LES PALESTINIENS

 

« Je demande personnellement, en mon nom et au nom de mon peuple, au Canada et au premier ministre Jean Chrétien, qui est du fond de mon cœur mon ami, d'agir rapidement pour sauver la Paix des braves que j'ai signée avec mon partenaire Yitzhak Rabin. »
Yasser Arafat, dans une entrevue publiée dans La Presse du 10 août 2002

Début de la deuxième Intifada

En juillet 2000, l'impasse des discussions de Camp David, aux États-Unis, a exacerbé les tensions déjà palpables entre Israéliens et Palestiniens. Ces derniers ont alors l'impression qu'on exige d'eux trop de concessions, alors que c'est Israël qui occupe leurs territoires. C'est dans ce contexte que survient, en septembre, la visite du leader du Likoud, Ariel Sharon, sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est. Les Palestiniens perçoivent son geste comme une véritable provocation. Les premiers affrontements éclatent le jour même : la deuxième Intifada vient de commencer. Aux pierres lancées par les Palestiniens répondent les coups de feu des soldats de Tsahal. C'est rapidement au tour de la Cisjordanie et de Gaza de s'embraser. Au fil des jours, les accords de cessez-le-feu se multiplient sans être respectés sur le terrain. Les esprits s'échauffent, comme le démontre cette foule qui bat à mort deux soldats israéliens, à Ramallah, à la mi-octobre 2001. Après des semaines puis des mois de conflit, même les plus modérés se radicalisent. Un an et demi après le début du soulèvement, la deuxième Intifada est déjà plus meurtrière que la première, qui avait pourtant duré quelques années.

« Notre peuple poursuivra l'Intifada Al-Aqsa jusqu'à ce que nous hissions le drapeau palestinien sur chaque mosquée, sur chaque église et sur les murs de Jérusalem. »
Yasser Arafat, 29 mars 2001, au lendemain de la première opération militaire d'envergure lancée par Ariel Sharon contre les Palestiniens

Le 30 septembre 2000, à Gaza, Mohammad al-Doura, âgé de 12 ans, est tué par des tirs israéliens. Il meurt dans les bras de son père, qui n'a pas réussi à le protéger. Ces images captées par un caméraman feront le tour du monde et soulèveront la colère des Palestiniens. L'enfant, qui a malgré lui payé de sa vie le combat avec les Israéliens, devient aussitôt un symbole pour les siens. La télévision nationale palestinienne diffuse et rediffuse quotidiennement les images de sa mort. Le jeune al-Doura sera l'un des nombreux enfants victimes des affrontements.


« Cela a été son sacrifice pour notre patrie,
pour la Palestine. »

la mère du jeune Mohammad al-Doura

Mise au point (14 août 2012) :
Dès 2001, une controverse a éclaté quant à l'authenticité des images du jeune al-Doura. Au moment d'écrire ces lignes, l'affaire était toujours devant les tribunaux français.


Extrémisme palestinien

« Seul le djihad est capable d'assurer la victoire
en Palestine. »

extrait d'un communiqué du Hezbollah, le 2 mars 2002

le cheikh Ahmed Yassine, fondateur du Hamas

Refusant de reconnaître à Israël le droit d'exister, les extrémistes palestiniens islamistes continuent de s'opposer farouchement au processus de paix et alimentent l'escalade de la violence en commettant de sanglants attentats. Pour eux, seule la guerre sainte fera triompher les droits des Palestiniens. Ils prônent la création d'un État palestinien fondé sur l'islam. La normalisation des relations avec l'État hébreu n'est même pas une option envisageable. Les dirigeants islamistes voudraient répéter l'exploit du Hezbollah libanais. (Pendant les 22 ans d'occupation israélienne au Liban, ce groupe armé a infligé à l'État hébreu de lourdes pertes en vies humaines. Le 24 mai 2000, Tsahal évacuait ses troupes du sud du Liban, un geste interprété comme une victoire du Hezbollah face à la puissante armée israélienne.

