Très tôt…

En 1608, des contrebandiers basques complotent l'assassinat de Samuel de Champlain. Plusieurs colons, Jean Duval à leur tête, conspirent aussi contre lui. Les Basques promettent aux conspirateurs de les ramener en Espagne et de les payer grassement pour leur traîtrise.

Toutefois, un des conspirateurs, Antoine Natel, décide d'avertir Champlain du danger qui le guette en échange de son pardon. Champlain fait arrêter les mutins. Ce sera le premier procès connu de l'histoire de l'Amérique du Nord. Jean Duval est « pendu et estranglé au dict Quebecq et la tête mise au bout d'une pique ». Trois autres conspirateurs sont condamnés à mort et renvoyés en France.

 
   
   

Une vie d'opprobre

Si on peut sans trop s'avancer affirmer que nombre des bourreaux étaient des hommes de mauvais aloi, leur existence ne fut pas rose, loin de là. La fonction de bourreau était infamante dans la société canadienne des XVIIe et XVIIIe siècles.

Souvent, les bourreaux se voyaient refuser la location d'un logement. Ils se faisaient insulter copieusement, autant par les soldats que par les autochtones et la population en général. Les bourreaux étaient en fait le plus souvent coupés du monde, et il en allait de même pour leur famille.

 
   


La justice dans les colonies

Dans ce monde nouveau et inconnu, plein de dangers, dans ces étendues pour la plupart désertes, faire appliquer les lois et respecter l'ordre relevait du défi, mais était absolument nécessaire.

Tant pour les colons venus d'Angleterre que pour ceux venus de France, le modèle de système pénal choisi est celui de la mère patrie.

Sous le régime français, on avait recours aux bourreaux.
Ces exécuteurs de la haute justice étaient surtout des condamnés à mort à qui on offrait la vie en échange de leurs services, ou encore des vieillards, des ivrognes, voire des malades mentaux. Il n'était pas rare qu'un criminel devienne bourreau à son tour pour exécuter son prédécesseur…

Sous le régime anglais, on avait recours aux mêmes méthodes, bien que certains textes montrent que le droit britannique était un peu moins sévère.

Soulignons que même avant l'arrivée de la civilisation venue du continent européen, on trouvait chez les autochtones du Canada des hommes ayant été appelés à pratiquer le « métier » de bourreau.

 

  Qui était le bourreau?

Il semble que le premier maître officiel des hautes oeuvres au Canada (1648-1653) était un tambour des troupes françaises reconnu coupable d'un crime « contre nature » à Montréal. Pour échapper aux galères, il accepta cet office. Il est le premier d'une succession de bourreaux qui exercèrent au Canada sous le régime français. Son nom demeure un mystère.

Pierre Rattier, détenu dans les prisons royales de Québec et accusé avec sa femme de plusieurs vols, est le premier homme né au Canada à accepter de devenir bourreau, à condition d'être lavé des accusations portées contre lui. Le 7 juillet 1710, il devint le sixième maître officiel des hautes œuvres du Canada. Il le resta jusqu'en 1723.

Après la mort de Rattier, les autorités eurent beaucoup de mal à trouver quelqu'un qui acceptât la charge, car ce métier était plutôt mal considéré.

De 1733 à 1743, c'est un ancien esclave acheté aux Antilles, Mathieu Léveillé, qui fut chargé des exécutions.

On se tourna ensuite vers la France, puis vers l'Angleterre. Denis Quavillon, venu d'Irlande, fut lui-même condamné à la potence pour recel d'objets volés et finit ses jours sur la place du marché de la basse-ville de Québec, le 19 septembre 1755.

Outre les bourreaux officiels, le Canada a compté nombre de bourreaux occasionnels, recrutés sur le vif pour une besogne particulière.




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