Histoire de la dette

Avant les années 1970, le gouvernement avait recours à l'endettement surtout pour financer des dépenses d'immobilisation. Par exemple, la construction de routes, de plusieurs hôpitaux et le développement du réseau hydroélectrique ont été financés en bonne partie grâce à la dette.

Selon les économistes, un gouvernement peut facilement justifier l'endettement pour ces projets, puisqu'ils entraînent des retombées importantes. En étalant le coût de ces projets sur plusieurs années grâce à l'endettement, le contribuable ne fait que payer chaque année pour les bénéfices dont il profite.

Les déficits accumulés

Depuis une trentaine d'années, le gouvernement du Québec a toutefois étendu l'utilisation de la dette à un champ beaucoup plus large. Les politiciens ont eu recours à l'endettement pour éponger ce que les experts appellent « les dépenses d'épicerie », soit les dépenses courantes prévues à chaque exercice financier, qui profitent à la population sur une très courte période.

Les économistes qualifient de mauvaise dette cette part de l'endettement formé par les déficits accumulés au fil des ans.

Au Québec, la mauvaise dette représente 75 % de la dette nette totale. Les déficits accumulés correspondent à 98 milliards de dollars, pour un total de 129 milliards de dollars de dette nette au Québec.

Explosion de la dette nette

Depuis les 25 dernières années, la dette nette de la province a été multipliée par cinq. En 1986, la dette nette était de 25,7 milliards de dollars. Au 31 mars 2009, elle atteignait 129 milliards.

Ce qui inquiète d'autant plus les économistes, c'est que le Québec n'a pas réussi à réduire sa dette au cours des dernières années. Pendant les années de croissance enregistrées entre 2002 et 2007, plusieurs autres provinces canadiennes l'ont pourtant fait.

Au Québec, les surplus budgétaires dégagés lors de ces exercices financiers n'ont pas servi à réduire l'endettement. Ils ont plutôt été dépensés ou consentis en baisse d'impôt aux particuliers.

La dette nette du Québec continue donc d'augmenter, et selon plusieurs économistes, elle pourrait atteindre les 135 milliards de dollars à la fin du prochain exercice.

Les déficits budgétaires anticipés jusqu'en 2013, de 13,2 milliards de dollars, pourraient aussi venir gonfler l'endettement de la province.