Le terrorisme palestinien n'est pas que religieux

Certains groupes armés ne sont toutefois pas islamistes. C'est le cas des Brigades des martyrs Al-Aqsa (proches du Fatah de Yasser Arafat), en voie de devenir le fer de lance de la résistance palestinienne. Il s'agit d'un groupe laïc dont les actions reposent sur des motivations politiques et non religieuses. Elles ont été mises sur pied pour venger les Palestiniens morts au cours des affrontements survenus près de la mosquée Al-Aqsa, sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est, au début de l'Intifada de septembre 2000.

Se tuer au nom d'Allah ou de la patrie

Traditionnellement, les kamikazes se tuaient au nom de leur religion. Fait nouveau, les groupes armés laïcs revendiquent de plus en plus des attentats-suicides, se sacrifiant pour une patrie qu'ils voudraient voir exister.


Rapidement, les groupes palestiniens ont imposé la stratégie des attentats-suicides, qui se sont multipliés par dizaines au fil des mois. Ces attentats, toujours menés contre des innocents dans des lieux publics israéliens, sont actuellement le pire ennemi de tous les processus de paix intervenus dans la région.

Immanquablement, quand apparaît une perspective de paix, si mince soit-elle, un attentat-suicide est commis. Les chefs n'éprouvent aucun mal à recruter des militants prêts à donner leur vie contre Israël.

D'où partent les attentats-suicides?

Depuis le début de l'Intifada, des dizaines d'attentats-suicides ont été perpétrés. Plusieurs des groupes qui les organisent, comme le Hamas et le Djihad islamique, ont leurs bases dans la bande de Gaza. Cependant, les militants qui les ont commis sont tous partis de Cisjordanie. Aucun n'est venu de la bande de Gaza, déjà clôturée par Israël. C'est ce qui explique la décision d'Israël de construire un mur de huit mètres de haut pour isoler la Cisjordanie de la même façon.

Un jour, c'est un chauffeur d'autobus qui fonce sur une foule d'Israéliens. Un autre jour, un Palestinien bardé de dynamite fait une vingtaine de morts dans une foule massée à l'entrée d'une discothèque de Tel-Aviv. Autre exemple parmi les attentats meurtriers, celui perpétré dans une pizzeria située en plein cœur de Jérusalem. Ce sont principalement le Hamas, le Djihad islamique, le Front de libération de la Palestine (FPLP) ou même la Brigade des martyrs d'Al-Aqsa qui les revendiquent, légitimant chaque fois leurs gestes par les dernières représailles israéliennes.

Le culte du martyr

Les militants qui se sacrifient pour la cause palestinienne sont en grande majorité des hommes dans la vingtaine ou un peu plus jeunes. Mais des femmes et des adolescents se sont aussi convertis en kamikazes. La plupart sont affiliés aux groupes islamiques armés du Hamas et du Djihad islamique. Ils sont souvent recrutés dans des écoles, des mosquées et d'autres institutions religieuses. Ceux qui se tuent au nom d'Allah croient que leur sacrifice leur garantira une place d'honneur au paradis. De tels ennemis, qui ne reculent devant rien, pas même devant leur propre mort, sont difficiles à contrôler par Israël. Fait troublant, nombreux sont les enfants qui disent avoir hâte d'atteindre l'âge où ils pourront, à leur tour, devenir martyrs.

Ceux qui meurent sous les balles israéliennes ou dans des attentats-suicides deviennent des héros aux yeux de la population palestinienne. Des milliers de personnes participent aux processions lors des funérailles. Au milieu des tirs des fusils, la foule transporte à bout de bras le corps du défunt, enveloppé dans le drapeau palestinien. Le visage est laissé à découvert, afin d'ajouter au drame.

« Je serai le prochain martyr. […] Je réduirai leurs corps et leurs os en miettes afin qu'ils connaissent le goût de la mort. […] Nous tuerons les sionistes, les occupants, en l'honneur des martyrs, en l'honneur du prophète. »
Hussein Mohammed Tawil, mort au cours d'un attentat-suicide

 

Les groupes palestiniens adoptent également la stratégie des attentats à la voiture piégée contre les Israéliens. Ce type d'attaque est généralement revendiqué par le FPLP et le Djihad islamique. Des véhicules chargés d'explosifs sont stationnés devant des rues passantes ou devant des cibles militaires; la détonation est activée à distance ou à retardement.



