SAQ : le gouvernement maintient son programme d'aide aux vignerons

Le reportage de Michel Marsolais

Les vignerons québécois qui vendent à la Société des alcools du Québec (SAQ) poussent un soupir de soulagement. Après avoir dénoncé les changements apportés à un programme d'aide qui les privaient de centaines de milliers de dollars, les vignerons ont eu finalement de meilleures nouvelles du ministre des Finances, Carlos Leitao.

Un texte de Michel MarsolaisTwitterCourriel

Les ventes de vins québécois ont grimpé de 70 % à la SAQ en 2015. Mais bien des vignerons se sont sentis floués lorsque le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) a changé les règles d'un programme d'aide sans les aviser en décembre dernier.

Le Programme d'aide au positionnement des alcools québécois (PAPAQ), qui devait s'étendre jusqu'en 2017, permettait aux vignerons québécois de recevoir près de 4 $ supplémentaires pour chaque bouteille vendue à la SAQ.

Avec les changements apportés par le MAPAQ, les vignerons qui ont le mieux vendu ont plutôt reçu environ 1 $ par bouteille en raison d'une modification au plafond admissible pour chaque entreprise.

Des vignobles qui attendaient des centaines de milliers de dollars en vertu de ce programme n'ont reçu qu'une fraction de la somme espérée.

Lors des consultations sur le développement de l'industrie des boissons alcooliques artisanales, le ministre des Finances a toutefois renversé la vapeur.

« Je vous confirme ma ferme intention d'assurer le maintien du programme de positionnement des alcools québécois, le PAPAQ, et ce, selon ses conditions initiales. Ce programme constitue un pilier important qu'il faut maintenir. » — Le ministre des Finances Carlos Leitao

Cela signifie que les vignerons recevront finalement les sommes espérées d'ici la fin de février.

La SAQ, un tremplin essentiel

Pour le président de l'Association des vignerons, Yvan Quirion, le programme est essentiel pour garantir une place aux produits québécois à la SAQ, particulièrement pour les vins certifiés.

« Le président de la SAQ nous appuie dans notre démarche. Il comprend le plan. Et son message c'est dire : ''continuer la qualité''. Mais plus on ouvre de points de vente à nos vins québécois, s'ils sont qualitatifs, plus ça va exploser partout, incluant à la SAQ », estime Yvan Quirion.

Pour lui, l'essor de l'industrie est lié au développement du réseau de distribution. L'accès direct aux épiceries - prévu par le projet de Loi 88 - et à la SAQ est indispensable, selon lui.

Le président de la SAQ estime que l'industrie viticole a bien pris le virage qualité, mais a besoin d'aide.

« Depuis 2013, les astres étaient alignés. La qualité était là. Le programme du gouvernement s'est mis en place pour appuyer les producteurs au niveau financier, pour développer la capacité à produire plus. Nous, en parallèle, on a mis sur pied un programme de trois ans pour accélérer la distribution. » — Le président de la SAQ, Alain Brunet

Même si le PAPAQ incite les vignerons québécois à augmenter leur production, celle-ci ne représente qu'une goutte dans un océan de vin.

« On est trop petits. On produit juste 1,5 million de bouteilles de vin dans un marché de 220 millions de bouteilles de vin. Il faut se développer », souligne Yvan Quirion.

L'économie avec Gérald Fillion