Gaz de schiste : des Québécois reviennent inquiets d'une visite en Pennsylvanie

Des Québécois sont revenus inquiets de leur visite en Pennsylvanie, où ils voulaient en savoir davantage sur les effets de l'exploitation du gaz de schiste. Des Québécois sont revenus inquiets de leur visite en Pennsylvanie, où ils voulaient en savoir davantage sur les effets de l'exploitation du gaz de schiste.

Une délégation de citoyens et d'élus municipaux de la vallée du Saint-Laurent ont vu leurs craintes confirmées cette fin de semaine après une série de visites de puits de gaz de schiste en Pennsylvanie.

Une cinquantaine de Québécois opposés à l'exploitation des gaz de schiste ou curieux d'en savoir davantage voulaient voir à quoi pourrait ressembler la vallée du Saint-Laurent si les compagnies gazières commençaient à forer des milliers de puits au cours des prochaines années.

« Pour nous, c'était un voyage dans le futur. Il y a énormément d'informations que l'industrie refuse ou ne peut pas nous donner. Alors il fallait aller chercher ces informations ailleurs », a indiqué Serge Fortier, porte-parole du Comité interrégional gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent.

Sur les ondes de RDI, lundi matin, le maire de Saint-Luc-de-Vincennes, Jean-Claude Milot, a dit avoir été « surpris par l'ampleur des forages ». « Quand ils font un forage et une fracturation, ça demande pendant trois semaines 1000 à 1200 camions par jours », et les installations autour des puits sont « gigantesques ».

« J'ai vu des maisons avec un tuyau pour faire sortir le méthane, parce que dans la maison, ça sent », a-t-il raconté.

Lors d'une rencontre avec un représentant de Talisman Energy, « les gens demandaient s'ils respectaient les normes, mais il dit "il faut que le gouvernement établisse des normes". Les normes ne sont pas établies », a expliqué le M. Milot.

Des témoignages préoccupants

En conférence de presse lundi, des citoyens qui ont participé au voyage ont demandé au gouvernement du Québec, après ce qu'ils ont vu en Pennsylvanie, d'imposer un moratoire d'au moins 20 ans sur l'exploitation des gaz de schiste dans la province.

Après avoir constaté dans certaines villes de Pennsylvanie un impact important sur la pollution de l'eau potable et des infiltrations de gaz dans les résidences voisines des puits, ces citoyens redoutent plus que jamais le développement de cette industrie dans leur région. La contamination des nappes d'eau souterraines les inquiètent également.

« Parce que c'est une communauté rurale, ils dépendent tous des puits [artésiens]. Et quand les puits sont contaminés, ils n'ont plus d'eau potable », a raconté un des citoyens qui ont visité la Pennsylvanie.

« En ce moment, il y a des gens qui sont en train de se faire empoisonner en Pennsylvanie. C'est quelque chose qui ne devrait pas se produire, mais qui se produit pourtant. Si on ne se réveille pas, si on ne fait pas attention, ça pourrait arriver ici aussi. » — une citoyenne qui a participé au voyage en Pennsylvanie

D'autres ont constaté la division qui s'est installée dans les communautés où l'industrie gazière s'est implantée : « C'est le pouvoir de l'argent, c'est le pouvoir de l'invisible, c'est les mensonges de l'industrie, c'est l'effet pervers au niveau social. Les déchirures sociales que ça crée dans les communautés », a expliqué un autre citoyen en conférence de presse.

Pendant ce temps, plusieurs communautés québécoises continuent de s'opposer à l'exploitation des gaz de schiste dans leur région.

La semaine dernière, des citoyens de la MRC de Bécancour se sont opposés à la création d'un groupe de dialogue sur le gaz de schiste, reprochant aux maires d'avoir créé ce comité en cachette avec les membres de l'industrie, notamment Talisman Energy.

En mars dernier, le gouvernement du Québec a accueilli favorablement les recommandations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pour un encadrement plus strict de l'industrie du gaz de schiste, sans imposer un moratoire.

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