« Que c'est beau de tuer et d'être tué, pas d'aimer la mort mais de se battre pour la vie, de tuer et d'être tué pour les vies de la génération suivante. »

Mohammad al-Ghoul, auteur d'un attentat-suicide perpétré en juin 2002

Dans le but de mettre un terme aux attentats, l'État hébreu procède à l'assassinat ciblé de dizaines d'activistes et de responsables palestiniens, exacerbant un peu plus la colère des Palestiniens, qui crient chaque fois vengeance. Lorsque le chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Moustapha al Zibri (mieux connu sous le nom d'Abou Ali Moustapha), est tué, la tension est à son comble. C'est la première fois qu'Israël s'en prend directement au chef d'une faction de l'OLP. Pour se venger, des militants du FPLP assassinent, à la mi-octobre 2001, le ministre israélien du Tourisme, Rehavam Zeevi, un ministre radical. Le conflit atteint alors de nouveaux sommets.

« Crimes contre l'humanité »

« Les attentats à l'endroit de civils violent les principes fondamentaux de l'humanité définis par le droit humanitaire international. »
Amnistie internationale

« Crimes contre l'humanité », « crimes de guerre », voilà comment Amnistie internationale qualifie les attentats-suicides et les autres formes d'attaques palestiniennes à l'endroit de civils israéliens. Généralement plus encline à critiquer Israël, l'organisation dénombre 128 attaques dans lesquelles ont péri au moins 350 civils, dont 60 enfants, depuis septembre 2000. Ces attaques sont des attentats-suicides, des attentats à la bombe, des fusillades ou des attaques à l'arme blanche.

 

La population palestinienne

« Sharon, Sharon, tu auras notre réponse. »
phrase scandée par des milliers de Palestiniens qui participaient aux obsèques d'une femme et de ses trois enfants, tués à Ramallah, en mars 2002

Avant même la reprise des hostilités, en septembre 2000, les Palestiniens se sentent lésés par la colonisation juive (qui s'est étendue depuis la signature des accords d'Oslo, en 1993), par l'occupation israélienne de certains de leurs territoires et par le problème des réfugiés palestiniens. Les représailles israéliennes, notamment les incursions militaires dans les territoires et même dans des camps de réfugiés, ainsi que les bombardements, qui font des victimes parmi les civils, cimentent l'appui de la population palestinienne aux combattants islamistes, perçus comme des groupes de résistance armée face à l'occupation étrangère.

Les organisations humanitaires dénoncent les opérations israéliennes. L'organisation Médecins sans frontières soutient pour sa part qu'on empêche les services d'urgence et le personnel médical de secourir les blessés dans les territoires palestiniens. Selon les organisations palestiniennes, le tiers des victimes palestiniennes ont moins de 18 ans.

 

 

Opération « Rempart »

Entre le 29 mars et le 10 mai 2002, peu après un attentat ayant fait 22 victimes à Netanya, l'armée israélienne lance l'opération « Rempart ». Il s'agit de la plus vaste offensive en Cisjordanie depuis juin 1967. Les troupes de Tsahal occupent notamment Jénine, Bethléem, Ramallah et Naplouse. Les journalistes se voient refuser l'accès à certains sites.

Jénine

Les troupes israéliennes pénètrent entre autres dans le camp de réfugiés de Jénine, ville qu'elles considèrent comme le sanctuaire du terrorisme palestinien. Entre le 3 et le 12 avril, Tsahal et les militants palestiniens se livrent une lutte acharnée, au cours de laquelle Israël perd une vingtaine d'hommes et soutient avoir tué quelques dizaines de terroristes. Les Palestiniens allèguent plutôt que quelque 500 personnes ont été tuées au sein de la population, et ils accusent les Israéliens de massacres.

Selon l'Office de secours aux réfugiés palestiniens (UNRWA), les autorités israéliennes ont empêché les sauveteurs d'accéder au camp, où des résidents ont été ensevelis vivants sous des immeubles effondrés, et ont fermé l'entrée aux engins de déblaiement. L'envoi d'une équipe d'établissement des faits de l'ONU (résolution 1404 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui découle de l'initiative du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan) se heurte au report, puis au refus catégorique d'Israël. Menant leur propre enquête, les organisations de défense des droits de la personne parlent de violations des droits de la personne, de crimes de guerre et d'utilisation de boucliers humains.

