Nouvelles / Dossiers / Israël


Journalistes : Aïda Zénova et Sophie-Hélène Lebeuf


Chronologie des événements qui ont mené
à la fondation de l'État juif

Bien que l'État israélien ait été créé le 14 mai 1948, son histoire moderne remonte aux débuts du mouvement sioniste fondé, en 1897, par Théodore Herzl au congrès de Bâle, en Suisse. Quelque 200 délégués juifs d'Europe, d'Afrique du Nord, d'Amérique et d'ailleurs y signent l'acte de naissance d'Israël.

Les sionistes souhaitent la Palestine comme lieu du futur foyer national des Juifs. Mais cette terre appartient au sultan de Constantinople et lui seul peut l'accorder. Les dirigeants du mouvement sioniste s'emploient à persuader la Sublime Porte de « restituer » la Palestine aux Juifs. Ils proposent même de l'acheter. Dans les années qui suivent, plusieurs territoires d'accueil sont envisagés pour le futur État des Juifs : Chypre, le Sinaï, une colonie juive en Égypte.

Le secrétaire d'État aux Colonies de Grande-Bretagne, Joseph Chamberlain, propose formellement l'Ouganda (en Afrique orientale). L'offre est de taille. Pour la première fois dans l'histoire du judaïsme, un État souverain accepte d'apporter une solution politique à la question juive. Aux yeux de certains, le lieu du futur foyer national importe peu. Si la Palestine n'est pas disponible, l'Ouganda ferait l'affaire. Mais pour plusieurs, dont Chaïm Wizmann, qui sera le premier président israélien, et David Ben Gourion, futur premier ministre de l'État, c'est en Palestine, berceau du judaïsme, que les Juifs doivent se rassembler.

À la veille de la Première Guerre mondiale, la Palestine compte 590 000 habitants, dont 57 000 Juifs.

Le 2 novembre 1917, Lord Arthur James Balfour, secrétaire d'État aux Affaires étrangères de Grande-Bretagne, annonce que Londres « envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif », ce qui encourage l'immigration juive, soutenue par le Fonds national juif.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations confie à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine pour aider les Juifs à « reconstituer leur foyer national dans ce pays ». Les Juifs continuent à s'implanter sur des terres rachetées à bas prix par le Fonds national juif. Bénéficiant de l'aide financière de la diaspora et d'une bonne formation, les colons juifs sont soudés par leur volonté de faire fructifier la Terre promise des Hébreux. La fracture avec les Arabes palestiniens s'agrandit au fur et à mesure qu'augmente le niveau de vie des colons et que s'accroît leur nombre.

1920 — La Conférence de San Remo confirme la déclaration Balfour.

1922 — Première révolte arabe et premier Livre blanc britannique, qui exclut l'idée d'un État juif.

1927 — Création de l'Agence juive chargée de l'émigration des Juifs en Palestine.

1929 — La violence entre Juifs et Arabes devient systématique.

1933 — Adolf Hitler prend le pouvoir en Allemagne et l'immigration des Juifs européens, fuyant les persécutions nazies, s'accélère.

1936 — Début d'une révolte générale des Arabes contre les Juifs. Ces derniers organisent leur milice d'autodéfense, la Haganah. Aux attentats arabes contre les colonies juives répondent les attentats perpétrés contre la population arabe par l'Irgoun, organisation clandestine sioniste extrémiste. À partir de 1939, les actions terroristes de l'Irgoun sont également dirigées contre les fonctionnaires britanniques.

1937 — La Grande-Bretagne propose une partition de la Palestine, ce que refusent les sionistes.

1939 — Le gouvernement britannique publie un Livre blanc interdisant l'achat de terres par les Juifs et limitant l'immigration à 75 000 personnes sur cinq ans. Une immigration illégale est alors organisée et la Haganah recourt à son tour au terrorisme.

1947 — L'affaire de l'Exodus marque le début d'un conflit ouvert entre Juifs et Britanniques. Le bateau Exodus, transportant des Juifs vers la Palestine, est repoussé devant les côtes palestiniennes par la marine britannique. La Grande-Bretagne décide de se retirer de la région et confie la question de l'avenir de la Palestine aux Nations unies.

Le 28 avril, l'Assemblée générale de l'ONU charge une commission d'enquête spéciale de lui faire des recommandations. Le United Nations Special Committee on Palestine (UNSCOP) est composé de représentants de 11 États « non directement concernés » (Australie, Canada, Guatemala, Inde, Iran, Pays-Bas, Pérou, Suède, Tchécoslovaquie, Uruguay, Yougoslavie). L'UNSCOP remet ses conclusions en septembre et recommande la création de deux États en Palestine.

Le 29 novembre 1947, l'ONU vote un plan de partage. Trente-trois pays votent pour, 13 contre et 10 pays s'abstiennent. Le plan prévoit un régime de tutelle internationale pour Jérusalem (100 000 Juifs et 105 000 résidents arabes), garantit les droits des minorités et les droits religieux, y compris le libre accès aux Lieux saints et leur préservation. Le plan prévoit également l'union économique entre les deux États : union douanière, système monétaire commun, administration unique des principaux services, accès égal aux eaux et sources d'énergie.

Le plan est accepté par les dirigeants sionistes, mais refusé par les Arabes palestiniens et par les États membres de la Ligue arabe. Les combats s'intensifient entre les deux communautés.

15 mai 1948 — Le mandat britannique prend fin. Le même jour, David Ben Gourion proclame l'indépendance de l'État d'Israël. La proclamation dit : « En tant que membres du conseil national représentant le peuple juif en Palestine et le mouvement sioniste mondial, nous nous sommes réunis solennellement en ce jour de l'expiration du mandat britannique sur la Palestine pour proclamer l'établissement d'un État juif en Terre sainte, lequel portera le nom d'Israël conformément aux droits naturels et historiques du peuple juif et à une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies. »


Suite du dossier