| Le comte Dracula; se méfier
des imitations
Dracula,
star du cinéma
C'est en 1922 qu'est sortie sur les écrans
la première production cinématographique
adaptée du roman de Stoker : Nosferatu
le vampire, de Murnau. Il s'agit d'une version
non créditée de Dracula, un film-culte,
remarquable notamment pour l'impression d'angoisse
qu'il suscite. Ensuite, en 1931, c'est l'acteur
Bela Lugosi qui interprète le rôle
du comte. Bien d'autres Dracula suivront, dont
celui incarné par le célèbre
acteur Christopher Lee.
Plus de 140 films de plus ou moins bon goût
(mais toujours celui un peu âcre et métallique
du sang) ont été consacrés
à Dracula et à ses cousins germains.

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Le personnage de Dracula, l'étalon en quelque sorte
de tous les vampires, Nosferatu et autres non-morts qui l'ont
suivi, est né dans le roman de Bram Stoker, Dracula,
un best-seller immédiat publié en 1897. Dans
ce roman, l'action se déroule en Transylvanie, une
province de la Roumanie. Un voyageur demande asile dans un
château sombre, lugubre. Le maître des lieux est
un personnage inquiétant, tout d'obscurité et
de mystère. Voici le comte Dracula et, avec lui, son
effroyable secret...
Dracula est un vampire, un non-mort. Plus précisément,
le comte Dracula est mort depuis des lunes, mais un privilège
sans égal lui a permis de ne pas s'anéantir
totalement, d'exister sous une forme non humaine. Il sommeille
le jour, ressemblant à s'y méprendre à
un cadavre mais, dès que le soleil se couche, il écarte
ses bras, se lève et cherche dans la nuit des proies,
préférablement humaines, dont il pourra boire
le sang. Tel est le lourd secret du vampire : sans un
apport régulier de sang d'autrui, son corps redeviendra
poussière. Le vampire infeste donc les vivants en absorbant
leur sang pour perpétuer sa longévité;
chaque victime de Dracula devient à son tour vampire.
Bram Stoker
(1847-1912)

L'auteur de Dracula est un écrivain
et homme de théâtre irlandais, né
à Clontarf (Dublin), mort à Londres.
Fait intéressant : le jeune Stoker
passa ses huit premières années
entre la vie et la mort, miné par de multiples
maladies et écoutant, pour passer le temps,
les nombreuses légendes celtes que lui
racontait sa mère. Il sera plus tard chroniqueur
de théâtre. En 1882, il publie son
premier recueil de nouvelles fantastiques, Au-delà
du crépuscule, des contes pour enfants
qu'il dédie à son fils Noël.
Puis, ce sera le roman Dracula, dont le
personnage deviendra pour tout le monde l'archétype
du vampire.
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La symbolique du vampire :
Dracula est dangereux, mais il attire autant qu'il repousse.
S'il sent le souffre et les effluves de l'enfer à plein
nez, un vent malsain fait d'érotisme sombre le précède
et le suit dans la chambre des victimes qu'il honore de sa
mortelle visite. Le vampire est un paria, mais un paria d'exception,
un marginal que l'on voit marcher seul dans la nuit. Il représente
l'image même de la subversion, et c'est en ce sens qu'il
semble dangereux pour la société dominante car
il incarne son contraire et bafoue ses lois les plus élémentaires
pour n'appliquer que les siennes propres. Il est la folie
face à la raison, la liberté face à l'aliénation,
le plaisir face à la rigidité des murs,
le paganisme face au catholicisme. Il est aussi le côté
noir qui réside en chacun de nous et qui sort, subrepticement,
aux petites heures de la nuit, pendant notre sommeil.
Dracula redoute l'ail, l'eau bénite (qui
le brûle), le crucifix (qui peut le réduire en
cendres), le pieu de bois (avec lequel on peut l'anéantir
en lui perçant le cur), la lumière du
jour et le chant du coq.
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