Des plumes trop fragiles pour voler

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Science
Un fossile d'Archaeopteryx Un fossile d'Archaeopteryx  Photo :  AFP/US DOE SLAC National Accelerator Laboratory

Les premiers oiseaux primitifs auraient eu des plumes trop fragiles pour leur permettre de voler en battant des ailes, suggère une nouvelle étude.

Les premiers oiseaux primitifs comme l'Archaeopteryx auraient eu des plumes trop fragiles pour leur permettre de voler en battant des ailes, suggère une nouvelle étude.

Robert Nudds, biologiste à l'université de Manchester, et Gareth Dyke, paléontologue à l'University College de Dublin, ont émis cette hypothèse en étudiant des fossiles de l'Archaeopteryx et du Confuciusornis, deux oiseaux primitifs qui vivaient respectivement il y a environ 145 millions d'années et 120 millions d'années. Leurs travaux sont publiés dans la revue Science de vendredi.

Selon les deux chercheurs, la tige centrale des plumes de l'Archaeopteryx et du Confuciusornis était beaucoup plus fine que chez les oiseaux actuels de même taille.

L'étude des fossiles ne permet cependant pas de déterminer si les tiges de leurs plumes étaient creuses, comme chez les oiseaux modernes, ou pleines.

Si les plumes étaient creuses, elles se seraient déformées comme une paille si ces animaux avaient tenté de battre vigoureusement des ailes, expliquent les deux chercheurs.

Si les plumes étaient pleines, elles se seraient brisées lors d'un battement vigoureux.

Dans les deux cas, les chercheurs croient que les plumes de ces oiseaux les auraient empêchés de voler en battant des ailes. Ils croient donc que les ailes des deux oiseaux ne leur servaient qu'à planer.

L'étude estime que « le vol vigoureux par battements d'ailes des oiseaux modernes est hautement improbable » chez ces oiseaux primitifs.

Selon M. Nudds, leurs aptitudes médiocres pour le vol laissent croire que les premiers oiseaux vivaient dans les arbres d'où ils s'élançaient pour planer. S'ils atterrissaient au sol, ils devaient remonter dans un arbre en grimpant pour pouvoir à nouveau voler.

« Si l'Archaeopteryx et le Confuciusornis vivaient dans les arbres, comme mon étude le suggère, on peut alors penser que le vol des oiseaux est né dans les arbres, et non au sol », précise-t-il.

Il ajoute que le vol par battements d'ailes a probablement une origine plus récente qu'on ne le pensait auparavant.

La théorie de l'étude est cependant mise en doute par certains scientifiques. Par exemple, Luis Chiappe, paléontologue au Musée d'histoire naturelle du comté de Los Angeles, admet que l'Archaeopteryx et le Confuciusornis avaient de piètres aptitudes pour voler. Mais il ne croit pas que ces deux oiseaux étaient incapables de voler par battements d'ailes. Selon lui, les fossiles de leurs plumes ne sont pas assez bien définis pour en arriver à une telle conclusion.

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