Quand les murs ont des oreilles

Le reportage de Brigitte Bureau

Les pouvoirs conférés au Centre de la sécurité des télécommunications (CST) par l'entremise de la loi antiterroriste de 2002 suscitent de vives inquiétudes sur la colline Parlementaire, rapporte la radio de Radio-Canada.

Depuis un an, trois rapports émanant respectivement d'un comité des Communes, du Sénat et du surveillant du CST ont tous sommé le gouvernement de mieux encadrer les pouvoirs de l'agence, jusqu'ici en vain.

Ils estiment que l'élargissement du mandat du CST qu'a entraîné cette loi se fait à l'encontre de la protection de la vie privée des Canadiens.

Le CST a toujours eu comme rôle principal l'écoute électronique de pays et d'individus à l'étranger jugés menaçants pour le Canada. Mais depuis l'entrée en vigueur de la loi antiterroriste, le CST peut aussi intercepter les communications privées de Canadiens, si elles se font avec des personnes à l'étranger.

Pour ce faire, le CST n'a pas à solliciter un mandat de la cour, mais seulement une autorisation du ministre de la Défense. De plus, une seule autorisation peut englober des milliers de conversations de citoyens canadiens avec un pays ciblé.

Depuis 2002, le ministre en a signé 48.

Le grand patron du CST, John Adams, et le ministre de la Défense, Peter MacKay, ont refusé les demandes d'entrevue faites par la radio de Radio-Canada.

Des réactions aux Communes

Mercredi, le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, a dû défendre le bilan de son gouvernement en ce qui a trait à l'interception des communications privées de Canadiens.

« Comment le ministre peut-il justifier son inaction? N'est-ce pas parce qu'au fond, il est tout à fait à l'aise avec ces potentielles atteintes à la vie privée des citoyens canadiens? », a demandé le député bloquiste Serge Ménard, au cours de la période de questions mercredi après-midi.

Stockwell Day a répliqué en disant que la question de la sécurité des Canadiens est aussi importante que la protection de la vie privée.

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