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Qu'est-ce que l'électricité thermique?
Le mot thermique provient du mot grec signifiant chaleur. L'électricité thermique est de l'électricité produite grâce à l'action de la chaleur. Les centrales thermiques brûlent des combustibles fossiles tels que le charbon, le gaz naturel ou le pétrole et produisent de l'électricité grâce à la vapeur d'eau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En vertu du protocole de Kyoto, les industries qui auront augmenté leurs émissions de GES devront acheter des permis sur un marché qu'Ottawa compte mettre sur pied.

Le thermique



Après avoir vanté pendant des années son recours à la production d'une énergie propre, l'hydroélectricité, Hydro-Québec semble être maintenant tentée par une nouvelle filière : le thermique. Pourtant, le thermique pollue et va même à l'encontre de la politique des gaz à effet de serre du Québec.

Les deux tiers des Québécois s'opposent au nouveau projet soumis par la société d'État : la centrale thermique du Suroît, à Beauharnois. Tout comme les environnementalistes et, même, les ingénieurs d'Hydro. Bref, le projet est loin de faire l'unanimité.

Mais le pdg d'Hydro-Québec, André Caillé, demeure convaincu que le projet d'une centrale comme celle du Suroît est essentiel pour combler les besoins énergétiques du Québec. Il estime que la centrale pourrait fournir de l'énergie à une ville de 250 000 clients supplémentaires.

« C'est mon travail de les convaincre. […] Je ne voudrais pas, moi non plus, vivre dans un parc automobile de plus de 600 000 voitures. Mais ce n'est pas le cas. Une usine thermique de cette qualité n'est pas polluante. » -André Caillé, président–directeur général d'Hydro-Québec, se prononçant sur le dossier de l'usine du Suroît, février 2004


Quant au premier ministre québécois, Jean Charest, qui a dû reculer devant le projet face au mécontentement populaire, il dit maintenant attendre le rapport de la Régie de l'énergie. Celle-ci a été mandatée pour évaluer les besoins énergétiques de la province pour les années à venir et pour étudier les solutions de rechange au Suroît. Les groupes écologistes et sociaux ont jusqu'au 30 juin pour déposer leurs mémoires. La Régie doit remettre son rapport au gouvernement pour la fin septembre.

« Ce que j'ai dit, c'est qu'une démarche était prévue et que la Régie de l'énergie, un organisme indépendant, allait nous éclairer sur ce sujet. Après, on prendra ça un pas à la fois. » - Le premier ministre, Jean Charest, avril 2004




LE SUROÎT, OU LE NERF DE LA GUERRE

  • Construite au coût de 550 millions de dollars à Beauharnois, en Montérégie, cette centrale au gaz naturel serait sous la responsabilité de General Electric, alors qu'Hydro-Québec Production assumerait l'achat du gaz naturel nécessaire à la centrale ainsi que la vente de l'électricité sur les marchés.
  • Le Suroît émettrait 2,25 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année dans le ciel québécois, faisant augmenter de 2,5 % les émissions de GES totales du Québec. Or, en vertu du protocole de Kyoto, le Québec s'est engagé à réduire de 6 %, par rapport à 1990, ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2012.
  • L'électricité produite par la centrale coûterait à Hydro 6 à 7 ¢/kWh, ce qui équivaudrait à une subvention de centaines de millions de dollars sur une période de 25 ans. Les tarifs d'Hydro-Québec augmenteraient 2 fois en 2004, pour une hausse totale de 4,4 %.

LE POINT DE VUE D'HYDRO-QUÉBEC

Hydro considère qu'une centrale au gaz naturel est à privilégier pour les exigences du marché à court et à moyen terme. Son coût concurrentiel, son efficacité, sa mise en service rapide et ses impacts réduits sur l'environnement, par rapport à des centrales thermiques au charbon ou au mazout, constituent d'autres avantages. Si rien n'est fait, dit André Caillé, le Québec dépendra d'importations d'électricité en provenance des centrales au charbon des États-Unis, qui sont très polluantes.

