ROMÉO DALLAIRE

Un général dans la tourmente rwandaise

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La mission au Rwanda

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JOURNALISTE
Sophie-Hélène Lebeuf

Il a dit:

«Huit cent mille personnes sont mortes au printemps 1994, et personne n'a bougé. Deux mille neuf cents personnes ont disparu à Manhattan le 11 septembre 2001, et Bush a mobilisé le monde entier. Voyez-vous, j'ai du mal avec ça.»
- Le Devoir, 13 décembre 2003

 

  • Né aux Pays-Bas en 1946
  • A consacré 36 ans de sa vie aux Forces armées canadiennes avant de se retirer en 2000
  • Commandant en chef de la Mission d'observation des Nations unies Ouganda-Rwanda et de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda en 1993-1994
  • Promu lieutenant général en 1998
  • Auteur du livre J'ai serré la main du diable, un ouvrage sur la guerre civile et le génocide au Rwanda
  • En janvier 2004, il a témoigné devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda contre deux responsables rwandais accusés de génocide.
  • Il est un des soldats canadiens les plus décorés


Dix ans après le génocide rwandais, Roméo Dallaire reste marqué par ce qu'il a vu et par ce qu'il n'a pu empêcher. Militaire de carrière, le lieutenant général Roméo Dallaire s'est surtout fait connaître de la population pour avoir commandé la mission au Rwanda, en 1993-1994. Une mission de paix manquée, puisqu'elle n'a pu empêcher un des pires massacres de l'histoire. Pourtant, le lieutenant général canadien n'avait cessé de réclamer plus de ressources et de presser la communauté internationale d'agir. En vain. Il s'est heurté à un mur d'indifférence et à une lourde bureaucratie.

«Ce monde, dirigé par les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, a facilité et encouragé le génocide. Jamais ces pays ne parviendront à laver le sang des Rwandais qui souille encore leurs mains.»
- Le Devoir, 13 décembre 2003

Plusieurs le voient comme un héros qui s'est tenu debout pour dénoncer l'inaction de la communauté internationale. D'autres, comme les familles des soldats belges qui ont été tués par la milice hutue, l'ont accusé de lâcheté.

Militaire intègre, humaniste et défenseur de la paix, Roméo Dallaire est un homme à l'âme blessée, encore habité par les fantômes du passé.

«Je vis la culpabilité d'un commandant qui a vu sa mission ne pas aboutir à un succès. Je vis aussi avec cette culpabilité vis-à-vis des Rwandais à qui on a donné l'espoir du succès de leur projet de paix et qui, ultimement, se sont fait massacrer en nous regardant avec des yeux d'incompréhension pendant que nous étions impuissants à faire quelque chose. Il est normal pour un commandant de se poser des questions, de se dire: "Peut-être que j'ai argumenté, mais je n'ai pas convaincu. Peut-être que je n'ai pas utilisé les bonnes méthodes."»
- La Presse, 15 avril 2000

En janvier 2004, il témoigne devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda à Arusha, en Tanzanie, contre Théoneste Bagosora, ancien chef de cabinet du ministre rwandais de la Défense, considéré comme le cerveau du génocide, et Anatole Nsengiyumava, ancien chef de la gendarmerie rwandaise. Son témoignage sera entendu jusqu'à la fin du mois.

Dans notre Revue de l'année 2003, nous demandions à nos internautes de nous dire qui était pour eux la personnalité de l'année. Vous avez été nombreux à vouloir en savoir davantage sur le lieutenant général Roméo Dallaire.