« C'est comme si on était dans une zone de séisme, mais cela apparaît à la fois encore plus terrible et plus affreux. C'est presque incroyable que cela ait pu être fait par des êtres humains. »
Joergen Poulsen,
secrétaire général de la Croix-Rouge danoise

***

Pour nuire à la liberté de mouvement des combattants palestiniens, les Israéliens multiplient les points de contrôle et les bouclages de villes, perçus par les Palestiniens comme des humiliations supplémentaires. Ces mesures de sécurité ont été la source de plusieurs incidents, dont certains mortels. Contraintes d'accoucher sur les lieux, plusieurs femmes enceintes, par exemple, ont perdu leur bébé. Se disant victimes d'abus de la part des soldats, les Palestiniens réclament l'arrivée de forces internationales pour les protéger.

L'économie palestinienne exsangue

Depuis le début de la deuxième Intifada, en 2000, le niveau de vie des Palestiniens a atteint un creux sans précédent. La circulation des marchandises et des matières premières est elle aussi entravée. Selon l'ONU, le bouclage des territoires palestiniens cause des pertes quotidiennes estimées à 11 millions de dollars américains par jour et provoque la perte de dizaines de milliers d'emplois. Avant le début de la crise, en septembre 2000, quelque 125 000 Palestiniens travaillaient en territoire israélien. La crise maintient ainsi les Palestiniens dans un chômage endémique (plus de 50 %) et dans des conditions économiques difficiles. Ainsi, près de 65 % des familles vivent sous le seuil de la pauvreté, et 4 foyers sur 10 reçoivent moins de 200 $ par mois. L'Autorité palestinienne a quant à elle cessé de verser les salaires. Par ailleurs, dans l'ensemble, le coût des soins aux blessés de même que les dommages occasionnés aux édifices totaliseraient plusieurs centaines de millions de dollars américains. Pour reconstruire, l'injection de un demi-milliard de dollars sera nécessaire.

600 millions retenus par Israël

Fin juillet 2002, après une opération militaire très critiquée par la communauté internationale, Israël a annoncé une série de mesures destinées à améliorer le niveau de vie de la population palestinienne. Le gouvernement Sharon s'est engagé à dégeler une partie de la somme de 600 millions de dollars destinée à l'Autorité palestinienne. Retenus depuis janvier 2001, ces revenus fiscaux proviennent principalement des taxes et des droits de douane prélevés sur les produits importés dans les territoires palestiniens, mais devant passer par Israël. L'État hébreu accepte cette mesure, à condition que cette somme serve à aider les Palestiniens qui en ont besoin et non à financer les attentats.

Problèmes de malnutrition

Selon une étude de l'Agence américaine pour le développement international (USAID) achevée en juillet 2002, 30 % des enfants palestiniens de moins de 6 ans souffrent de malnutrition. Cette proportion n'était que de 7 % en 2000. Près de la moitié d'entre eux et la moitié des femmes en âge de procréer souffrent d'anémie, allant de faible à modérée. Environ la moitié de la population dépend de l'aide alimentaire pour couvrir ses besoins quotidiens. L'étude a été menée auprès de 1000 Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie.

Dissidence chez les Palestiniens

Si les opérations militaires israéliennes justifient, selon plusieurs Palestiniens, les attentats-suicides, certaines voix dissidentes émergent, comme en fait foi une lettre signée par une cinquantaine d'intellectuels palestiniens, publiée dans le journal Al Quds, en juin 2002. Et ceux qui s'opposent aux attentats sont toutefois souvent perçus comme des traîtres.

