Nouvelles / Dossiers / René Lévesque

Journaliste : Aïda Zénova
Intégrateur : Luc Lavigne

POINT DE MIRE SUR RENÉ LÉVESQUE
Dix épisodes d'une heure sur l'ex-premier ministre
(document présenté par la radio de Radio-Canada)

 

1922
Naissance à New Carlisle, le 24 août. Fils de Dominique Lévesque, avocat, et de Diane Dionne. Il est l'aîné d'une famille de quatre enfants (Fernand, André et Alice).

Études à l'école primaire de New Carlisle, au séminaire de Gaspé, au collège Saint-Charles-Garnier de Québec, à l'Université Laval (en droit, inachevées). Il est expulsé de l'université en 1943 pour avoir fumé.

1936
Débuts à la radio. Il obtient un poste d'annonceur et de rédacteur de nouvelles à la station CHNC de New Carlisle. Emploi d'été.

1937
Son père meurt le 18 juin; René a 14 ans.

1938-1939
Déménagement à Québec, en 1938, et remariage de sa mère, en 1939, avec Albert Pelletier, avocat.

1941-1942
Il travaille comme annonceur suppléant à CHRC puis à CBV à Québec.

1944-1945
Début 1944, il est engagé par l'American Psychological Warfare Department et va travailler à Londres pour La Voix de l'Amérique, station internationale de radio en Europe. À partir de février 1945, il est correspondant de guerre auprès de l'armée du général Patton puis de celle du général Patch, avec laquelle il pénètre dans le camp de Dachau.

1947
Mariage le 3 mai avec Louise L'Heureux, fille d'Eugène L'Heureux, directeur de l'Action catholique de Québec. Le couple aura trois enfants : Pierre, Claude et Suzanne.

1946-1951
Employé du service international de Radio-Canada à Montréal. Il anime l'émission Journalistes au micro en 1949 et 1950 au réseau national.

1952
Correspondant de guerre en Corée.

1952-1956
Chef du service des reportages radiotélévisés. Animateur de l'émission radiophonique Au lendemain de la veille et des émissions télévisées Carrefour et Premier plan de 1953 à 1956.

1956-1959
Devient pigiste pour animer l'émission hebdomadaire Point de mire de 1956 à 1959. Collabore à la revue Cité libre.

Participe activement à la grève des réalisateurs de Radio-Canada en 1959. Membre de l'Union canadienne des journalistes de langue française et de l'Union des artistes de Montréal.

1960
Entrée en politique active. Élection provinciale (22 juin), remportée par l'équipe du tonnerre de Jean Lesage. Le Parti libéral remporte 51 des 95 sièges. René Lévesque est élu dans la circonscription montréalaise de Laurier avec 129 voix de majorité. Début de la Révolution tranquille. Ministre des Ressources hydrauliques et ministre des Travaux publics du 5 juillet 1960 au 28 mars 1961. Son principal conseiller économique est Michel Bélanger, futur président de la Banque nationale. Son conseiller juridique est Pierre F. Côté, qui sera plus tard directeur général des élections du Québec.

1961
Ministre des Richesses naturelles du 28 mars 1961 au 19 janvier 1966. Il mène le combat pour la nationalisation de l'électricité.

1962
Réélection du Parti libéral de Jean Lesage le 14 novembre. La campagne a porté sur la question de la nationalisation de l'électricité avec le slogan Maîtres chez nous. René Lévesque a été réélu dans son comté de Laurier.

1963
Hydro-Québec acquiert les sept plus grandes compagnies de distribution d'électricité du Québec.

1965
Ministre de la Famille et du Bien-être social du 14 octobre 1965 au 19 janvier 1966.

1966
Victoire de L'Union nationale de Daniel Johnson aux élections du 5 juin. René Lévesque est réélu dans son comté de Laurier.

1967
Le 24 juillet, du balcon de l'hôtel de ville de Montréal, le général De Gaulle lance son célèbre Vive le Québec libre! Le 4 octobre, René Lévesque quitte le Parti libéral à la suite du refus du Congrès d'entériner le principe d'un Québec souverain associé au reste du Canada. À compter du 14 octobre, il siège comme député indépendant. Fondation du Mouvement souveraineté-association le 19 novembre.

1968
Publication de son manifeste Option Québec en janvier.

Le Parti québécois (PQ) naît de la fusion du Mouvement souveraineté-association et du Ralliement national de Gilles Grégoire.

René Lévesque est élu président (premier congrès national du 11 au 14 octobre 1968).

1970
Le Parti libéral, dirigé par Robert Bourassa, remporte les élections du 29 avril. Le PQ n'obtient que sept sièges malgré 23,1 % des votes. René Lévesque est battu dans Laurier par le libéral André Marchand. Il devient chroniqueur au Journal de Montréal et au Journal de Québec. Il le restera jusqu'en 1976.

Crise d'octobre : Le Front de libération du Québec (FLQ) enlève l'attaché commercial de Grande-Bretagne à Montréal, James Cross, et le ministre du Travail du Québec, Pierre Laporte. Le gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau, à Ottawa, vote la Loi sur les mesures de guerre. Assassinat de Pierre Laporte. André Carrier écrit une thèse de maîtrise intitulée Les Idées sociales, économiques et politiques de René Lévesque.

