Visages du Nord

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Chroniques web

Bruno Maltais

Bruno Maltais

Depuis 45 ans, la petite communauté d'Iqaluit,
au Nunavut, organise une foule d'activités pour
marquer le retour du soleil.
C'est le Toonik Tyme, le festival du printemps.

Dans ces chroniques web, je vous propose de
découvrir non seulement ce festival,
mais plus largement cette région du Nord canadien.

Je vous invite à m'envoyer vos questions,
commentaires et suggestions dans la section
« Commentaires » au bas de chaque chronique.

16AVR

La fête en images


Construction d'igloos, expositions, courses de traîneaux à chiens, voici quelques images du Toonik Tyme, la fête du printemps.





14AVR

Iqaluit en images


Rien de comparable avec ce que fait Google Street View (!) avec ses clichés 360 degrés pris dans les rues de plusieurs villes, mais en attendant qu'ils envoient une équipe à Iqaluit, je vous propose quelques photos qui font, grosso modo, le tour de la ville.








14AVR

D'autres réponses à vos questions

Avant de mettre en ligne les dernières chroniques, voici les réponses à certaines questions qui m'ont été envoyées.

En passant, merci à ceux qui posent des questions et aux autres qui fournissent des réponses. Certains semblent très bien connaître Iqaluit. Vos commentaires sont très appréciés!

Une peau d'ours polaire sur le bord d'une maison, à Iqaluit
Je n'ai pas eu l'occasion de voir d'ours polaires, qui se promènent présentement le long de la banquise, à une quarantaine de kilomètres d'Iqaluit. Voici donc ce qui s'en approche le plus!

Comment les habitants d'Iqaluit font-ils pour vivre si le coût de la vie est si élevé? Les salaires sont-ils adaptés?

Ceux qui travaillent aux gouvernements du Canada et du Nunavut font de bons salaires et ont une prime d'éloignement. Dans le secteur privé, les salaires sont généralement très bons. Par exemple, des employés d'un casse-croûte m'ont dit empocher plus de 10 000 dollars en quatre mois, puisqu'ils sont logés et nourris par l'employeur.

Mais reste que plusieurs - surtout les Inuits - ont un niveau de vie beaucoup plus faible. N'ayant pas les compétences nécessaires pour occuper les emplois payants, ils tentent tant bien que mal de faire de l'argent, que ce soit en occupant des postes qui offrent de petits salaires ou encore en vendant des sculptures, des dessins ou des peintures.

Y a-t-il de la demande dans le secteur de l'enseignement?

En français, sans l'ombre d'un doute! La directrice de l'école francophone m'a d'ailleurs abordé en me disant : « Vous êtes francophone? Venez enseigner à notre école! », avant d'ajouter « et faites des enfants; on en a besoin! ».

Les poubelles du Nord

On m'a demandé comment on traite les déchets à Iqaluit. Très simple: tout va au dépotoir. Ou presque tout. Car il existe bel et bien un organisme qui ramasse les canettes d'aluminium et les bouteilles de verre. J'ai vu le bureau et le petit terrain où sont en entreposés bon nombre de contenants vides en attendant de les envoyer dans le sud du pays, où on a les infrastructures nécessaires pour recycler.

Il existe même un groupe Facebook sur le recyclage à Iqaluit, avec plusieurs photos des installations.

Reste à voir quand ces matières recyclables seront transportées vers le sud. Car une initiative du genre a échoué.

Il y a quelques années, on a eu l'idée de vendre la ferraille au sud. Une machine qui compresse les carcasses de voiture a donc été amenée à Iqaluit afin de broyer les vieux véhicules. Entre temps, le prix du fer a baissé. Résultat : un grand cimetière de voitures dans la ville.

Par ailleurs, des habitants d'Iqaluit m'ont expliqué que lorsque l'armée américaine a défait sa base militaire à Iqaluit, les vieux véhicules ont tout simplement été amenés sur la baie de Frobisher pendant l'hiver, pour caler au fond de l'eau à la fonte des glaces. Glou glou glou et puis s'en vont. Mythe ou réalité? Je tenterai de vérifier à mon retour. Si vous avez de l'information à ce sujet, faites-moi signe! Difficile de trouver l'information en avion.!

Les mouches sont-elles sorties?