« Les attentats-suicides intensifient la haine et agrandissent le fossé entre les peuples palestinien et israélien. [...] Ces explosions ne contribuent pas à la liberté et à l'indépendance. Au contraire, ils donnent de la force aux ennemis de la paix du côté israélien et fournissent au gouvernement Sharon un prétexte pour continuer sa guerre brutale contre notre peuple. »
extrait de la lettre

Mis au point en août 2002 par le ministre israélien de la Défense, Binyamin Ben Eliezer, et le ministre palestinien de l'Intérieur, Abdelrazak al-Yahya, un nouveau plan de retrait est déjà contesté par les extrémistes palestiniens, mais aussi par une partie des Israéliens. Selon les termes de l'accord, les forces de l'ordre palestiniennes auront la responsabilité de préserver le calme dans les secteurs évacués par l'armée israélienne et d'empêcher qu'ils ne servent de base arrière à des attaques. Lorsque les violences auront diminué, l'armée pourrait se replier sur ses positions d'avant septembre 2000.

Yasser Arafat entre l'arbre et l'écorce

Le vieux dirigeant palestinien se retrouve coincé entre l'insatisfaction des Palestiniens et les exigences de l'État hébreu — et de son allié américain — en matière de sécurité. Ces dernières années, Arafat a été accusé par les siens, groupes extrémistes en tête, de faire trop de concessions aux Israéliens. De l'autre côté, Israël l'accuse de rester inactif devant le terrorisme palestinien, et même d'encourager la violence. Même s'il condamne les attentats perpétrés par des Palestiniens, c'est lui, et non les extrémistes, que le gouvernement Sharon blâme pour la tournure des événements. Certains observateurs font valoir qu'il lui est difficile de contrôler les franges extrémistes, d'autres arguent qu'il n'a pas fait preuve de suffisamment de fermeté. Un exemple : quelques jours après le début des affrontements, l'Autorité palestinienne libérait la majorité des détenus du Hamas, un geste vivement condamné par Israël.

« Nous devons les frapper. Nous devons leur infliger des pertes sévères et ils comprendront qu'ils ne peuvent continuer à utiliser la terreur et à réaliser leurs objectifs politiques. »
Ariel Sharon, 5 mars 2002

L'affaire du cargo Karine A

À peine 2002 est-elle amorcée qu'une nouvelle épine s'enfonce dans le pied du leader palestinien : l'affaire du cargo Karine A. Les autorités israéliennes interceptent dans les eaux de la mer Rouge un cargo rempli de 50 tonnes d'armes. Le gouvernement israélien affirme que le chargement provient d'Iran et qu'il est destiné à l'Autorité palestinienne. Yasser Arafat nie toute implication et finira par rejeter la responsabilité sur le Hezbollah libanais. L'affaire est très mal vue à Washington, qui, à partir de ce moment, soutient davantage Israël.


Quant au président de l'Autorité palestinienne, le gouvernement israélien le déclare « hors jeu », refusant désormais de le voir comme un interlocuteur valable. Plusieurs options ont été envisagées par le gouvernement israélien pour se débarrasser de Yasser Arafat. Tout d'abord, on tenta de l'isoler en détruisant son réseau de communication et son quartier général de Ramallah. Puis Israël et George W. Bush, qui refusent de le reconnaître comme un interlocuteur de paix, exigèrent, pour poursuivre les pourparlers de paix, qu'il partage son pouvoir, ce qui fut fait avec la nomination de Mamoud Abbas comme premier ministre de l'Autorité palestinienne. Ce dernier démissionna toutefois de ses fonctions quatre mois plus tard. À court de solution, le gouvernement Sharon décida, en septembre de 2003, de l'exiler et même de l'assassiner. Le tollé provoqué chez les Palestiniens et dans la communauté internationale par cette déclaration força Israël à se rétracter.

« M'expulser? Je mourrai ici. »
Yasser Arafat, 6 juin 2002

***

 

 
LE CONFLIT
Points litigieux
Initiatives de paix
Les groupes armés palestiniens
De 1897 à 2000 :
les sources du conflit
Le conflit en images
LES PALESTINIENS
Vu des territoires
Le Hamas au pouvoir
Mahmoud Abbas
Arafat, le combattant solitaire
LES ISRAÉLIENS
Vu d'Israël
Ariel Sharon
Rabin, la colombe assassinée

Plus de deux ans après son début, le conflit a fait plus de 2000 victimes du côté palestinien.

Selon un sondage réalisé en juin 2002 par le Jerusalem Media and Communications Centre, 7 Palestiniens sur 10 appuient les attentats-suicides.