Le Bloc est « tout à fait » pertinent, corrige Péladeau

Péladeau et le Bloc québécois : reportage de Davide Gentile

Après avoir affirmé ce week-end que le Bloc québécois « ne sert strictement à rien », Pierre Karl Péladeau juge maintenant « tout à fait » pertinente la présence du parti souverainiste à Ottawa.

Le candidat pressenti à la course à la direction du Parti québécois corrige ainsi le tir devant le malaise provoqué dans le camp souverainiste par ses propos prononcés vendredi dernier. Lors d'un rassemblement de jeunes militants péquistes, à Saint-Jérôme, il a déclaré qu'il s'interrogeait sur la pertinence et l'avenir du Bloc à Ottawa, un parti dont l'existence cautionne, selon lui, le fédéralisme.

M. Péladeau dit aujourd'hui que ses commentaires n'étaient en fait qu'une interrogation. « Je pense que nous avons le droit de nous interroger, parce que la question, aussi, c'est de déterminer si on combat le fédéralisme ou si on travaille avec le fédéralisme. Les forces souverainistes doivent être ensemble pour le combattre. »

« M. Bouchard avait dit que nous allions apprécier le succès du Bloc à la [brièveté] de son existence, alors il faut constater que 25 ans plus tard, il y a encore du travail à faire.  » — Pierre Karl Péladeau, en point de presse mardi

Devant les caméras, le député vedette affirme que le Bloc doit collaborer avec le PQ. « C'est dans cet esprit de coordination, de cohérence, de convergence de toutes les forces souverainistes que je travaillerais, évidemment, si je suis candidat et que je suis élu. »

Au secours du Bloc

Une réunion a été organisée ce week-end entre l'entourage de M. Péladeau et celui du chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu, pour tenter de clarifier les choses.

M. Beaulieu a d'ailleurs lui-même tenu un point de presse mardi pour défendre la pertinence du Bloc. Le PQ et le Bloc « font partie de la grande famille indépendantiste québécoise et je sais que nous pourrons continuer à compter les uns sur les autres », a déclaré Mario Beaulieu.

Peu importe qui sera le prochain chef du Parti québécois, précise-t-il aussi, sa formation continuera à travailler en collaboration avec le PQ.

Au sein du Parti québécois, l'appui au Bloc semble unanime. « Je pense qu'on peut en débattre de façon respectueuse, mais chose certaine, le Bloc québécois a rendu d'immenses services à la population québécoise », a dit Bernard Drainville. 

L'affaire a rapidement été récupérée par les candidats à la direction du PQ.

« Ceux qui sont d'accord avec moi, et bien, qu'ils se joignent à ma campagne. Ceux qui sont d'accord avec Pierre Karl, qu'ils se joignent à sa campagne », a estimé Jean-François Lisée, en soulignant que le Bloc est une voix essentielle pour le Québec.

Gilles Duceppe Gilles Duceppe

Gilles Duceppe, qui a dirigé le Bloc pendant 15 ans, croit que Pierre Karl Péladeau a fait une erreur d'analyse en remettant en question la pertinence du Bloc québécois à Ottawa.

Dans une entrevue accordée à ICI RDI, il a expliqué que si les gens ne votent pas pour le Bloc aux élections fédérales, ils voteront pour un parti fédéraliste - un geste qui justifiera davantage le fédéralisme que l'existence d'un parti souverainiste à Ottawa, dit-il.

L'ancien chef du Bloc rappelle aussi le rôle qu'a joué le parti aux Communes lors de la campagne référendaire de 1995 en portant au Parlement fédéral le discours souverainiste et en y défendant le Québec.

Pertinence du Bloc québécois : Pierre Paquette réagit à la déclaration de PKP

L'ex-député du bloquiste Pierre Paquette a lui aussi défendu l'existence du Bloc. Selon lui, il ne revient ni aux péquistes ni à PKP, plus spécifiquement, de décider de l'avenir du Bloc, mais aux militants du Bloc québécois. 

Récemment, le Bloc récoltait à peine plus de 10 % d'appuis dans les sondages. Avec deux députés seulement à la Chambre des communes, Claude Patry et Louis Plamondon, la pente sera difficile à remonter pour le chef du parti, Mario Beaulieu, dont l'arrivée à la tête de la formation a créé des remous, notamment le départ des députés André Bellavance et Jean- François Fortin.

Notre dossier