On m'a demandé à la blague si les mouches sont sorties à Iqaluit. Évidemment, à -27 degrés avec le facteur vent aujourd'hui, il faudrait des moustiques avec un manteau de phoque, ce qui ne se voit pas plus ici qu'ailleurs. Cela dit, les résidents d'Iqaluit m'ont dit que les mouches sont très nombreuses quelques semaines pendant l'été. Et vu la grosseur des grands corbeaux du nord, je suppose que les mouches ne doivent pas être chétives/rachitiques elles non plus...!

Y a-t-il du travail pour un jeune du Sud qui souhaite découvrir un nouveau coin de pays et s'y investir?

Oui. La grande majorité des non-Inuits que j'ai rencontrés m'ont dit avoir trouvé leur emploi en cherchant sur Internet, dans les petites annonces ou de bouche à oreille. C'est sans doute ce qui explique qu'il y a une quantité impressionnante de Terre-Neuviens et que les employés de certaines entreprises viennent à peu près tous du même endroit.
13AVR

Iqaluit : là où le prix de l'essence s'explique

Si vous êtes de ceux qui ragent lorsque le prix de l'essence grimpe, déménagez à Iqaluit!

Ici, le prix à la pompe change une seule fois par année, selon le prix du baril lorsque les réserves arrivent par bateau pendant l'été. Pas question de changer le prix au jour le jour comme dans le sud du pays.

L'an dernier, comme le prix de l'essence était élevé lorsque la réserve a été achetée, le litre de carburant ordinaire coûtait près de 1,59 $.

Cette année, le litre a baissé à 1,27 $. Une aubaine!

Élie et Claude, chauffeurs de taxi à Iqaluit, parlent du prix de l'essence.



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13AVR

Les taxis d'Iqaluit

Je vous écrivais au début de mon séjour à Iqaluit que plusieurs chauffeurs de taxi viennent du Québec. Mais pas tous. J’en ai rencontré d’ailleurs au Canada, d’Érythrée, du Liban, d’Algérie et j’en passe.

Pendant qu’ils attendaient des clients devant l’aéroport, j’ai discuté avec deux d’entre eux.

Élie est d'origine libanaise. Sa femme et ses trois filles habitent à Montréal, et « comme tout le monde » qui vient dans le Nord, il travaille à Iqaluit depuis près de trois ans pour gagner sa vie.

Élie
En attendant des clients à l'aéroport, Élie me montre sa famille, à Montréal.


Malgré le coût de la vie élevé à Iqaluit, Élie explique qu'il vaut mieux multiplier les courses à 6 $ ici qu'attendre dans une file de 15 ou 20 taxis à Montréal avant d'avoir des clients.

Et à Iqaluit, on ne laisse personne sur le chemin. Tant qu'il reste de la place dans le véhicule, tout le monde est bienvenu à bord!

Élie parle de son travail de chauffeur de taxi.


Claude, lui, est originaire de Dolbeau. Il est chauffeur de taxi à Iqaluit depuis 23 ans. Connaissant bien les habitudes de ses clients, il a pratiquement toujours quelqu’un sur la banquette arrière.

Claude
Claude parcourt les rue d'Iqaluit depuis 23 ans. Difficile de lui poser une question à laquelle il n'a pas la réponse!

Il dit pouvoir épargner jusqu'à 1000 $ par semaine, ce qui serait beaucoup plus difficile à faire à dans le sud du pays.

Mais on ne passe pas tant d'années dans le Nord seulement pour l'argent. À Iqaluit, tout le monde connaît Claude. Et même si les petits-enfants, dans le sud, attirent grand-papa quelques mois par année, il n'a aucune envie de quitter ce qui est devenu son chez-soi.

Claude raconte pourquoi il a choisi de travailler à Iqaluit.


De trois voitures à quelques milliers

Lorsque Claude est arrivé à Iqaluit à la fin des années 1980, il n'y avait que trois véhicules privés : ceux du gérant de la banque, du curé et du gérant du la Compagnie de la Baie d'Hudson.

À l'époque, comme la plupart des enfants n'étaient jamais montés dans une voiture, le dimanche, il profitait du congé pour les emmener faire des tours, croustilles et boisson gazeuse incluses!

Aujourd'hui, la situation est bien différente. Il n'est pas rare de voir deux ou trois voitures devant une maison. Et plusieurs gros véhicules de près de 50 000 $.

Reste qu’entre 30 et 40 taxis roulent dans la capitale du Nunavut, et la plupart des chauffeurs gagnent environ 200 $ par jour, selon les chauffeurs rencontrés.

Claude raconte ses premières années à Iqaluit.


Qui prend le taxi à Iqaluit? La réponse de Claude