Les patriotes

L'histoire brutale des patriotes est maintenant célèbre. On parle de 14 procès devant la cour martiale : 9 patriotes seront acquittés et 99 condamnés à mort. De ce nombre, 12 seront exécutés, 58 déportés en Australie et 27 libérés sous cautionnement.

Le 15 évrier 1839, à 9 h du matin, cinq patriotes montent sur l'échafaud. Il s'agit de Marie-Thomas Chevalier de Lorimier, notaire, Charles Hindenlang, militaire français, Pierre-Rémi Narbonne, huissier, Amable Daunais, cultivateur, et François Nicolas, instituteur.

Daunais et Nicolas sont tous deux condamnés à mort à la suite de leur procès, qui se termine le 6 février 1838. Ils avaient déjà été accusés de meurtre contre Joseph Chartrand, un espion pour le compte des loyalistes.

Lorimier tente de passer la frontière après la bataille d'Odelltown, mais, cherchant à fuir un corps de garde, il est arrêté et amené à Montréal. Son procès se tient du 11 au 20 novembre en compagnie des chefs du soulèvement de Beauharnois. Après délibération du jury, tous les chefs sont condamnés à mort, mais seul Lorimier se rendra jusqu'à l'échafaud.

À la veille de leur exécution, les confrères de cellule d'Hindenlang et Lorimier organisent un dernier repas. Lorimier refuse de prendre la place qui lui revient, préférant la compagnie de sa femme. C'est donc Hindenlang qui préside le repas. Lorimier, ne regrettant rien du passé, entretient encore de l'espoir pour l'avenir. Il termine son testament en s'écriant « Vive la liberté, vive l'indépendance ».

Le matin du 15 février, les cinq condamnés montent sur l'échafaud, malgré tous les efforts entrepris pour les sauver. On menace également les autorités anglaises. L'Aurore des Canadas écrit : « Le peuple appellera martyrs ceux qui meurent sur l'échafaud. [...] prenez garde à la première tête qui tombe, elle met le peuple en appétit. »

Pendant les derniers préparatifs, Hindenlang persiste à crier « Vive la liberté! » à la foule.

Puis, les trappes s'ouvrent l'une après l'autre. Narbonne, qui a été mal ligoté à cause de son bras coupé, parvient à s'agripper à la corde. Le bourreau doit s'y prendre à deux fois pour en finir avec lui.

Source : Gilles Laporte, historien, UQUAM

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