Attention au DEET

Radio-Canada avec Agence France-Presse, BBC et Le Monde et l'étude publiée sur le site web de BMC Biology
Moustiques (archives)  Photo :  PC/Winnipeg Free Press-Joe Bryksa

Le répulsif antimoustique DEET est sur la sellette. Une nouvelle étude démontre que cette substance a des effets indésirables sur le système nerveux des mammifères.

La substance la plus utilisée au monde dans les produits destinés à se protéger contre les piqûres d'insectes, le DEET, présente des risques pour le système nerveux des mammifères.

Ce sont les conclusions d'une étude publiée mercredi dans le journal spécialisé BMC Biology.

Découvert en 1953, le diéthyltoluamide (DEET) constitue un répulsif efficace contre les tiques et contre les moustiques qui, dans certaines régions du globe, transmettent des maladies comme le chikungunya, le paludisme et la dengue.

L'équipe internationale menée par des chercheurs français a démontré, pour la première fois, que le DEET inhibait l'acétylcholinestérase, une enzyme clé dans l'échange d'information entre les cellules nerveuses, comme le font les insecticides organophosphorés ou carbamates.

Ce faisant, la toxicité de l'insecticide carbamate augmenterait lorsqu'il est utilisé en combinaison avec le répulsif DEET.

« Nous ne disons pas que l'usage normal du DEET va tuer des gens. Mais qu'à certaines occasions et en combinaison avec d'autres substances, il peut être dangereux, en particulier pour les femmes et les enfants », a souligné Vincent Corbel, chercheur à l'Institut de recherches pour le développement à Montpellier.

Toutefois, contrairement aux insecticides carbamates, qui peuvent agir des heures sur la transmission nerveuse, l'effet du DEET est beaucoup plus bref, selon M. Corbel. Son effet durerait de quelques secondes à quelques minutes, affirme le spécialiste.

Environ 200 millions de personnes font usage du DEET chaque année et plus de 8 milliards de doses ont été appliquées au cours des cinquante dernières années, selon les chercheurs.

Autre étude à venir

Lors de tests in vitro, les scientifiques ont constaté que le répulsif en question ralentissait l'activité de l'enzyme, tant chez l'insecte que sur les cellules nerveuses des mammifères, en l'occurrence la souris. Cela a pour conséquence d'allonger le temps de stimulation des récepteurs du système nerveux.

Enfin, l'étude soulève l'hypothèse que le DEET présente un risque de toxicité nerveuse pour l'espèce humaine. « C'est ce que nous allons essayer d'évaluer dans une nouvelle étude », a assuré Bruno Lapied, chercheur à l'Université d'Angers.

La réglementation canadienne

En 2004, Santé Canada a interdit la vente de répulsifs antimoustiques contenant une concentration de DEET supérieure à 30 %.

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