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Maurice « Rocket » Richard
(1921 - 2000)

Journaliste : Richard Raymond
Intégrateur : Luc Lavigne

Tous ceux qui ont vu jouer Maurice Richard ou qui ont joué avec - ou contre - lui s'accordent pour dire qu'il n'était pas un joueur de hockey ordinaire. Il a prouvé à plusieurs reprises, au cours de sa carrière, qu'il était fait de l'étoffe des légendes, et il est devenu en 18 ans le héros de toute une génération de Québécois. D'esprit combatif, le démon sur glace était un marqueur de génie à qui le monde du hockey doit beaucoup.


Sa jeunesse : le hockey

Maurice avec ses parents,
Onésime et Alice Richard

Celui qui deviendra le « Rocket » est né Maurice Richard le 4 août 1921, à Montréal. Fils aîné d'Onésime et Alice Richard, il commence à jouer au hockey vers l'âge de cinq ans sur la patinoire que son père lui construit dans la cour de la maison familiale.

À 11 ans, il joue déjà au hockey dans un club constitué à l'école Saint-François-de-Laval, où il fait ses études primaires. Par la suite, il s'inscrit à l'École technique de Montréal avec l'espoir de devenir mécanicien. Dès sa première année à l'école, il fait partie de plusieurs équipes de hockey : il joue notamment pour l'équipe de son école, l'équipe juvénile du parc Lafontaine (sous le nom de Maurice Rochon), l'équipe junior B de Lachine (sous son vrai nom) et le junior B de Bordeaux, quartier qu'il habite. Il se fait remarquer par Arthur Therrien, qui devient son agent.

À 18 ans, il fait partie de l'équipe Paquette du parc Lafontaine : il marque 133 des 144 buts comptés par l'équipe au cours de la saison. En 1940, Richard passe au club-école du Canadien dans la Ligue de hockey senior du Québec. Il marque deux buts en deux périodes au cours de sa première partie, mais il se brise une cheville en troisième période et reste inactif pour le reste de la saison. Au cours de la saison 1940-1941, il se fracture un poignet. Entre-temps, un confrère de l'École technique lui présente sa soeur, Lucille. Le jeune homme l'épouse le 12 septembre 1942, un mois après avoir célébré son 21e anniversaire.

Maurice et Lucille Richard

Son entrée dans la LNH

En octobre 1942, Maurice Richard fait son entrée dans la Ligue nationale de hockey en signant un contrat avec le Canadien de Montréal. Son salaire est de 5000 $ par année, plus une prime de 1000 $.

C'est au cours de son premier camp d'entraînement que le jeune hockeyeur professionnel se verra donner le surnom de « Rocket » par un coéquipier, Ray Getliffe, impressionné par sa vitesse et son talent de marqueur. Maurice Richard joue son premier match dans la Ligne nationale de hockey le 31 octobre. Il marque cinq buts et récolte six passes en 16 parties.

Maurice Richard devient le « Rocket » au cours de son premier camp d'entraînement

En décembre, il se fracture une cheville et la direction de l'équipe de Montréal laisse entendre qu'elle n'espère pas grand chose d'un joueur qui se blesse aussi facilement. Mais l'entraîneur du Canadien, Dick Irvin, sait qu'il mérite qu'on lui accorde une seconde chance. Maurice Richard revient au jeu la saison suivante, en 1943-1944, et marque 32 buts en 46 matchs. Il devient le quatrième joueur du Canadien à compter 30 buts ou plus au cours de la même saison.


Maurice Richard lance et compte avec la vitesse et la précision d'une « roquette »

Il fait partie de la « ligne de frappe » (punch line) avec Toe Blake et Elmer Lach. Le trio marquera 350 buts au cours des cinq saisons suivantes. Le 23 mars 1944, le Rocket marque tous les buts, assurant à son équipe une victoire de 5 à 1 contre les Maple Leafs de Toronto, au terme d'une partie des demi-finales.

Le 13 avril 1944, le Canadien gagne la coupe Stanley pour la première fois depuis 13 ans en battant les Black Hawks de Chicago 5 à 4.

Le Canadien remporte en 1944 sa première coupe Stanley en 13 ans

Maurice Richard, habituellement peu démonstratif, laisse éclater son euphorie après la victoire. Il se montre déjà un joueur hors pair en séries éliminatoires en comptant 12 buts en neuf parties.

Le Rocket est euphorique après avoir remporté sa première coupe Stanley

La célèbre ligne de frappe : Maurice Richard, Toe Blake et Elmer Lach

Le 28 décembre 1944 restera longtemps dans la mémoire du Rocket. Ce jour-là, le joueur de 23 ans emménage dans une nouvelle maison, y transportant son mobilier, dont un piano. Le soir même, au cours de la partie opposant le Canadien aux Red Wings de Détroit, il mène son équipe à une victoire de 9 à 1 en comptant cinq buts et en récoltant trois passes. Le 18 mars 1945, le Rocket établit ce qui s'avérera le record le plus envié de la Ligne nationale de hockey pendant des années : c'est la première fois qu'un joueur de la LNH atteint la marque de 50 buts en 50 parties au cours de la même saison. Il termine la saison au deuxième rang des compteurs avec 73, derrière son coéquipier Elmer Lach, qui en a 80, et devant Toe Blake, qui a cumulé 67 points. La « Ligne de frappe » a cumulé 220 points, un record pour l'époque.

Après avoir joué pour le Canadien, Toe Blake en devient l'entraîneur en chef

Le 9 avril 1946, l'équipe du Rocket défait Boston 6 à 3 pour remporter sa sixième coupe Stanley. En 1947, Maurice Richard remporte le Trophée Hart remis au joueur le plus utile à son équipe.
En 1949, il dépasse le total des points cumulés en carrière par son coéquipier Toe Blake, joueur du Canadien qu'il admire le plus et qui vient de prendre sa retraite.

 

 

Le 17 février 1951, le Canadien lui rend hommage en organisant une Soirée Maurice Richard. Le 29 octobre suivant, le Rocket joue devant la princesse Elizabeth et le prince Philip : le Canadien défait les Rangers de New York 6 à 1. Cette même année, il égale le record de Howie Morenz, seul joueur auquel on l'a comparé, et le record de 270 buts d'Aurèle Joliat, qui étaient jusqu'alors les deux meilleurs compteurs de l'histoire du Canadien.

Aurèle Joliat