Lucien Bouchard

En bref

De Saint-Cœur-de-Marie à Paris : la formation d’un politicien

L’expérience conservatrice

L’expérience bloquiste

L’expérience péquiste

Le constat d’échec

Quelques livres

Hyperliens

 



JOURNALISTE:
NICOLAS DUGUAY


Rester dans l’ombre



« Je ne vais certainement pas commenter les actions et les décisions du gouvernement. Je ne vais pas non plus commenter les prises de position de l’opposition même si parfois, j’imagine, il y aurait matière à le faire »
- Lucien Bouchard, expliquant qu’il ne comptait pas, une fois retiré de la politique active, commenter les décisions de ses successeurs



De Saint-Cœur-de-Marie à Paris : la formation d’un politicien

Natif d’un petit village du Lac-Saint-Jean et issu d’une famille modeste et très catholique, Lucien Bouchard a passé la majeure partie de son enfance à Jonquière. Après des études classiques au collège de Jonquière, il se rend à Québec pour poursuivre ses études à l’Université Laval. Il obtient, en 1960, un baccalauréat en sciences sociales et, quatre ans plus tard, une licence en droit, mais son passage à l’Université Laval lui permet aussi de rencontrer un autre étudiant, Brian Mulroney, une rencontre qui sera décisive pour sa carrière.

À partir de 1970, Lucien Bouchard se consacre à sa profession d’avocat à Chicoutimi, mais, profondément marqué par la crise d’Octobre, il adhère au Parti québécois en 1972. L’année suivante, le jeune avocat, qui préside aux premiers tribunaux d’arbitrage du secteur de l’éducation, milite ouvertement pour le candidat péquiste dans la circonscription de Chicoutimi, Marc-André Bédard.

Ce n’est qu’en 1974 que Lucien Bouchard commence à être connu du grand public grâce à son poste de procureur au sein de la très médiatisée commission Cliche, chargée, jusqu’en 1975, d’enquêter sur la violence et la corruption sur les chantiers de construction du Québec.

En 1976, Lucien Bouchard devient conseiller politique auprès de son ami, Brian Mulroney, lors de la course à la direction du Parti progressiste-conservateur. Quelques mois plus tard, Lucien Bouchard va aussi toucher à la politique provinciale en participant, pour une seconde fois depuis 1973, à la campagne électorale du député péquiste de Chicoutimi, Marc-André Bédard.

L’année suivante, alors que la province est dirigée par le premier gouvernement péquiste de son histoire, Lucien Bouchard est nommé négociateur en chef du gouvernement du Québec dans les négociations collectives avec les quelque 300 000 fonctionnaires.

Lors du premier référendum sur l’indépendance du Québec, en 1980, il milite activement dans le camp du OUI. Deux ans plus tard, il œuvre en tant qu’avocat devant la Cour suprême dans la cause du gouvernement du Québec contre la Loi constitutionnelle de 1982.

C’est d’ailleurs au sortir de ces batailles constitutionnelles que Lucien Bouchard renoue, en 1983, avec Brian Mulroney. Il redevient le conseiller de celui qui sera élu premier ministre du Canada un an plus tard.

Les sources sept-îliennes du Lac Meech

Après l’arrivée des conservateurs à Ottawa en 1984, le premier ministre Brian Mulroney promet, dans un discours historique prononcé à Sept-Îles et rédigé par Lucien Bouchard, de trouver un accord qui amènera le Québec à adhérer à la Loi constitutionnelle de 1982 dans
« l'honneur et l'enthousiasme ».

En 1985, le gouvernement conservateur de Brian Mulroney nomme Lucien Bouchard ambassadeur du Canada en France, consacrant ainsi le virage politique que Lucien Bouchard avait initié de nombreuses années auparavant.