Destruction record d'ozone au-dessus de l'Arctique

Radio-Canada avec Cordis News et Institut Alfred-Wegener
Nuages composés d'acide nitrique et sulfurique au-dessus de l'Arctique Nuages composés d'acide nitrique et sulfurique au-dessus de l'Arctique  Photo :  Markus Rex, Alfred Wegener Institute

Une étude menée par un institut de recherche allemand montre que la couche d'ozone au-dessus de l'Arctique aurait fondu de moitié dans les dernières semaines. Avec l'arrivée du printemps, la destruction des molécules d'ozone pourrait s'accélérer et affecter les populations plus au sud, dont la nôtre.

Des températures inhabituellement froides dans la haute atmosphère et la présence persistante de chlorofluorocarbones (CFC) au-dessus de l'Arctique expliqueraient ce phénomène, selon Markus Rex, chercheur à l'Institut Alfred-Wegener de recherches polaires et marines de Postdam.

« Nos mesures démontrent qu'à certaines altitudes, près de la moitié de l'ozone qui était présent au-dessus de l'Arctique a été détruit au cours des dernières semaines », confirme-t-il.

Markus Rex et plusieurs autres chercheurs en sont venus à cette conclusion après avoir colligé des données provenant de 30 stations de recherche en Arctique et dans la région subarctique.

Les causes de cette destruction sont multiples, mais les chercheurs pointent du doigt le réchauffement climatique. Selon eux, l'accumulation de gaz à effet de serre dans les couches inférieures de l'atmosphère contribue au refroidissement de la stratosphère, là où se trouve la couche d'ozone, à environ 20 km de la surface de la Terre.

« La concentration de gaz à effet de serre retient la radiation thermale de la Terre dans les couches inférieures de l'atmosphère, ce qui les réchauffe. Il y a moins de radiation de chaleur qui rejoint la stratosphère, intensifiant son refroidissement », explique le chercheur Markus Rex.

La présence des CFC continue à endommager la couche d'ozone au-dessus de l'Arctique, et ce, plus de 20 ans après la signature du protocole de Montréal bannissant leur usage. Les gaz relâchés dans l'atmosphère avant le protocole continueront à endommager l'ozone pour plusieurs décennies, selon Markus Rex.

La communauté scientifique s'était réjouie jusqu'ici de voir la couche d'ozone se recomposer à la suite du protocole de Montréal. Or, il semble que les gaz à effet de serre jouent également un rôle dans son maintien.

Avec l'arrivée du printemps, les masses d'air au-dessus de l'Arctique se déplacent vers le sud avant de se désintégrer. Pendant quelques jours au printemps, l'effet protecteur de la couche d'ozone sera donc réduit au-dessus de l'Europe et de l'Amérique du Nord. L'ozone bloquant les rayons UV du soleil, potentiellement cancérigènes, il faudra porter une attention particulière et se protéger la peau.

Les scientifiques précisent que la couche d'ozone a la capacité de se régénérer à long terme.

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