Le débat sur le gaz de schiste

Rapport du BAPE : pas de moratoire sur le gaz de schiste, mais...

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand Le ministre Pierre Arcand

Le gouvernement du Québec « accueille favorablement » les recommandations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pour un encadrement plus strict de l'industrie du gaz de schiste.

C'est ce qu'a indiqué mardi le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, en annonçant qu'aucun nouveau forage de gaz de schiste ne serait autorisé sans consultation publique. Le ministre affirme que le gouvernement recherchera l'acceptabilité sociale et l'implication des municipalités.

Dans son rapport rendu public mardi, le BAPE propose une évaluation environnementale stratégique (EES) durant laquelle l'exploration gazière pourrait se poursuivre, mais la fracturation hydraulique serait interdite, sauf pour faire des expériences dans le cadre de cette EES.

Le gouvernement adhère à cette recommandation. Il n'y aura donc pas de véritable moratoire sur l'exploration gazière, mais aucune fracturation ne sera autorisée si elle ne vise pas à approfondir les connaissances scientifiques.

« Pour nous, un moratoire, c'est l'immobilisme. » — Le ministre Pierre Arcand

En entrevue à RDI, le ministre Arcand a affirmé que des questions importantes n'avaient toujours pas trouvé réponses, à savoir la quantité de gaz réellement présente dans le schiste, le risque de pollution de la nappe phréatique et la réduction des gaz à effet de serre par rapport au mazout.

Il y a 31 puits de gaz de schiste en activité à l'heure actuelle au Québec. Aucune fracturation hydraulique n'a été réalisée pour 13 d'entre eux, a indiqué le ministre Arcand.

Trois gestes qui seront posés par le gouvernement

  • évaluation environnementale stratégique sur le gaz de schiste
  • bonification de la réglementation
  • inspection systématique des eaux souterraines

Selon des fonctionnaires présents lors de la présentation du rapport, mardi, une évaluation environnementale stratégique devrait durer un an ou deux. L'exploitation du gaz de schiste pourrait donc débuter en 2015 comme prévu.

Le BAPE suggère également la mise sur pied d'un comité de concertation sur le gaz de schiste formé d'experts scientifiques provenant des milieux gouvernementaux, municipaux, privés et universitaires.

Enfin, le BAPE estime que le terme « shale » est plus approprié que « schiste » pour décrire la source de gaz, parce que les roches sédimentaires argileuses n'en contiennent pas nécessairement. Notons toutefois que l'Office québécois de la langue française a normalisé le terme « schiste » en 2010.

Le gouvernement avait 60 jours pour rendre public le rapport du BAPE, mais face à la pression publique, il a décidé d'en faire connaître le contenu le plus rapidement possible.

Rapport attendu par les opposants

Site de forage de gaz de schiste

Les opposants, mais aussi l'industrie gazière attendaient ce rapport pour déterminer la suite de leurs actions.

Les premières réactions aux recommandations du BAPE, mardi, étaient favorables, malgré quelques réserves.

Depuis sept mois, l'exploitation du gaz de schiste argileux au Québec suscite une grande controverse.

Très inquiets, des citoyens ne veulent pas d'un puits de forage dans leur voisinage. Ils craignent l'impact de cette industrie sur la qualité de l'eau, du sol et de l'air. D'autres adversaires du gaz de schiste doutent qu'une telle industrie soit rentable ou même nécessaire.

Jusqu'à présent, le gouvernement libéral de Jean Charest a catégoriquement refusé un moratoire sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste au Québec.

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