Journaliste : Alain Labelle

C’était il y a 40 ans. Le 20 juillet 1969, l'Américain Neil Armstrong pose le pied sur la Lune et atteint du même coup le défi lancé huit ans plus tôt par le président John F. Kennedy « de mettre un Américain sur la Lune avant la fin de la décennie ».

 

« Je suis persuadé que cette nation doit se consacrer à l'objectif, avant la fin de cette décennie, d'envoyer un homme sur la Lune et de le faire revenir en vie sur Terre. Aucun autre projet de l'espèce humaine ne pourra être plus impressionnant, ou plus important pour l'avenir de l'exploration spatiale. »

— Président John F. Kennedy, devant le Congrès, 25 mai 1961

 

Contexte politique
La guerre froide entre l'Union Soviétique et les États-Unis est à son apogée, mais les Soviétiques semblent prendre les devant dans la course spatiale après la mise en orbite en 1957 du premier satellite, Spoutnik, suivi en 1961 du premier homme dans l'espace, Youri Gagarine. Le président Kennedy juge que les intérêts américains sont menacés et estime que le pays doit réagir. La NASA met ainsi en branle le programme Apollo pour réaliser le souhait du président.

 

L’épopée d’Apollo 11

La NASA relève le défi lors de la mission Apollo 11 à laquelle participent les astronautes Neil Armstrong, Michael Collins et Edwin « Buzz » Aldrin.

Le trio décolle à 9 h 32 le 16 juillet 1969 du cap Canaveral, en Floride, à bord du vaisseau Apollo propulsé en orbite terrestre par une fusée Saturne 5. 

Après s’être séparé de cette dernière, Apollo prend la direction de la Lune et est placé dans son orbite 76 heures après le début de la mission.

Les astronautes Armstrong et Aldrin prennent ensuite place dans le module lunaire (Aigle) et préparent leur descente historique vers le seul satellite naturel de la Terre.

L’Aigle se détache du module de commande environ 100 heures après le début de la mission pour amorcer une descente qui s’avère très hasardeuse.

En effet, en raison d'un retard de quelques dixièmes de seconde à l'allumage du moteur de descente du module, sa trajectoire est légèrement modifiée, ce qui oblige Neil Armstrong à prendre le contrôle manuel du module lunaire pour trouver un site adapté. Cela prolonge dangereusement le vol, si bien qu'il ne reste que 16 secondes de carburant au moment où l’appareil se pose finalement.

Un milliard d’humains retiennent leur souffle, rivés à leur téléviseur, après cette descente tumultueuse.

« Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle a atterri ». Cette phrase historique, Neil Armstrong la prononce à 16 h 18 (HE), le 20 juillet 1969.

Environ six heures plus tard, après un premier repas lunaire, le duo (Michael Collins est resté en orbite dans le module de commandement) précipite les événements et décide de sortir plus tôt que prévu afin d’explorer la surface lunaire.

L’humanité assiste alors en direct aux premiers pas d’un Terrien sur la Lune. Il est 10 h 56 (HE) lorsqu’une caméra placée sur le module lunaire permet de suivre les premiers pas de Neil Armstrong sur la surface lunaire. Son collègue le suit une vingtaine de minutes plus tard.

Les deux explorateurs restent à l’extérieur pendant 2 h 30. Ils plantent un drapeau des États-Unis, installent une plaque d'acier avec un message de paix, procèdent à quelques expériences et collectent plus de 20 kilos de sol lunaire, avant de reprendre le chemin de l’Aigle.

Après une ascension sans problème vers le module de commande, le trio remet le cap vers la planète bleue et plonge dans l’océan Pacifique près d’Hawaii, 195 heures après son décollage du cap Canaveral.

Avec le succès de la mission Apollo 11, le souhait du défunt président Kennedy est exaucé.

Dans la conférence de presse qui suit le vol, Neil Armstrong affirme que l’événement correspond « au début d’une nouvelle ère », tandis que son collègue Michael Collins rêve à un voyage vers Mars.

Il y a eu depuis cinq autres atterrissages sur la Lune, le dernier date du 17 décembre 1972, il y a plus de 35 ans.

 

Le saviez-vous ?
Le projet Apollo a coûté environ 25 milliards de dollars à l’époque, ce qui équivaut aujourd'hui à environ 115 milliards.  C’est plus de 6 fois le budget actuel de l’agence spatiale.

 

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