoin de coopérer pour survire. Ainsi, son cerveau a donc dû s'adapter et grossir pour se retrouver dans la complexité des relations sociales.

Pour l'établir, les scientifiques ont réalisé un modèle informatique reproduisant le cerveau humain dans lequel un réseau de neurones évoluait et réagissait à une série d'interactions sociales.

« Nous coopérons fréquemment au sein de grands groupes d'individus qui ne se connaissent pas, et cela nécessite des capacités cognitives pour déterminer qui est en train de faire quoi, et ajuster son comportement en conséquence. » — Luke McNally, Trinity College

Les chercheurs estiment que le travail en équipe et la puissance cérébrale se stimulent l'un l'autre. Ainsi, le passage à des sociétés plus coopératives et plus complexes a peut-être poussé l'évolution d'un cerveau plus gros. Ainsi, des niveaux d'intelligence plus élevés permettent aussi de développer l'esprit coopératif.

Pour l'anthropologue Robin Dunbar, de l'Université d'Oxford, il y a quand même des limites physiques à la coopération.

« La taille actuelle de notre cerveau limite la taille de la communauté avec laquelle nous pouvons interagir, celle à laquelle nous avons le sentiment d'appartenir. » — Robin Dunbar

Le Pr Dunbar estime qu'un réseau social personnel est limité à environ 150 individus en moyenne. Selon lui, faire passer ce chiffre à 500 obligerait à doubler la taille du cerveau humain.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Proceedings of the Royal Society B.

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