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Économie

Hyperliens
Un pays dans l'impasse

Journaliste :
Anne Bergerot et
Nicolas Duguay
Design et intégration :
Étienne Bienvenu

Dernière mise à jour : janvier 2006


Au printemps 2004, alors que le pays devait célébrer le bicentenaire de son indépendance et de la proclamation de la toute première république noire du monde, tombait le gouvernement de Jean-Bertrand Aristide; depuis, la communauté internationale peine à reconstruire un semblant de démocratie dans ce qui fut jadis la « perle noire des Antilles ».

En effet, depuis la chute d’Aristide, cet ancien « petit curé des bidonvilles » qui a incarné, un temps, les espoirs de démocratie du peuple, l’État haïtien ne répond plus.

La mise en place du gouvernement provisoire de Gérard Latortue, en avril 2004, et ce, avec l’aval de la communauté internationale, n’a pu jusqu’à maintenant freiner la déliquescence des institutions politiques, civiles et juridiques du pays, déjà mises à mal par des années de régimes autoritaires.

Aujourd’hui, la capitale Port-au-Prince se retrouve aux mains de bandes armées qui se livrent, dans certains grands bidonvilles telle la tristement célèbre Cité Soleil, au lucratif « commerce » de l’enlèvement. Entre mars et décembre 2005, près de 2000 personnes ont ainsi été enlevées par des groupes criminels, malgré la présence d’un fort contingent de militaires des Nations unies.

Le système de justice est littéralement figé, tandis que les prisons du pays débordent de détenus en attente de procès; le système scolaire, ou du moins ce qu’il en reste, va d’une grève à une autre; les conditions sanitaires sont tout simplement désastreuses et la distribution d’eau et d’électricité est au mieux erratique.

Selon le directeur général de la Police nationale d’Haïti, Mario Andrésol, c’est le quart des 5600 policiers placés sous ses ordres qui est impliqué dans divers trafics et enlèvements.

Les critiques fusent de toutes parts, les uns accusant la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (MINUSTAH) d’être responsable de l’insécurité en raison de son incompétence, les autres reprochant à certains candidats à l’élection présidentielle de financer leurs campagnes électorales grâce aux enlèvements. Et c’est sans compter la grogne de la population haïtienne qui regarde, impuissante, le Conseil électoral provisoire se buter à l’organisation d’élections sans cesse repoussées.

La communauté internationale a d’ailleurs sommé le gouvernement provisoire de Gérard Latortue de fixer au plus vite un calendrier électoral, avec le 7 février comme date butoir pour un premier tour.

En raison de « problèmes techniques », les élections présidentielles ont déjà été reportées à quatre reprises, passant du 13 novembre 2005 au 20 novembre, pour ensuite être repoussées au 27 décembre et au 8 janvier.

Le suicide, le 7 janvier dernier, du commandant militaire de la MINUSTAH, les enlèvements qui se poursuivent et les critiques ouvertes des dirigeants de l’opposition qui reprochent à l’ONU de ne pas les avoir consultés avant de fixer la date du 7 février laissent croire à nombre d’observateurs, sceptiques, qu’Haïti a bien du chemin à faire avant de goûter à la démocratie…