Stimuler l'économie du Québec : le rôle premier de Dominique Anglade

Philippe Couillard a fait grand cas de son équipe économique lors de la campagne électorale en 2014. Partout, une image, une photo, des poignées de mains, des sourires, les économistes Martin Coiteux et Carlos Leitao et le banquier Jacques Daoust ont accepté l'invitation du PLQ pour venir gérer les finances de l'État et tenter de relancer l'économie.

Gérald Fillion
Un texte de Gérald Fillion
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Deux ans plus tard, le premier ministre dissout cette équipe. Martin Coiteux passe du Trésor aux Affaires municipales et Jacques Daoust quitte le ministère de l'Économie pour se retrouver aux Transports.

Jacques Daoust, Martin Coiteux, Philippe Couillard et Carlos Leitao Jacques Daoust, Martin Coiteux, Philippe Couillard et Carlos Leitao  Photo :  PC/Paul Chiasson

Le bilan est mitigé : Martin Coiteux a pleinement répondu à l'appel de son premier ministre. Sa gestion serrée des dépenses publiques a fait de lui un personnage clé du gouvernement, aimé des uns, détesté des autres. La rigueur budgétaire, les mesures d'austérité, le contrôle des dépenses, nommez les choses comme vous voulez, c'est Martin Coiteux.

À l'économie, Jacques Daoust a dû composer avec une première décision difficile à défendre pour son gouvernement, soit une coupe draconienne de 20 % dans tous les crédits d'impôt. Ce choix a coupé les jambes du ministre Daoust, qui a dû accepter, en plus, que le nouveau grand patron d'Investissement Québec ne soit pas la personne qu'il avait choisie.

Cela dit, ce qui étonne dans le choix du premier ministre Couillard, c'est que Jacques Daoust va conserver la gestion du dossier Bombardier. Alors que le gouvernement coupe dans les dépenses depuis qu'il est en place et augmente les tarifs de garderie, Québec a choisi d'injecter 1,3 milliard de dollars dans le projet de la C Series de Bombardier, une entreprise dont l'avenir suscite des inquiétudes. Cet investissement a été mal accueilli dans la population. 

Surtout, « l'effet libéral », dont Philippe Couillard et Carlos Leitao parlaient en campagne, ne s'est toujours pas fait sentir. La croissance est faible. Les stratégies visant à stimuler l'économie, la productivité, l'innovation, le développement numérique et l'électrification des transports se font toujours attendre. Ce gouvernement a tout fait pour contrôler ses dépenses, quitte à couper en éducation. On imagine que le premier ministre, en retirant le Conseil du trésor à Martin Coiteux et en offrant l'Économie à Dominique Anglade, veut changer résolument la vision de son gouvernement.

Il sera intéressant de suivre Dominique Anglade dans son parcours de ministre de l'Économie. À la tête de Montréal international dans les dernières années, elle a travaillé d'arrache-pied pour convaincre le gouvernement Couillard de la nécessité de conserver des crédits d'impôt compétitifs pour attirer des investissements au Québec. Dans un monde où les provinces, les États et les pays s'affrontent sur le terrain fiscal, les coupes dans les crédits d'impôt représentent probablement l'une des décisions les plus difficiles à expliquer sur le plan économique.

Dominique Anglade partageant sa vision de Montréal, le 5 février 2014

Avec l'énergie qu'on lui connaît, Dominique Anglade hérite d'un ministère qui doit résolument prendre plus de place dans ce gouvernement. Elle doit convaincre les investisseurs, outiller les entrepreneurs et les exportateurs et favoriser l'essor économique du Québec. De grands mots, de grands objectifs, mais le Québec a besoin d'une vision de développement économique, pas seulement de gestion de dépenses. Il est temps de miser sur la colonne des revenus!

Enfin, Robert Poëti n'a pas été capable de régler le dossier d'Uber. Résultat : les chauffeurs de taxi veulent intenter un recours collectif contre le gouvernement et Uber. C'est Jacques Daoust qui sera chargé du dossier dorénavant. C'est lui qui doit trancher et régler cet enjeu. UberX est jugé illégal au Québec, mais le gouvernement n'a toujours pas agi pour faire appliquer correctement la loi sur le taxi. Les chauffeurs sont excédés.

L'économie avec Gérald Fillion