Logo Radio-Canada
Logo Radio-Canada

La crise et vous

La crise et vous
Isabelle Montpetit

Au-delà des mouvements spéculatifs, au-delà des rencontres du G20, de l'OPEP et du FMI, au-delà des grandes questions économiques, il y a des factures à payer, des dettes à rembourser, des biens à acheter, de l'argent à placer. La vie quoi...

C'est sur cette réalité, sur la crise telle que vous la vivez ou la vivrez, que cette chronique veut se pencher. Et pour ce faire, n'hésitez pas: commentez, réagissez, questionnez. Nous sommes là pour vous...

Isabelle Montpetit, journaliste


6 FÉV

Une crise économique, c’est sexiste, dites?


C’est étrange, mais ce matin, en prenant connaissance des plus récentes données sur l’emploi aux États-Unis, et tout particulièrement celles comparant les pertes d’emplois chez les hommes et les femmes, c’est à la vieille série télé « Papa à raison » que je pensais...

Je pensais à ça, car c’est justement l’Amérique de cette série-là, une Amérique riche et suffisante dirigée par des hommes blancs tout aussi riches et suffisants, qui en prend pour son rhume ces temps-ci.

En l’espace de quelques mois, l’un des premiers Commandements du capitalisme à l’américaine, qui veut que l’État se tienne à l’écart de l’économie, a été bafoué à coup de milliards de dollars de fonds publics.

Et maintenant, la crise économique qui dévaste le marché de l’emploi est en train de faire en sorte que pour la première fois de l’histoire américaine les femmes pourraient bientôt surpasser en nombre les hommes sur le marché du travail...

Voilà seulement quelques décennies, comme nous pouvons le voir dans le tableau ci-bas, la part des femmes sur le marché du travail américain ne dépassait guère les 30 %.

Aujourd’hui, hommes et femmes sont au coude à coude et si la tendance observée depuis le début de la récession se maintient, ne serait-ce que quelques mois encore, nous allons rapidement assister à une dominance féminine sur le marché du travail.

Hécatombe pour les secteurs « masculins »

Les experts expliquent ce revirement historique en arguant de la nature des emplois les plus mis à mal par la crise.

Comme l’explique le New York Times dans un article sur le sujet paru aujourd’hui même, ce qui se passe n’a rien à voir avec la lutte pour l’égalité des sexes, mais plutôt avec l’endroit où tombe la hache...

En effet, il appert que 82 % des emplois perdus depuis décembre 2007, date officielle du début de la récession américaine, étaient occupés par des hommes.

Pourquoi?

Tout simplement parce que les secteurs économiques sur la ligne de front de la crise, le secteur manufacturier et celui de la construction, sont des secteurs où, traditionnellement, l’essentiel de la main-d’oeuvre est masculine.

Et tout ceci, contrairement à ce qu’on aurait pu penser, est loin d’être une bonne nouvelle...

Pas parce que l’auteur de cette chronique pense que c’est une tragédie économique d’avoir davantage de femmes au travail que d’homme, mais plutôt parce que les emplois occupés par les femmes sont souvent moins « intéressants » que ceux des hommes.

« Intéressants » ?

C’est-à-dire que l’on retrouve encore aux États-Unis une plus grande proportion de femmes que d’homme qui occupent des emplois à temps partiel, des emplois qui bien souvent ne sont accompagnés d'aucune assurance médicale et qui n’offrent pratiquement aucune sécurité d’emploi.

Et même lorsqu’elles travaillent à temps plein, les statistiques gouvernementales démontrent que les femmes américaines ne gagnent encore en moyenne que 80 % de la paye de leurs homologues masculins travaillant autant.


Perte d'emplois aux États-Unis, par sexe, depuis le début de la crise


Catégorie : Monde du travail
Commentaires
9 mars 2009 - 04:20
Incroyable mais vrai, les femmes CHOISISSENT -à 83%- de travailler à temps partiel.

Les hommes, dans une proportion de 72%...

J'en reviens pas de lire ce genre de commentaire:

"Il serait temps que le ministère du travail du Québec oblige les employeurs à ce que 80% des emplois soient à temps plein."

Sommes-nous en train de devenir une dictature?

Est-ce que les mots CHOIX et LIBERTÉ devraient être enlevés des dictionnaires et de notre vocabulaire?
Envoyé par Sébas Tremblay, Montréal
25 février 2009 - 17:09
Le marché de l'emplois n'est qu'une source de revenu pour les femmes.
Il y en a tellement d'autres non déclaré pour elle.
Côté pensions alimentaires, ce sont les hommes qui payent!
Côté coeur, ce sont les hommes qui payent
Le nombre de femmes propriétaires de leur logement est plus important celui des femmes!
Quand elles n'ont pas d'argent, elles ont accès au logements sociaux.
Il y a le droit des femmes et non celui des hommes.
Les droits et privilèges en tout genre obtenus par le pouvoir féministe leur permet d'engranger et d'économiser.

