La mouvance raciste, les néonazis

 
Le premier amendement de la Constitution des États-Unis


« Le Congrès ne pourra faire aucune loi concernant l'établissement d'une religion ou interdisant son libre exercice, restreignant la liberté de parole ou de la presse, ou touchant au droit des citoyens de s'assembler paisiblement et d'adresser des pétitions au gouvernement pour le redressement de leurs griefs. »
Les dix premiers amendements de 1791 constituent la Déclaration des droits (Bill of Rights)

Les groupes de la mouvance néonazie et suprématiste blanche sont considérés par les autorités américaines comme étant potentiellement les plus dangereux parmi les extrémistes. Ils sont nombreux et puissants, parfois ouvertement violents. Ironiquement, après avoir gagné la guerre contre le nazisme hitlérien, les Américains ont contribué à alimenter la mystique néonazie et sont la source d'innombrables livres de propagande de cette tendance.
Il existe un grand nombre de groupes de la mouvance néonazie et raciste, mais selon le US News, si la droite radicale a un ambassadeur, c'est William Pierce, le chef de la National Alliance.

Comme nous le verrons, le premier amendement de la Constitution du pays protège la liberté d'expression, donnant ainsi toute la latitude à ceux qui partagent cette vision du monde. Les membres de ces groupes partagent les idéaux racistes, le révisionnisme historique pour certains (négation de l'Holocauste), le culte de la race « aryenne » et, bien entendu, la haine des Juifs.

 

 


Hyperlien :


Ses principes généraux
(site de l'Alliance)
 

L'Alliance nationale (National Alliance)

L'Alliance nationale est profondément raciste et antigouvernementale. Elle évolue au cœur de la mouvance néonazie. William Pierce, qui a fondé le mouvement en 1974, répand ses idées en Europe, et surtout en Allemagne. Son influence est grande. Il anime plusieurs émissions de radio à caractère raciste.

Cet homme est d'autant plus dangereux qu'il sait s'adapter au changement, aux époques. En 1999, il a fait l'acquisition d'une maison de disques, Resistance Records, qui a la réputation d'être le plus gros diffuseur de CD néonazis au monde. Des titres comme « Too white for you » donnent une idée de la philosophie de l'entreprise. L'un de ses plus grands marchés est celui des skinheads racistes européens. Son autre moyen de choix pour disséminer les idées du regroupement : la distribution de tracts sur les campus et dans les collèges.

 

 
  William Pierce est l'auteur des Turner Diaries




Le livre de chevet de McVeigh, la bible de l'extrême droite. L'action se situe en 1989. Une loi vient d'interdire les armes à feu, mais un homme, le héros, résiste. Il finit par faire sauter le quartier général du FBI et par livrer une guerre raciale à l'échelle mondiale.
 

De l'avis des observateurs, la force de l'Alliance réside dans sa maîtrise des nouvelles technologies et dans son utilisation massive d'Internet comme moyen de diffusion.


« Le mélange des races est un crime plus grave que le meurtre. »


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L'Aryan Nations :

L'Aryan Nations, dont le nom complet est Aryan Nations Church of Jesus Christ, est un groupe paramilitaire de la mouvance néonazie dont la base se situe dans l'Idaho rural. C'est un regroupement très puissant, considéré par beaucoup comme le plus dangereux parmi les groupes néonazis. À sa tête, Richard Butler, un antisémite à plein temps.

 
  Richard Butler, un chef très suivi.



(Photo : Le Point)
 

La plate-forme politique de l'Aryan Nations comprend des articles accordant la citoyenneté, le droit de vote, d'expression et de travail aux seuls « aryens ». Il prévoit le bannissement des Juifs des États-Unis et la saisie de leurs biens.


Les membres de ce groupe n'hésitent pas à proclamer qu'eux seuls sont les véritables Israélites, et que les Juifs sont les enfants de Satan. Ils se servent de la bible pour étayer les théories les plus extrêmes.

Comme c'est le cas pour plusieurs autres groupes, son financement est assuré par des dons privés, mais aussi et surtout par les ventes d'une myriade de publications à caractère haineux qui trouvent leurs débouchés chez des individus insatisfaits de leur lot. Beaucoup de ces publications aboutissent en Allemagne.




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Le mouvement pour « l'Identité » :

Ce mouvement qui regroupe des individus et groupuscules de plusieurs États juge que les Européens blancs constituent le peuple élu. Les Juifs, pour eux, sont les enfants de Satan et les Non-Blancs sont des sous-humains. Dans leur esprit, les écritures saintes justifient pleinement la haine des Juifs. Ce mouvement a des bases au Colorado et en Idaho. Parmi les leaders, on retrouve d'anciens membres du Klu Klux Klan.



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World Church of the Creator :

Malgré son nom, ce groupe antisémite rejette le christianisme au profit d'une croyance entièrement basée sur la suprématie de la race blanche. Son fondateur, Ben Klassen, s'est suicidé en 1993, ce qui a donné un dur coup au groupe. C'est un autre radical, Matt Hale, qui l'a fait renaître dans toute sa vigueur en 1996. Sa base se situe en Illinois.

L'un de ses membres a tué deux hommes appartenant à des minorités et en a blessé huit autres en 1999. Il s'est ensuite suicidé.



