Un débat sur la fracturation hydraulique en Ohio se transporte au Québec

Puits de gaz naturel

L'État américain de l'Ohio a décidé de suspendre un projet d'enfouissement d'eaux usées ayant servi à la fracturation hydraulique, après qu'une série de 11 petits séismes eurent secoué la région.

Une nouvelle qui a des échos au Québec, où l'utilisation de la fracturation a été suspendue, le temps que soit complétée l'évaluation environnementale stratégique de l'exploitation du gaz de schiste.

Les secousses sismiques se sont déroulées pendant le temps des fêtes, après l'ouverture d'un puits d'injection d'eaux usées ayant servi à la fracturation dans le sol de l'État de l'Ohio, dans le nord des États-Unis.

Il est toutefois important de noter que la fracturation en question n'a pas servi qu'à extraire du gaz de schiste, mais aussi du pétrole.

Le phénomène n'inquiète d'ailleurs pas le sismologue Reynald Duberger, puisque les tremblements de terre ont été de faible magnitude. « Il y a eu des milliers de tremblements de terre déclenchés par l'injection de fluides dans des zones fracturées et jamais ces tremblements de terre n'ont dépassé la magnitude 4 ou 5 », soutient-il.

Le professeur en géophysique à l'Université d'Ottawa, Pascal Audet, croit pour sa part que le procédé de la fracturation hydraulique en soi peut provoquer des tremblements de terre.

« Il existe des failles sismiques dans la vallée du Saint-Laurent. En allant injecter l'eau, ça peut augmenter les risques sismiques », explique-t-il.

« Ce ne sont pas des tremblements de terre qui vont causer beaucoup de dégâts, mais ils peuvent se produire dans des régions où il n'y avait aucun risque auparavant et dans ce sens-là, ça peut augmenter les risques d'éboulement et de glissements de terrain », ajoute-t-il.

Pour Reynald Duberger, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. « Si on regarde l'histoire du Québec, il y a eu un tremblement de terre de magnitude 4,1 (à la centrale Manic-3 en 1975), qui a été suivi de plus d'un millier de répliques. On a arrêté le remplissage du réservoir pendant quelques mois et on a constaté qu'il ne s'était rien produit de catastrophique à la suite de ça », affirme-t-il.

Le ministère en prend note

La fracturation hydraulique a été suspendue au Québec au printemps dernier. Le ministère de l'Environnement rappelle toutefois que dans la province, les eaux usées ne sont pas renvoyées sous terre, mais plutôt retenues dans des bassins. Le ministère estime tout de même que les tremblements de terre en Ohio sont une sonnette d'alarme et reconnaît que le tout doit être évalué avec précaution.

L'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) suit également de près l'industrie du gaz de schiste aux États-Unis. « Partout en Amérique du Nord, il y a un intérêt pour s'assurer que cette filière puisse se développer correctement et que les gens puissent bénéficier de cette énergie, mais aussi à ne pas endommager l'environnement », explique le directeur général de l'APGQ, Stéphane Gosselin.

Pendant ce temps, le débat sur la fracturation hydraulique est loin d'être terminé au Québec et de nombreux groupes environnementaux exhortent le gouvernement d'adopter une loi pour interdire le procédé.

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