La plupards des femmes cherchent volontairement des emplois mi-temps car elles veulent avoir du temps libre pour leur dévellopement personnel.

Leur emplois ne sont pas précaires puisque non touché par la crise.
Côté pouvoir d'achat, ce sont les femmes qui l'ont! 75% des achats sont effectués pas les femmes!

Comment font-elles pour acheter autant en gagnant moins que les hommes?

C'est là qu'il faut faire l'enquête.
Envoyé par Jean-Marie Lengler, Houffalize
10 février 2009 - 10:37
Je suis assez surpris de la réaction de ces bonshommes qui semblent scandalisés qu'un journaliste-homme puisse se commettre en rendant compte d'une situation réelle qui est malheureusement un autre exemple du deux-poids deux-mesures hommes/femmes que tolère encore notre société. C'est un fait. Les femmes occupent encore davantage d'emplois précaires que les hommes et même dans des emplois égaux, leur rémunération demeure généralement plus faible. Ce journaliste n'invente rien. Tout homme qui sort la tête de l'eau un peu sait cela.

Je ne connais beaucoup d'hommes qui tolèreraient cette situation.

Le drame des hommes qui perdent leur emploi n'est pas moins grand. Et leur détresse est tout à fait légitime et sérieuse. Mais soyons honnêtes messieurs.

Le drame des femmes qui vivent de la précarité économique et financière (depuis toujours), souvent laissées seules avec la charge d'enfants que ces bonshommes leur ont faits mais dont ils oublient souvent et rapidement la resposabilité (pensez à quelques-uns de vos amis qui ont fait cela si ce n'est pas vous-même avant d'aller faire d'autres enfants avec une autre), et encore mal prises sous le joug de conjoints (depuis des siècles) qui prétendent ou prétendaient les aimer, ce drame existe tragiquement.

Ils est plus que temps messieurs d'enlever ces oeillères qui font que votre nombril plein de mousse est le seul horizon qui se dresse devant vous.

Vivement de vrais hommes féministes!
Envoyé par Patrice Gosselin, Victoriaville
8 février 2009 - 07:38
Il est bien de faire l'analyse de la précarité de l'emploi chez les femmes par rapport à celle chez l'homme et de la différence des conditions de travail et des salaires des eux par rapport aux autres si le but est de corriger la situation. Mais si cela sert à accentuer la misogynie, passons à un autre sujet S.V.P.
Pourquoi certains hommes développent- ils tant d'hostilité envers les femmes, est-ce à cause de la relation qu'ils ont eu avec leur mère?
Envoyé par Suzanne Lauzon, Mascouche
7 février 2009 - 14:27
Bonjour, j'aimerais soulever une autre question que je me pose, elle n'est pas directement dans le même sans que l'article mais je crois qu'elle est pertinente.
J'étudis au CEGEP dans une technique "de gars". Par contre, il y a une plus grand présence de filles dans les cours qu'il y a quelques année et j'ai cru remarquer qu'il y a beaucoup plus de femmes en général au collège.
Alors ma question est la suivante : Que va-t-il se passer lorsque les femmes seront majoritaire dans les secteurs nécessitant un haut niveau d'étude?
Envoyé par Mary Lou Levasseur, Rouyn-Noranda
7 février 2009 - 12:43
Je suis surpris et heureux qu'enfin, des hommes s'expriment de manière tout-à-fait correct pour dénoncer des articles comme celui-ci. Comme ci c'était bien que ça soit plus d'homme que de femmes qui soient affectés. Et par dessus tout, ya une femme qui ose dire que c'est de la misogynie. Que voulez-vous, quand on n'a pas d'arguments valables, on sort du tirroir la même recette; anti-sémitisme, misogynie...Ya des gens qui ont peur d'évoluer; c'est dans la nature humaine.
Envoyé par Patric Hani, Montréal
7 février 2009 - 12:08
Il est triste de voir que les hommes se sentent attaqué par un article comme celui-ci. Lorsqu'on donne des statistiques, on ne parle pas de victimisation, on parle de la réalité. Et la réalité c'est que les hommes et les femmes sont bien souvent ensemble dans une famille donc lorsqu'un des deux souffre, l'autre aussi et le reste de la famille aussi. Donc ce que je comprends, c'est que les hommes perdent plus des emplois payant avec des bonnes conditions et que les femmes restent avec des emplois peu payant avec des mauvaises conditions, ce qui donne le même résultat, des familles en difficulté. Il de devrait pas y avoir de compétition ou faire abstraction de statistiques réalistes pour régler un problème qui touche la famille et par conclusion les enfants qui eux ne se préoccupent pas trop de savoir si c'est maman ou papa qui paye le pain tant qu'il y en a.
Envoyé par Andrée Anne Vien, Montréal
7 février 2009 - 11:30
Rappeller que les femmes sont encore et toujours en position d'infériorité par rapport aux hommes dans notre société ne veut pas dire nier que la vie des hommes n'est pas 100% rose. Quoiqu'en disent les nostalgiques de l'époque "Papa a raison".
Envoyé par François Desrochers, Montréal
7 février 2009 - 07:46
On trouve encore le moyen de victimiser les femmes....et par un homme en plus!!Bienvenue au Québec!!!
Envoyé par Jean Michaud, Montréal
7 février 2009 - 04:57
Elle n'est pas sexiste, mais elle est bien sectorielle, pour l'instant. Je trouve qu'il est important de souligner la nuance, afin de restreindre les propos déplorables de certains misogynes. Par contre cet article mets en évidence l'urgence de rétablir l'équité salariale et devrait inciter les gouvernements à légiférer davantage le secteur du travail. Il serait temps que le ministère du travail du Québec oblige les employeurs à ce que 80% des emplois soient à temps plein. Les emplois à temps partiel sont la cause no.1 de la pauvreté et sont le plus gros incitatif à l'aide sociale. Il ne le feront pas, parce que le gouvernement lui-même emploie beaucoup de gens à des postes à temps partiel. EX: LES INFIRMIÈRES secteur à majorité féminin. TRÈS BON ARTICLE M. DUGUAY.
Envoyé par Suzanne Lauzon, Mascouche
7 février 2009 - 04:04
Ce commentaire est en complément de celui laissé par M. Trottier.

