Les républicains reprennent le contrôle du Sénat américain

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le Congrès est républicain

Les républicains américains ont repris le contrôle du Sénat pour la première fois depuis 2006 lors des élections de mi-mandat, en plus de conserver la majorité à la Chambre des représentants.

Ils s'assurent ainsi la maîtrise des deux chambres du Congrès, ce qui devrait fortement limiter la marge de manœuvre de Barack Obama pour ses deux dernières années de présidence.

Une période de cohabitation difficile s'ouvre pour le président, qui a convoqué les chefs de file démocrate et républicain des deux chambres pour une réunion à la Maison-Blanche vendredi. Le nouveau Congrès entrera en fonction en janvier prochain.

Selon une projection Reuters/Ipsos, les républicains devraient obtenir au moins 52 sièges sur les 100 du Sénat, dont un tiers (36) était renouvelé mardi.

Les républicains se sont emparés des sièges démocrates en Iowa, en Caroline du Nord, au Colorado, dans l'Arkansas, dans le Montana, dans le Dakota du Sud et en Virginie-Occidentale. Dans cet État, les républicains ont remporté leur premier siège de sénateur en 58 ans.

La bascule de la victoire s'est faite quand la républicaine de l'Iowa Joni Ernst a été déclarée gagnante contre le démocrate Bruce Braley et que le républicain Thom Tillis a battu le sénateur sortant démocrate Kay Hagan en Caroline du Nord.

Barack Obama avait qualifié cet État de crucial. « Si nous perdons la Caroline du Nord, alors nous perdons le Sénat. Et si nous perdons le Sénat, alors les républicains seront maîtres du programme », avait déclaré le président.

Le Congrès américain est républicain. L'analyse du professeur Frédérick Gagnon de l'UQAM

Objectif atteint pour les républicains

Avec ces sept gains, les républicains ont atteint leur objectif de contrôler le Sénat. Avant les élections, les républicains - avec leurs 45 sièges - devaient en conquérir six autres et conserver ceux qu'ils possédaient déjà pour détenir la majorité (51 sièges).

La bataille entre républicains et démocrates s'annonçait ardue dans plusieurs États, notamment au Colorado, au Kansas, en Iowa, en Alaska et au New Hampshire. Dans cet État de la Nouvelle-Angleterre, les démocrates ont été réélus, mais l'écart est très mince.

Les républicains devraient comme prévu conserver la majorité à la Chambre des représentants. Selon le site internet de la chaîne de télévision NBC, le Grand Old Party (GOP) remporterait 242 sièges à la Chambre, plus ou moins 8 sièges, contre 233 actuellement.

Les électeurs américains étaient appelés aux urnes mardi pour élire 36 sénateurs, les 435 membres de la Chambre des représentants et 36 gouverneurs.

Néanmoins, les résultats finaux n'ont pas été dévoilés mardi soir, puisqu'il y aura un second tour en Louisiane le 6 décembre prochain. Il se jouera entre la sénatrice démocrate sortante Marie Landrieu et le républicain Bill Cassidy.

Les sondages réalisés à la sortie des bureaux de scrutin révèlent que l'économie a été la principale préoccupation des électeurs. Ils montrent aussi que les moins de 30 ans et les Noirs se sont très largement abstenus de voter. Le taux de participation des jeunes a été d'à peine 13 %. Les deux tiers des électeurs avaient 45 ans ou plus et ont voté républicains.

Obama impopulaire

La campagne électorale a beaucoup tourné autour de la personnalité du président américain Barack Obama, dont la popularité est à la baisse. Les Américains lui reprochent son interventionnisme avec le programme Obamacare, de même que son manque de leadership dans les dossiers touchant à la propagation de l'Ebola et à la montée du groupe État islamique.

Le président est même attaqué sur son bilan économique, en dépit de la baisse du chômage à 5,9 %, au plus bas depuis six ans, et de la robuste croissance (3,5 % au troisième trimestre).

La perte du contrôle des deux chambres au profit des républicains lierait les mains du président américain, affirme Donald Cuccioletta, chercheur associé à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM.

« C'est clair qu'avec les républicains au Sénat, et la Chambre des représentants qui reste entre leurs mains, ils vont dicter le programme politique. Ça ne veut pas dire que les républicains vont tout arrêter. Ils vont peut-être laisser des choses passer, car ils pensent aux élections de 2016 », ajoute-t-il.

Durant ce scrutin de mi-mandat, en plus de pourvoir des centaines de postes de députés, de sénateurs et de gouverneurs, les électeurs sont aussi invités à répondre à des dizaines de questions référendaires partout au pays, notamment sur la légalisation de la marijuana.

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