La société reconnaît que le principal inconvénient de ce type de centrale est l'émission d'une grande quantité de gaz à effet de serre (GES). Mais le grand patron d'Hydro voit le problème d'un autre il : selon lui, le projet du Suroît entraînerait une baisse globale des émissions de gaz à effet de serre, du moins à long terme.

« Si on empêche d'importer de l'électricité [de source encore plus polluante] en faisant le Suroît, il n'y pas d'augmentation, mais une diminution des émissions [totales] de gaz à effet de serre (GES) dans le Nord-Est américain », a-t-il fait valoir.

Hydro affirme d'ailleurs avoir tenu compte à ce sujet des objections du Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE) et, même, avoir amélioré son projet en utilisant une nouvelle technologie de pointe. Celle-ci permettrait en fait de diminuer de 0,3 % les GES par rapport au projet initial, qui prévoyait une augmentation de 2,8 %.

Malgré tout, la société évoque la possibilité d'acheter des crédits pour accroître ses émissions de gaz à effet de serre (GES), après la mise en exploitation de la centrale au gaz naturel du Suroît. Selon un des scénarios à l'étude par des fonctionnaires fédéraux, le coût annuel d'exploitation de la centrale augmenterait ainsi pour Hydro de 22 millions de dollars.


LES OPPOSANTS

Une grande partie de la population québécoise

Un sondage mené en février 2004 par la firme Léger Marketing pour le compte du groupe écologiste Greenpeace révèle que 2 Québécois sur 3 (67 %) sont « plutôt » ou « totalement » contre le projet de centrale thermique du Suroît. Selon le sondage, le projet d'Hydro-Québec ne recueille l'appui que de 25 % de la population québécoise. Seulement 4 % des personnes interrogées se disent « totalement en accord » avec la construction de cette centrale.

Le sondage a été mené auprès de 1005 répondants, entre les 28 et 31 janvier. Le taux de réponse a été de 64,8 %. Il comporte une marge d'erreur de plus ou moins 3,4 %, 19 fois sur 20.

Le 1er février, plus de 4000 personnes s'étaient donné rendez-vous devant le siège social d'Hydro-Québec, à Montréal, pour manifester leur opposition au projet du Suroît.


La population de Beauharnois

« Au moins 80 % de la population ne veut pas de ce projet. Alors, comme j'ai été élu pour écouter mes citoyens et les servir, je me dois de respecter leur volonté. » -Daniel Charlebois, maire de Beauharnois

À la demande des citoyens, le conseil municipal de Beauharnois a décidé de retarder l'adoption d'une modification de zonage devant permettre la construction de la centrale thermique du Suroît, du moins jusqu'à l'avis final de la Régie de l'énergie. Le maire de Beauharnois, Daniel Charlebois, considère qu'Hydro-Québec n'a pas transmis suffisamment d'informations à la population sur les retombées environnementales de la centrale.

Beauharnois envisage d'ailleurs de soumettre cette modification à un référendum municipal, tellement elle est contestée dans la région. Une pétition contre le Suroît, composée de 2000 noms, a d'ailleurs été remise aux autorités en février 2004.

Toutefois, si la Régie de l'énergie donnait son aval, le gouvernement Charest pourrait alors soumettre à l'Assemblée nationale une loi spéciale pour forcer la municipalité de Beauharnois, de 12 000 habitants, à modifier son règlement de zonage.

Les ingénieurs d'Hydro-Québec

Prenant rarement position dans des dossiers controversés, les ingénieurs d'Hydro ont rejoint les scientifiques de la société d'État, en janvier 2004, dans le mouvement d'opposition à la centrale thermique du Suroît, en demandant à Hydro de « reconsidérer sa décision de construire » cet équipement qui « n'a absolument pas sa raison d'être et […] qui va complètement à l'encontre du bon sens environnemental et économique ».

Selon d'autres scientifiques d'Hydro (Syndicat professionnel des scientifiques de l'Institut de recherche d'Hydro-Québec, l'IREQ), le projet du Suroît équivaudrait à la pollution de 600 000 voitures supplémentaires sur les routes du Québec. Ceux-ci soulèvent également le risque financier rattaché à la volatilité et à l'imprévisibilité des coûts du gaz naturel. L'Association des ingénieurs-conseils du Québec soutient quant à elle que les retombées économiques de l'exploitation d'une centrale à cycle combiné sont faibles pour le Québec, qui ne produit pas de gaz naturel ni le matériel spécialisé pour ce type d'installation.