Alors que "82 % des emplois perdus depuis décembre 2007, date officielle du début de la récession américaine, étaient occupés par des hommes", l'auteur journaliste tout droit issu de la nouvelle cohorte formée dans les facultés où règnent en maître les Dupuis-Déri de ce monde, parvient à nous faire déplorer la qualité inférieure des emplois résiduels encore occupés par une proportion grandissante de femmes...

Quant au sort réservé à ces hommes qui occupaient 82% des postes laissés vacants après le passage de la tempête, le journaliste moderne n'a même pas le réflexe de se poser la question tant le sort de l'homme contemporain laisse le public indifférent.

Combien va-t-il falloir en produire des Jean-Marc Besette disposés à entreprendre d'autres grèves de la faim avant que la société ne se questionne sérieusement au sujet de la détresse au masculin et de l'absence de ressource pour adresser adéquatement le problème au lieu de jouer à l'autruche ?
Envoyé par Hermil LeBel, St-Damien
6 février 2009 - 19:51
Et quels sont les secteurs sur lesquels planchent les gouvernements dans leurs plans de relance? Des secteurs masculins... Quand les chaînes de magasins vont commencer à fermer des succursales ou les autres commerces de consommation moins essentielles comme les salons d'esthétique ou les petits cafés par exemple, ce sont des femmes qui vont commencer à perdre leur emploi. Plusieurs d'entre elles qui occupent ces emplois sous-payés, sans avantages sociaux ou garanties et avec des horaires mal foutus, plusieurs donc sont non seulement des femmes, mais des femmes seuls soutiens de famille... Il y aura donc encore plus d'enfants pauvres et mal nourris...
Envoyé par Hélène Tremblay, Montréal
6 février 2009 - 15:51
Les hommes sont majoritaires - par rapport aux femmes - à perdre leur emploi. L'auteur trouve malgré tout le moyen de « récupérer la sauce » en alléguant que si plus de femmes maintiennent leur emploi, elles n'en sont pas moins sous-payées, travaillent davantage à temps partiel, n'ont pas d'assurance médicale. Ouf, le dogme féministe de la femme victime est sauf! L'homme chômeur peut encore une fois aller se rhabiller et souffrir si ça lui chante. Mais en silence, de peur de faire rire de lui.
J'imagine que quand des hommes se suicident, on plaindra les femmes qui restent vivantes, « obligées » d'assister au réchauffement climatique, à la pollution de l'environnement, aux problèmes Québec-Canada, que sais-je encore.
Je remarque qu'il est avantageux moralement de continuer à décrier le sort des femmes et à taire la réalité des hommes. On se fait ainsi un sacré capital de sympathie. Et puis, on est progressiste et dans le vent, sacro-sainte prudence québécoise oblige.
En tout cas, cet article m'impressionne par sa capacité à demeurer - au forceps - dans l'orthodoxie féministe régnante. Et sous la plume d'un homme par dessus le marché. Chapeau!
Envoyé par Jean-Philippe Trottier, Montréal
6 février 2009 - 15:25
Ensuite les groupes de féministes viendront nous dire que c'est les femmes les plus touchées par tous les problèmes de cette société. Et encore une fois, les programmes de discriminations positives viendront nous faire croire que les femmes sont mal représentées et que nous devons les privilégiés, même dans le cas de qualifications inférieures...

Pensons simplement à ces petites ''top-modèles'' que l'on retrouve dans la police...maquillages et cheveux teindu en blonds qui sont venus la normes dans la police de Montréal, alors que l'on refuse un quantité d'homme blanc qualifié simplement justement parce qu'ils sont des hommes blancs...
Envoyé par Michaël Truchon, Montréal
Commentez






* Tous les champs sont obligatoires.



Les dernières entrées


Archives par mois


Catégories


Dossiers en profondeur