Lutte contre l'EI : « Le Canada restera un partenaire important », affirme l'ambassadeur des États-Unis

Entrevue avec l'ambassadeur des États-Unis à Ottawa, Bruce Heyman

Le Canada restera « un membre fort » de la coalition internationale contre le groupe armé État islamique (EI), même si le pays a annoncé son intention de cesser les frappes aériennes contre le mouvement djihadiste en Irak et en Syrie, a maintenu l'ambassadeur des États-Unis à Ottawa, Bruce Heyman, en entrevue à l'émission 24/60.

Les conservateurs ont déjà dénoncé à plusieurs reprises la décision du gouvernement de Justin Trudeau, y voyant même la raison de l'absence du Canada d'une rencontre de la coalition internationale contre l'EI, qui se tiendra mercredi à Paris.

Mais le diplomate américain, qui précise avoir parlé du retrait des chasseurs CF-18 avec le premier ministre Trudeau et les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Harjit Sajjan et Stéphane Dion, assure que cette perspective ne l'inquiète pas, pas plus qu'elle ne le déçoit.

« Le Canada restera un partenaire important », affirme-t-il.

« Je suis convaincu que nous travaillerons en étroite collaboration, en tant que solides alliés. Le Canada est déterminé à faire partie de la coalition. » — Bruce Heyman, ambassadeur des États-Unis au Canada

« Le militaire, c'est important, mais ce n'est pas tout », explique le diplomate américain.

 Il y a beaucoup de façons d'aider », poursuit-il. Premièrement, il faut lutter contre les combattants étrangers qui recrutent nos jeunes. Deuxièmement, il faut leur couper les vivres - et nous travaillons là-dessus avec nos alliés. Troisièmement, [il y a] les efforts humanitaires. »

« Le Canada prend les devants en accueillant les réfugiés syriens, illustre M. Heyman. Nous faisons face à une crise humanitaire d'une ampleur inouïe. »

Un premier dîner entre un président américain et un premier ministre canadien en près de 20 ans

Justin Trudeau et Barack Obama à Manille Justin Trudeau et Barack Obama à Manille, en novembre dernier  Photo :  Jonathan Ernst/Reuters

Entré en fonction il y a 11 semaines à peine, le premier ministre Trudeau a déjà été invité à un dîner avec le président Obama. Les deux hommes se rencontreront à la Maison-Blanche le 10 mars prochain.

L'ambassadeur américain y voit un « geste important ». « C'est la façon la plus significative d'honorer un allié de confiance, un ami, un voisin, un lien étroit », estime-t-il.

« C'est non seulement un repas, mais c'est un jour pour collaborer, communiquer, discuter d'enjeux internationaux et d'enjeux importants, de façons de faire croître l'économie, de solutions aux problèmes du monde, explique-t-il. Les deux hommes auront beaucoup de temps pour travailler ensemble. »

Un privilège dont n'a jamais bénéficié son prédécesseur conservateur Stephen Harper en près de 10 ans. Le libéral Paul Martin n'y avait pas eu droit non plus au cours de son court règne de trois ans.

Le dernier événement du genre remonte en fait à avril 1997 : Jean Chrétien avait alors été l'invité de Bill Clinton.

Le diplomate minimise cependant cette longue période, décrivant les dîners officiels comme des « événements rares ». « Le président Obama a seulement tenu neuf dîners officiels - un ou deux par an » depuis son accession à la présidence, en 2009, précise M. Heyman. « Les présidents [américains] et les premiers ministres [canadiens] se sont rencontrés, parlé au téléphone, fait-il valoir, mais un dîner officiel, c'est très spécial. »

Peut-on parler d'un nouveau départ? « Il faut comprendre que les États-Unis et le Canada ont des liens étroits sur les plans culturel, commercial et géopolitique prudent. Chaque nouveau gouvernement est une occasion d'entamer un nouveau dialogue et nous travaillons de près avec le gouvernement Trudeau », répond-il.

« Nous sommes heureux de travailler avec eux », reconnaît-il néanmoins.

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