La boussole électorale enracinée dans le cerveau?

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Un vote  Photo :  iStockphoto

Vos orientations politiques seraient-elles décelables à la simple analyse de votre cerveau? Des chercheurs britanniques affirment qu'il est possible de déterminer les préférences idéologiques d'une personne en scrutant ses structures cérébrales.

Le Dr Ryota Kanai et ses collègues de l'Université College London affirment que les personnes dites progressistes ont tendance à avoir un cortex cingulaire antérieur plus développé que les personnes se considérant comme conservatrices

C'est dans cette zone frontale du cortex que les fibres relaient les signaux neuronaux entre les hémisphères cérébraux droit et gauche.

Selon les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Current Biology, ces différences correspondent au fait que les progressistes auraient une plus grande facilité à gérer des informations contradictoires alors que les conservateurs percevraient mieux une menace potentielle.

« De précédentes recherches ont révélé que des traits psychologiques particuliers prédisposaient une personne à certaines orientations politiques. » — Auteurs

Selon les chercheurs, leurs travaux sont les premiers à établir un lien entre ces idéologies et des structures spécifiques du cerveau.

Avant d'entreprendre ses recherches, le Dr Kanai a consulté plusieurs autres études en psychologie qui montraient que :

  • les conservateurs avaient tendance à être plus sensibles à la menace et à l'anxiété face à l'incertitude;
  • les progressistes avaient tendance à être plus ouverts aux nouvelles expériences.

C'est donc à partir de ces données que le chercheur et son équipe ont tenté de trouver la base physiologique de telles différences de personnalité.

S'ils ont constaté des différences, les scientifiques s'empressent de mettre des bémols à leur découverte et affirment ne pas savoir ce qui est venu en premier, les idées ou les distinctions cérébrales.

« C'est possible que les structures cérébrales ne soient pas figées tôt dans la vie, mais qu'elles puissent être façonnées au cours du temps par nos propres expériences de la vie. [...] Et naturellement, il est bien connu que certaines personnes changent d'opinions dans le cours de leur vie. » — Dr Ryota Kanai

Mise en garde

Le chercheur Kanai estime qu'il serait dangereux d'extrapoler ces résultats en raison des incertitudes qui entourent les corrélations observées avec les caractéristiques des zones cérébrales examinées.

Selon lui, il est très improbable que l'orientation politique soit codée dans ces régions cérébrales. Il faut maintenant comprendre, affirme-t-il, comment ces zones du cerveau facilitent la formation des opinions politiques.

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