L'élection présidentielle du 14 mars 2004

Journaliste : Isabelle Montpetit
Dernière mise à jour, le 15 mars 2004



Vladimir Poutine
veut un État central fort.

Le 14 mars, les électeurs russes ont réélu sans surprise le président Vladimir Poutine, lui accordant une majorité écrasante de 71 % des voix (il avait obtenu 52,5 % des suffrages en 2000).

Voici les résultats des autres candidats:

  • Nicolaï Kharitonov (communiste): 14 %;
  • Segueï Glaziev (un des fondateurs du parti nationaliste de gauche Rodina, dont il a par la suite été expulsé): 4 %;
  • Irina Khakamada (ancienne dirigeante de l'Union des forces de droite): 4 %;
  • Oleg Malychkine, candidat ultra-nationaliste du Parti démocrate libéral (LDPR) :2 %;
  • Sergueï Mironov (président du Conseil de la fédération et allié de Poutine): 1 %.

64 % des électeurs inscrits ont voté. Pour que l'élection soit valide, il fallait la participation d'au moins la moitié d'entre eux. Selon plusieurs analystes, c'est pour secouer l'apathie de ses concitoyens que le président Poutine a limogé tout son gouvernement en février 2004.

Avec une majorité aussi écrasante et le contrôle total de la Douma, le président aura toute la latitude pour mettre en place les mécanismes qu'il juge nécessaires pour assurer la stabilité du pays et poursuivre la croissance économique. Après l'élection, il a promis de renforcer le système multipartite, la société civile, l'économie et la liberté des médias.

Le président sera en poste pendant quatre ans. La constitution lui interdit toutefois de se présenter une troisième fois. Il souhaite contourner cette règle en prolongeant la durée du mandat présidentiel, ce que le Parlement a majoritairement rejeté une première fois, le 18 février 2004.

Les résultats du candidat communiste ont pris tout le monde par surprise. Avant l'élection, les sondages ne lui assuraient au maximum que 6 % des voix.

Des irrégularités

Le scrutin a été entaché de certaines irrégularités, selon l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui y avait envoyé 340 observateurs en mission de surveillance.

Selon ces observateurs, les élections ont été en général bien tenues et les résultats reflètent l'appui populaire à Vladimir Poutine. Par contre, ils déplorent l'absence de débat public, le manque de pluralisme authentique et l'absence d'examen rigoureux de la campagne par les médias. De plus, ils ont constaté des problèmes de décompte dans le quart des bureaux de vote qu'ils ont visités.

Le rapport final de la mission sera rendu public le 23 mars 2004.

Quant au journal Moscow Times, il dénonce des irrégularités flagrantes en Tchétchénie où, selon les chiffres officiels, Vladimir Poutine aurait obtenu 92 % des votes.

Selon des officiers de scrutin cités par ce journal, des milliers de bulletins de vote auraient été remplis d'avance et déposés dans les boîtes de scrutin avant le début de l'élection ou lorsque les bureaux de vote étaient vides.