1973
Réélu chef du PQ en février. Le PLQ de Robert Bourassa est réélu le 29 octobre. René Lévesque est défait dans Dorion par 293 voix. François Aubin publie René Lévesque tel quel. Jean Provencher publie René Lévesque : portrait d'un Québécois.

1974
Début de la publication du quotidien indépendantiste Le Jour, dirigé par Yves Michaud.

Du 15 au 17 novembre, le Ve Congrès national du PQ intègre au programme du parti le référendum comme modalité d'accès à la souveraineté.

1976
Le quotidien Le Jour disparaît à la suite de difficultés financières et de conflits idéologiques entre les journalistes et la direction du PQ. René, biographie écrite par Peter Desbarats, sort le 23 octobre. La traduction française, René Lévesque ou le projet inachevé, paraîtra l'année suivante. À l'élection du 15 novembre, le PQ prend le pouvoir avec 41,4 % des voix et 71 députés. René Lévesque devient député de Taillon avec 22 000 voix de majorité.

1977
Le 6 février, René Lévesque est impliqué dans un accident de la route qui fait une victime, un sans-abri de 62 ans, Edgar Trottier. Aucune accusation ne sera portée contre lui. Le 26 août, la Charte de la langue française, aussi appelée loi 101, est sanctionnée. Le français devient la seule langue officielle du Québec. En novembre, il est fait Grand Officier de la Légion d'honneur et reçoit la médaille de la ville de Paris.

1978
Publication de La Passion du Québec.

1979
Mariage avec Corinne Côté le 12 avril. Mort de sa mère, Diane Dionne, en juillet.

René Lévesque présente le libellé de la question référendaire à l'Assemblée nationale le 20 décembre.

1980
Publication aux Éditions de l'homme de son ouvrage intitulé Oui. Lors du référendum du 20 mai, le non l'emporte avec 55,6 % des voix, contre 40,44 % pour le oui. Devant des partisans du oui rassemblés au centre Paul-Sauvé, il déclare : « Si je vous comprends bien, ce que vous êtes en train de me dire, c'est : à la prochaine fois ».

1981
À l'élection du 13 avril, le PQ est reporté au pouvoir avec 49,2 % des voix et 80 députés. René Lévesque est réélu dans Taillon avec 21 535 votes contre 9500 pour le candidat libéral.

La Nuit des longs couteaux (5 novembre 1981) : Entente entre le fédéral et les neuf provinces anglophones pour amender et rapatrier la constitution. Le Québec perd son droit de veto.

Lors de son VIIIe Congrès national (4-6 décembre), le PQ adopte une résolution selon laquelle un gouvernement du Parti québécois devra enclencher le processus d'accession à l'indépendance sur la base d'une majorité de sièges obtenue lors d'une victoire électorale. René Lévesque refuse cette résolution et annonce la tenue d'un référendum interne sur le sujet.

1982
Les résultats du « renérendum » sont rendus publics le 9 février. Environ la moitié des membres du parti participent au vote. Et 95 % des 143 000 votants appuient la position de René Lévesque. Il faudrait la majorité des votes et non la majorité des sièges pour enclencher le processus d'accession à la souveraineté. Le 17 avril 1982, la reine Elizabeth II promulgue officiellement la nouvelle Constitution.

1984
Le IXe Congrès national du PQ (8-10 juin) adopte la résolution selon laquelle « un vote pour le Parti québécois sera un vote pour la souveraineté » en dépit de l'opposition de René Lévesque. Lors du discours inaugural de session le 16 octobre, René Lévesque considère la victoire de Brian Mulroney et du Parti conservateur sur la scène fédérale comme « un beau risque » à courir pour le Québec. Le 19 novembre, dans une lettre adressée aux militants, Lévesque souligne que la souveraineté ne doit pas être l'enjeu de la prochaine élection et demande la modification de l'article 1 du programme du Parti adopté au congrès de juin. Le 22 novembre, cinq ministres démissionnent : Jacques Parizeau, Camille Laurin, Jacques Léonard, Gilbert Paquette et Denise Leblanc.

1985
Lors d'un Congrès extraordinaire tenu le 19 janvier, les délégués du PQ révisent l'article 1 du programme. 495 délégués, avec à leur tête les ministres « orthodoxes », quittent le Congrès.

Le 20 juin, René Lévesque démissionne comme président du PQ.

Le 3 octobre, René Lévesque démissionne de son poste de premier ministre. Pierre-Marc Johnson lui succède.

1986
Publication d'Attendez que je me rappelle.

1987
Anime à CKAC l'émission Point de vue sur l'actualité du 31 août à sa mort. Anime deux émissions spéciales à TVA à l'occasion du sommet de la francophonie. Mort à l'âge de 65 ans, le 1er novembre 1987. Inhumé à Sillery, en banlieue de Québec, au cimetière Saint-Michel, le 5 novembre.

1988
Parution de René Lévesque par lui-même : 1963-1984.

1991
Parution de René Lévesque : textes et entrevues (1960-1987).

1994
Parution de René Lévesque. Un enfant du siècle (1922-1960), de Pierre Godin.

1997
Parution de René Lévesque, héros malgré lui (1960-1976), de Pierre Godin.

Dossier des archives
René Lévesque : 15 ans déjà

 

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