La charte des valeurs, entre division et inclusion

La CSDM émet des réserves sur la charte des valeurs

Une enseignante portant le hijab Une enseignante portant le hijab

La plus importante commission scolaire du Québec n'est ni pour ni contre la charte des valeurs québécoises, mais elle tient à ce que la population et le gouvernement prennent conscience des problèmes que le projet de loi va lui créer.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) accueille chaque année une bonne partie des immigrants qui s'établissent au Québec. Les élèves et les parents sont d'origines diverses; les enseignants le sont aussi. C'est pourquoi la CSDM ne se prononce pas pour ni contre le projet de charte. Elle émet toutefois plusieurs réserves.

« Pour nous, le climat social dans nos établissements est très important, et ce qu'on veut faire valoir, c'est qu'on comprend très bien que le gouvernement veuille que le gouvernement soit laïque, mais qu'au niveau de l'application de ce projet de loi là, il y aura des difficultés », soutient sa présidente, Catherine Harel-Bourdon.

Parmi ces difficultés, la CSDM précise que la charte risque d'entraîner des problèmes de gestion et des poursuites.

« Il y aura des sanctions qui devront être octroyées, puis ça va ajouter un poids majeur aux directions d'écoles dans leur gestion quotidienne des établissements, explique-t-elle. Et le fait que ça va amener des dépenses supplémentaires pour une commission scolaire qui est déjà en déficit. Et que ça peut aller même jusqu'en Cour suprême et qu'on ne veut pas avoir à payer ces frais-là. »

Mme Harel-Bourdon ajoute que le fait d'exclure les écoles privées subventionnées du projet de loi 60 risque de créer deux univers, entre le public et le privé.

« On ne veut pas qu'il y ait une ghettoïsation d'écoles privées où des minorités se retrouveraient », craint-elle.

La CSDM pourrait présenter son mémoire en commission parlementaire en début d'année.

D'après un reportage de Dominic Brassard

La charte des valeurs, un débat de société

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