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Le Liberty Lobby :

Fondé en 1995 par Willis Carto, ce mouvement demeure l'un des groupes les plus influents et les plus actifs en matière de propagande antisémite. Il contribue grandement à l'expansion des milices américaines par ses publications. Son hebdomadaire, The Spotlight, est publié à 100 000 exemplaires, et il diffuse des émissions nationales de radio.



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  Beaucoup de regroupements ont marché dans les traces du Klu Klux Klan. Bien des leaders de groupuscules racistes et néonazis ont été formés à cette école.  

The Church of the American Knights of the KLU KLUX KLAN (une aile du KKK)

Une valeur sûre du racisme, mais qui a perdu du terrain : Le Klu Klux Klan. C'est à l'aube de la guerre civile que naquit le mouvement, maintenant dédié au racisme dans toutes ses expressions, et prônant l'idée que les États doivent détenir le pouvoir, non Washington.


 
 
Le leader actuel des American Knights du KKK est Jeff Berry, de l'Indiana.
 

Les plus actifs à l'heure actuelle sont les American Knights. Ils sont particulièrement nombreux en Ohio et en Indiana, où ils tiennent des manifestations quasi hebdomadaires et se heurtent parfois aux forces civiles antiracistes. Ils s'attachent à recruter de nouveaux membres parmi les jeunes.

Au début, le Klu Klux Klan :

Le KKK n'était pas au départ un organisme voué au racisme. C'est dans l'ennui d'une petite ville du Tennessee, autour d'un feu de camp, un soir de décembre 1865, qu'un groupe de six jeunes gens pleins de projets pour une société nouvelle se sont regroupés. Remplis d'idées, ils ont créé une société secrète, avec des titres et une hiérarchie pour ses membres, en bonne partie pour s'amuser. Par exemple, le chef du groupe était nommé le Grand Cyclope. Pour corser un peu le tout, on se dota de costumes et d'un langage secret. On sillonna les rues tranquilles de la petite ville, semant l'inquiétude. Leurs rites ressemblaient à ceux d'initiation des collèges et des fraternités.

Ce n'est qu'un peu plus tard que le regroupement se tourna vers les valeurs de haine et d'exclusion, pour devenir rapidement le symbole puissant de l'intolérance et du racisme.

Par exemple, en 1925. le Ku Klux Klan montre son influence en organisant à Washington une marche réunissant quelque 40 000 personnes cagoulées.




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The Order : un ordre disparu qui a encore de l'influence

Robert Jay Matthews, dans l'état de Washington, a fondé en 1983 l'une des plus meurtrières organisations terroristes néonazies de l'Amérique : The Order, qui a été responsable de plusieurs vols importants de lingots d'or, de nombreux meurtres, dont celui de l'animateur de radio Alan Berg, et d'un affrontement sanglant avec la police.

Les membres s'inspiraient beaucoup de l'Alliance nationale et des écrits de William Pierce (The Turner Diaries), allant jusqu'à reproduire certains actes criminels décrits dans le livre. Le groupe a été démantelé au milieu des années 80, mais plusieurs de ses membres distillent encore leurs idées depuis les cellules où ils sont toujours enfermés.



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Les skinheads :

Notez bien que tous les skinheads ne sont pas racistes ou suprématistes. Ceux qui le sont forment des groupes aux associations mouvantes que l'on retrouve dans plusieurs regroupements du mouvement raciste, néonazi et suprématiste.

Le mouvement skinhead est né en Grande-Bretagne.

Aux États-Unis, après un développement assez lent au début des années 80, il a pris de l'ampleur, se divisant en plusieurs tendances, dont des modérés et des skinheads néonazis.

 
  Tom Metzer :


 On retrouve son portrait en vedette sur le site Internet du regroupement. Selon ses propres mots, le leader a déjà passé 45 jours derrière les barreaux à Los Angeles pour avoir participé à une cérémonie au cours de laquelle une croix fut brûlée. Il a été de nouveau emprisonné pendant cinq jours, avec son fils, en 1992 à Toronto (Don Jail), après avoir livré un discours jugé haineux par les autorités canadiennes.
 

Selon le Centre for Democratic Renewal, qui surveille les activités des groupes extrémistes aux États-Unis, le courant skinhead d'extrême droite est organisé en sections régionales affiliées à des groupes néonazis, particulièrement le White Aryan Resistance (WAR). Son leader, Tom Metzer, un ancien technicien en électronique, est aussi un ancien leader du Klu Klux Klan. De nombreux skinheads de cette tendance sont affiliés au Klu Klux Klan.

Le recrutement des membres de regroupements skinheads s'effectue à l'intérieur des prisons où des réseaux de groupes partisans de la suprématie blanche se sont constitués.

Un autre pôle politique des skinheads : les Aryan Nations de Richard Butler. Les skinheads néonazis opèrent à travers des réseaux plus ou moins articulés et changent souvent de nom, d'apparence même, pour échapper à la surveillance des autorités. Le culte de la violence fait partie de leur mode de vie.

Les skinheads proviennent de toutes les classes sociales, mais surtout de la classe moyenne. Les bandes de skinheads s'affrontent souvent entre elles. La violence qui les anime s'exprime aussi dans leur musique.


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Journaliste : Florence Meney
Intégration : Martin Rancourt