Les premiers seront... plus nombreux

Une famille  Photo :  iStockphoto

Les premiers à coloniser un territoire ont plus d'enfants que ceux qui les suivent, montre une étude portant sur la généalogie des pionniers au Québec.

La chercheuse Claudia Moreau de l'Université de Montréal et ses collègues* ont fait cette découverte après avoir étudié l'expansion des colonies entre 1686 et 1960 au Québec.

Ils ont, pour ce faire, analysé la descendance des personnes qui se sont installées et mariées au Québec à partir des anciens registres paroissiaux des régions de Charlevoix et du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Un constat ressort clairement : les habitants qui colonisaient une nouvelle région avaient nettement plus d'enfants que ceux qui vivaient au centre de la colonie.

Ces pionniers vivaient sur ce que les chercheurs appellent le front d'onde ou encore le bord de la vague d'expansion. Ils constituaient la première génération à occuper une région auparavant inhabitée.

Les femmes de ce groupe avaient une fertilité supérieure de 20 % à celles qui rejoignaient la colonie par la suite. Les femmes de la génération suivante étaient elles aussi plus fécondes, mais ce trait disparaît à la génération suivante, soit une fois la colonie établie.

Cette fertilité serait peut-être due, selon les chercheurs, au fait que ces femmes se mariaient en général un an plus tôt que celles arrivées au coeur de la population.

Ces travaux contribuent à mieux cerner la manière dont les peuples se répandent sur la planète.

En outre, cette fécondité élevée serait en quelque sorte, selon les auteurs de ces travaux publiés dans le magazine Science, une forme de sélection naturelle, au sens où les arrivants suivants font face à des familles plus grandes, dont le bagage génétique occupera davantage d'espace dans la population locale.

Ces travaux montrent, entre autres, que la majorité des gens qui vivent actuellement dans la région de Saguenay-Lac-Saint-Jean sont apparentés à ceux qui vivaient sur ou non loin d'un front d'onde de colonisation.

*de l'Université de Montréal, de l'Institut d'écologie et d'évolution de l'Université de Berne et du Projet BALSAC de l'UQÀC.

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