Les groupes environnementaux

Selon ces groupes, le projet du Suroît est « en contradiction totale avec l'engagement gouvernemental en faveur du protocole de Kyoto » et les principes et priorités de la Politique énergétique du Québec. Adoptée par le gouvernement du Québec en 1996, cette politique exige de tenir compte des critères du développement durable dans les choix des filières énergétiques. Par ailleurs, les environnementalistes disent ne pas comprendre d'où vient le contexte d'urgence utilisé pour justifier la construction de la centrale du Suroît.

« Contrairement à ce que clament les dirigeants d'Hydro-Québec et le ministre des Ressources naturelles, M. Sam Hamad, le gaz naturel n'est pas propre. Sa combustion entraîne l'émission de polluants qui contribuent au smog urbain, aux pluies acides ainsi qu'à la dégradation de la qualité de l'air. » - Greenpeace


Le Bureau d'audience publique (BAPE)

En janvier 2003, le BAPE recommande le rejet du projet de centrale thermique du Suroît parce qu'il va à l'encontre de l'engagement du gouvernement québécois de respecter le protocole de Kyoto et qu'il est donc trop polluant :

« La Commission considère que l'exploitation de la centrale du Suroît augmenterait de façon substantielle le bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec. La contribution relative de la centrale représenterait entre 2,5 % et 2,8 % des émissions totales du Québec en 1998. Les émissions de GES de la centrale équivaudraient à la moitié de la hausse des émissions de GES attribuables au transport entre 1990 et 2000, ou encore aux efforts combinés de réduction consentis dans les secteurs de l'industrie et de l'électricité durant la même période. » -Rapport d'enquête et d'audience publique, BAP, janvier 2003

Le BAPE n'ayant qu'un pouvoir de recommandation, il revenait donc à Québec de prendre une décision sur le projet. Peu de temps après, le Conseil des ministres autorisait, par décret, la construction de la centrale.

UN AUTRE PROJET THERMIQUE : BÉCANCOUR

  • Le 16 avril 2004, le Bureau des audiences publiques refuse timidement le projet de centrale thermique de Bécancour. Bien que le BAPE conclue que la centrale n'aurait pas d'effets significatifs sur la qualité de l'air ambiant, sur le climat sonore de même que sur la santé, il estime que le projet ne devrait être qu'une solution de dernier recours.
  • En fait, le projet déroge, tout comme le Suroît, à deux grandes orientations adoptées par le gouvernement du Québec, soit la Politique de l'énergie et le protocole de Kyoto. Cette centrale générerait, annuellement, 1,5 million de tonnes de GES.
  • Hydro-Québec comptait sur cette centrale pour combler les besoins en électricité des Québécois dès 2006. Le projet, qui pourrait voir le jour à la fin de l'année 2006, est évalué à quelque 500 millions de dollars et aurait des retombées économiques de 16 millions.
  • Le ministre Thomas Mulcair a affirmé qu'il ne ferait aucune recommandation au Conseil des ministres avant que la Régie de l'énergie n'ait remis son rapport sur le projet du Suroît. Hydro-Québec a déjà reçu l'approbation de la Régie de l'énergie pour ce projet en 2002.

« Selon les données fournies par Hydro-Québec dans son plan stratégique 2000-2004, une centrale au gaz naturel, même efficace, rejette entre 20 et 100 fois plus de CO2 (GES) dans l'air qu'un barrage hydroélectrique, 80 fois plus de SO2 (pluies acides) et 40 fois plus d'oxydes d'azote (Nox et smog). » -Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 19 décembre 2003

LE THERMIQUE EN BREF

Les avantages

Les désavantages

Mise en service rapide

Coût d'exploitation en partie variable lié à l'utilisation d'un combustible

Faible coût et délai de développement

Génère des émissions atmosphériques

Facteur d'utilisation élevé

Impact visuel important

Situé près des marchés de consommation

 

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