L'idée d'encourager les propriétaires d'armes à se faire justice est ridicule, dit Harper

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper Le premier ministre du Canada, Stephen Harper  Photo :  PC/Chris Young

Le premier ministre canadien affirme qu'il est « ridicule » d'avoir laissé entendre qu'il encourageait les Canadiens à utiliser une arme à feu pour se faire justice eux-mêmes.

Stephen Harper est revenu sur ses propos controversés de la semaine passée en expliquant qu'au Canada, le système est ainsi fait que les propriétaires d'armes à feu ne peuvent pas utiliser leur arme pour se défendre.

Et, « personne ici ne laisse entendre qu'ils devraient se faire justice eux-mêmes », a insisté M. Harper, visiblement agacé qu'on ait pu mal interpréter ses propos.

Une déclaration surprenante

La semaine dernière, répondant à une question sur le registre des armes à feu, M. Harper avait utilisé l'exemple de la famille de sa femme qui a grandi en milieu rural pour illustrer sa philosophie de la possession d'une arme à feu.

« Ma femme vient d'une région rurale où la possession d'armes n'était pas que pour les besoins de la ferme, mais aussi pour assurer un certain niveau de sécurité lorsqu'une assistance policière immédiate n'était pas disponible », a déclaré M. Harper en réponse à son interlocuteur.

La déclaration du premier ministre a été récupérée et relayée par les conservateurs pour recueillir l'appui des militants à la cause des propriétaires d'armes à feu.

Mais quantité de voix se sont élevées pour dénoncer les propos du premier ministre.

Par exemple, l'Association des policiers provinciaux du Québec a fait savoir qu'elle jugeait cette déclaration inappropriée, pendant que l'Association du barreau canadien s'est dite très inquiète par le message véhiculé par les propos du premier ministre.

Le premier ministre rectifie le tir

De Mississauga, où il se trouvait mercredi, M. Harper a accepté de revenir sur cette controverse en expliquant que la mauvaise interprétation qu'on avait faite de ses propos relevait de la démagogie.

« Pourquoi on doit faire face de temps en temps à une démagogie comme ça? La raison est que beaucoup n'apprécient pas la différence entre le système canadien et celui des États-Unis. Au Canada un propriétaire d'armes à feu a des responsabilités. Aux États-Unis il a des droits. C'est une grande différence. » — Le premier ministre du Canada, Stephen Harper

Stephen Harper dit qu'il n'est pas question d'instaurer au Canada un système à l'américaine.

Par ailleurs, il a reconnu que son parti avait une approche différente de celle des partis d'opposition en ce qui a trait aux armes à feu : « Regardez les choses que nous faisons : nous nous sommes débarrassés du registre inutile et inefficace des armes à feu. Une mesure que les propriétaires d'armes ont soutenue. Et, nous mettons en place des mesures pour rendre leur vie un peu plus facile ».

Au Canada, a poursuivi le premier ministre, les propriétaires d'armes doivent au préalable obtenir un permis et ils doivent respecter le Code criminel. « C'est pourquoi nous avons au pays une communauté de propriétaires d'armes qui respectent les lois », dit-il.

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