Les marchés réagissent positivement au non écossais

Associated Press
Place boursière de Francfort Place boursière de Francfort  Photo :  Stringer . / Reuters

Les entreprises et les investisseurs réagissent avec soulagement à la décision de l'Écosse de renoncer à l'indépendance face au Royaume-Uni.

Après le dépouillement de la quasi-totalité des votes exprimés jeudi, le camp du non recevait vendredi matin 55,4 % des voix. Cette victoire par 10 points de pourcentage est nettement plus confortable que celle anticipée par les sondages, qui donnaient au non une avance de quatre points.

La bourse britannique a réagi positivement. L'indice FTSE-100 prenait 0,7 pour cent en fin de matinée. Les investisseurs sont soulagés d'avoir évité la multitude de questions économiques épineuses qui auraient accompagné un 'Oui' écossais.

En plus du débat concernant la monnaie qu'aurait utilisée une Écosse indépendante, on se questionnait quant au partage de la dette britannique de 2100 milliards $ US. On craignait même qu'une victoire indépendantiste ne provoque une panique bancaire. L'incertitude pesait si lourd que le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, était rentré plus tôt que prévu d'un sommet en Australie.

« Les marchés ne se seraient peut-être pas effondrés, mais il y aurait certainement de l'instabilité ce matin si les Écossais avaient voté "Oui" », a expliqué l'analyste Dennis de Jong, de UFX.com.

Remisage des plans d'urgence

Les compagnies qui ont des liens étroits avec l'Écosse faisaient mieux que le marché. Le titre de la Banque royale d'Écosse (RBS), dans laquelle le gouvernement britannique détient une participation majoritaire, s'appréciait de plus de 3 %. L'institution a assuré ses clients que tout se déroulait normalement. Le titre du géant bancaire Lloyds prenait 1 %, contre 1,1 % pour le mastodonte pétrolier BP qui possède des activités importantes au large des côtes écossaises.

La RBS a annoncé la mise au rancart du plan d'urgence qui impliquait notamment le déménagement de son siège social vers le sud du pays. « Ce plan d'urgence n'est plus nécessaire », a indiqué la banque par voie de communiqué.

La livre sterling offrait une performance mitigée, après avoir pris de la force au cours des derniers jours quand une victoire du « Non » était devenue de plus en plus probable. Après avoir touché un sommet de deux ans à 1,2817 euro, elle s'est repliée à 1,2734 euro, soit le même niveau qu'en début de journée. La livre perdait 0,3 % face au dollar américain, à 1,6390 $ US.

L'incertitude face à la monnaie qu'aurait utilisée une Écosse indépendante semble avoir contribué à la victoire du »Non ». « Rien n'attire plus l'attention des électeurs qu'une incertitude concernant l'argent dans leurs poches », a dit l'analyste Derek Halpenny, de la Banque de Tokyo-Mitsubishi UFJ.

Les marchés s'intéresseront maintenant aux nouveaux pouvoirs qui seront accordés à l'Écosse et aux autres régions du pays. Le premier ministre britannique David Cameron a indiqué par voie de communiqué, vendredi, qu'il envisage une vaste refonte constitutionnelle du Royaume-Uni. 

« Le référendum écossais est peut-être terminé, mais l'incertitude politique est là pour rester au Royaume-Uni, a dit l'analyste Kathleen Brooks, de Forex.com. Les marchés ont tendance à craindre l'incertitude politique, surtout quand ça pourrait changer le paysage politique d'une puissance mondiale comme le Royaume-Uni. »

L'Écosse a dit non au référendum

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