Les Écossais choisissent le Royaume-Uni

Radio-Canada avec Reuters, Agence France-Presse et Associated Press
Le reportage de Raymond Saint-Pierre

Les Écossais ont voté non à l'indépendance lors d'un référendum historique marqué par une participation massive à la hauteur de l'enjeu.

Le dépouillement total des 32 circonscriptions écossaises a donné vendredi matin la victoire du non à 55,3 %, avec plus de 2 millions d'opposants, loin devant le camp du oui à 44,70 %, selon les chiffres officiels.

Le clan du non a été déclaré vainqueur dans 28 des 32 centres régionaux, avec une percutante victoire dans Aberdeen, la ville du chef indépendantiste Alex Salmond, et à Édimbourg, deuxième ville d'Écosse. À Glasgow en revanche, le clan du oui a eu le dessus.

Le taux de participation se situe à 84,5 %, un sommet en plusieurs décennies.

Le résultat constitue une immense déception pour le premier ministre de la région semi-autonome Alex Salmond - qui avait paru effectuer une remontée spectaculaire en fin de campagne - et un énorme soulagement pour le chef du gouvernement central, David Cameron.

« Le peuple de l'Écosse a parlé, c'est un résultat clair », a affirmé vendredi matin le premier ministre britannique, devant le 10 Downing Street, à Londres. « Il est temps de nous rassembler et d'aller de l'avant », a-t-il poursuivi.

La reine britannique Élisabeth a salué la décision des Écossais de demeurer au sein du Royaume-Uni en appelant tous les citoyens à l'unité.

« Connaisssant le peuple écossais, je n'ai aucun doute que les Écossais, comme d'autres à travers le Royaume-Uni, sont capables d'exprimer des opinions fortes avant de se rassembler à nouveau dans un esprit de respect et de soutien mutuels », a-t-elle déclaré dans un rare communiqué.

Le reportage de Jean-François Bélanger

Vers la décentralisation

Aux indépendantistes, M. Cameron a assuré qu'il comptait « honorer ses promesses » et continuer la décentralisation des pouvoirs, faisant écho au discours tenu plus tôt par Alistair Darling, porte-parole du camp du non.

M. Salmond a quant à lui reconnu vendredi la défaite de son camp après publication des résultats quasi définitifs du référendum d'autodétermination. Il a cependant immédiatement rappelé au premier ministre Cameron ses engagements, dans le domaine de la politique fiscale notamment.

« Les partis unionistes se sont engagés en fin de campagne à donner plus de pouvoirs à l'Écosse, et l'Écosse s'attend à ce que ces engagements soient remplis rapidement », a-t-il rappelé.

Un peu plus tôt, Nicola Sturgeon, numéro deux du Scottish National Party, a réagi à la défaite. « Comme des milliers d'autres à travers le pays, j'ai mis tout mon coeur et toute mon âme dans cette campagne et il y a une véritable déception que nous ayons échoué de peu à obtenir la victoire du oui », a-t-elle affirmé sur l'antenne de la BBC.

À Édimbourg comme ailleurs au pays, les partisans du oui étaient anéantis vendredi en apprenant la victoire du non. Au pied du château, dans le centre-ville de la capitale, des partisans du oui, en kilt pour certains, étaient en larmes après avoir passé une nuit blanche à festoyer en attendant le verdict sous une pluie fine.

Plus de 2600 bureaux de scrutin ont ouvert leurs portes jeudi matin à 7 h, et jusqu'à 22 h, pour accueillir le vote de 4,2 millions de citoyens écossais qui s'étaient inscrits sur les listes.

 

L'Écosse a dit non au référendum

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