Les secours s'organisent au Népal, où le bilan pourrait atteindre 10 000 morts

Radio-Canada avec Reuters et Agence France-Presse
Le reportage d'Yvan Côté

Alors qu'elles font état plus de 5000 victimes du violent séisme du week-end dernier, les autorités népalaises décrètent un deuil national et craignent que le bilan s'élève à 10 000 morts.

« Le bilan pourrait grimper jusqu'à 10 000 morts, parce que nous n'avons pas encore reçu d'informations en provenance des villages isolés », a déclaré le premier ministre Sushil Koirala.

Le pire est à craindre, en effet, dans les zones rurales reculées, d'autant plus que les routes qui y mènent ont été coupées par des glissements de terrain.

Les premiers hélicoptères ont atterri dans certaines régions enclavées, comme le district de Gorkha, durement touché par le tremblement de terre.

« Le sol continue de trembler, cela a encore été le cas ce matin [mardi]. À chaque fois, nous avons l'impression que nous allons être engloutis, que nous allons mourir. Je veux partir d'ici », a raconté à l'AFP un habitant du village de Lapu.

« Nous recevons des appels à l'aide de toutes parts. Mais nous sommes dans l'incapacité d'organiser simultanément les secours dans de nombreux endroits en raison du manque d'équipements et de spécialistes. » — Le premier ministre népalais Sushil Koirala

D'après l'ONU, 8 millions de personnes sont touchées par la catastrophe et 1,4 million de personnes ont besoin d'une aide alimentaire.

Sur le mont Everest, les alpinistes coincés à plus de 6000 mètres d'altitude ont été acheminés au camp de base sud, où au moins 18 personnes ont été tuées dimanche par une avalanche.

« La seule machine ici, ce sont nos mains »

Dans la capitale, Katmandou, les recherches se poursuivent pour retrouver d'éventuels survivants, souvent à mains nues ou avec des moyens dérisoires.

« La seule machine ici, ce sont nos mains », témoigne un jeune homme pendant qu'il fouille des débris, ajoutant qu'« il n'y a personne du gouvernement ou de l'armée pour nous aider ».

D'après le directeur général de la National Disaster Response Force indienne, il faudra peut-être plusieurs semaines avant de retrouver des survivants et les corps des victimes, les gros engins étant inadaptés aux rues étroites de Katmandou.

Notre envoyé spécial sur place, Yvon Côté, rapporte qu'outre les bâtiments en ruines, ce qui est frappant, c'est le nombre de personnes qui errent dans les rues, leurs maisons ayant été détruites ou fragilisées. Elles préfèrent donc dormir à la belle étoile, de peur de nouvelles répliques.

Modestes et peu équipés, les hôpitaux sont débordés. « Il y a plus de 7000 blessés. Leur traitement et leur rééducation vont constituer un grand défi », reconnaît le premier ministre Sushil Koirala.

Pour consulter cette carte sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Un hôpital de la Croix-Rouge canadienne en renfort

La Croix-Rouge canadienne a confirmé mardi qu'elle allait déployer son hôpital de campagne au Népal. L'équipe canadienne de l'organisme qui y sera affecté sera composée d'une vingtaine de personnes, qui se concentreront essentiellement sur la santé maternelle et les soins pédiatriques. L'hôpital comprendra aussi une unité capable de procéder à des accouchements à risque.

Selon le président de la Croix-Rouge canadienne, Conrad Sauvé, l'hôpital canadien pourra traiter environ 200 personnes par jour. Il viendra soutenir les établissements de Katmandou, qui fonctionnent à plein régime, mais peinent à fournir à la demande. Il s'agit de l'un des trois hôpitaux que la Croix-Rouge déploie au Népal. Les deux autres viennent de la Norvège et du Japon.

M. Sauvé ne peut dire à quel moment l'hôpital sera opérationnel, puisque cela dépend notamment du moment où l'avion transportant le matériel sera autorisé à atterrir à l'aéroport de Katmandou. « Il y a énormément de variables qu'on ne contrôle pas », admet-il.

Le ministre canadien du Développement international, Christian Paradis, a annoncé qu'Ottawa versait un million de dollars pour soutenir cette initiative.

Vision Mondiale à l'œuvre

Michael Messenger, nouveau PDG de Vision Mondiale Canada, s'entretient avec des sinistrés népalais. Michael Messenger, nouveau PDG de Vision Mondiale Canada, s'entretient avec des sinistrés népalais.  Photo :  Vision Mondiale

Arrivé la nuit dernière à Katmandou, Michael Messenger, nouveau président et directeur général de Vision Mondiale Canada, parle d'une « grande catastrophe » et dit être bouleversé par l'ampleur des dégâts causés par le séisme.

Il raconte que plusieurs familles, avec souvent de nombreux membres, sont entassées sous des bâches et autres tentes de fortune, sans eau courante ni électricité.

« Les familles se blottissent sous des bâches, craignant les conséquences que pourrait avoir le poids de l'eau sur les édifices encore debout. Les équipes de recherche et de sauvetage couvrent l'ensemble de la zone; pourtant, il n'y a que peu d'espoir de retrouver des survivants », confie Michael Messenger.

« L'inquiétude se porte maintenant sur le fait que l'on pourrait commencer à manquer de nourriture ainsi que d'autres provisions essentielles dans les prochains jours, ce qui pourrait encore empirer la situation. » — Michael Messenger, nouveau PDG de Vision Mondiale Canada

Michael Messenger précise que son organisme apporte notamment de l'aide aux enfants, en fournissant de l'eau, de la nourriture et des abris temporaires. Les opérations de distributions de l'aide ont déjà commencé.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants