Obama entonne Amazing Grace en hommage aux victimes de Charleston

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
Le président américain aux funérailles du révérend Clementa Pinckney Le président américain aux funérailles du révérend Clementa Pinckney  Photo :  PC/David Goldman

Le président Barack Obama a livré un hommage émouvant vendredi à Charleston aux funérailles du révérend Clementa Pinckney, l'une des neuf victimes de l'attaque raciste de la semaine dernière, qu'il connaissait personnellement.

« Trop longtemps, nous avons été aveugles à la blessure qu'inflige la violence des armes à feu à cette nation. » — Le président américain Barack Obama

Vivement applaudi et même ovationné, le président américain a prononcé une oraison funèbre aux accents politiques, dénonçant le « chaos » créé par les armes à feu aux États-Unis.

M. Obama, qui n'a jamais réussi, en dépit de plusieurs tentatives, à faire bouger les lignes sur ce sujet, a appelé son pays à engager une véritable réflexion sur ce thème devant plusieurs milliers de personnes rassemblées pour un dernier hommage au pasteur abattu.

« Peut-être cette tragédie nous permettra-t-elle de nous poser des questions », a-t-il lancé.

En parlant de Clementa Pinckney, le président a déclaré que le pasteur de 41 ans a « donné l'exemple » en luttant pour les droits civiques dès son plus jeune âge. « M. Pinckney est entré dans l'institution de l'église à 13 ans, il est devenu pasteur à 18 ans, et il a commencé à s'engager dans le service public à 23 ans », a indiqué le président.

Barack Obama a par ailleurs expliqué que le geste du tireur faisait suite à de nombreuses attaques du genre. D'ailleurs, l'établissement de Charleston n'était pas seulement « sacré » pour les Noirs ou les chrétiens, mais pour tous les Américains qui souhaitent l'égalité pour tous, a-t-il souligné.

Le président a par la suite rappelé au public l'histoire des Noirs aux États-Unis, soulignant qu'ils étaient passés d'esclaves à des citoyens qui ne bénéficiaient toujours pas des mêmes droits que les autres.

Évoquant la question du drapeau confédéré, dont la présence sur beaucoup de bâtiments officiels du sud américain a suscité un intense débat, Barack Obama a estimé qu'il s'agissait d'un symbole d'oppression et que les États-Unis devaient ouvrir les yeux sur la souffrance qu'il provoque.

« En descendant ce drapeau, nous exprimons la volonté de Dieu », a lancé le président.

Il a terminé son hommage en entonnant Amazing Grace, qu'il a dédiée à chacune des victimes de la tuerie. La chanson a été reprise en choeur par tous les participants.

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