Terre-Neuve : la première à se lancer dans la course ?

Le premier ministre de Terre-Neuve, Roger Grimes, pourrait-il bientôt briser le consensus des provinces, en décidant d'exporter massivement son eau potable ?

 

« Si c'est faisable, et dans le meilleur intérêt des Terre-Neuviens, nous devrions le faire. Peu importe si d'autres gouvernements ont conclu le contraire à cette étape. »
— Roger Grimes


Chose certaine, des acheteurs étrangers se seraient montrés intéressés à acheter l'eau du Lac Gisborne, et Roger Grimes dit sérieusement songer à cette possibilité. De plus, lors de la mission commerciale d'Équipe Canada tenue à Atlanta, en mai 2001, le premier ministre terre-neuvien n'a pas caché son intérêt à vouloir vendre de l'eau à cette ville du sud-est américain.


Mais Roger Grimes a-t-il vraiment l'intention d'exporter son eau ? Certains croient qu'il se sert de cette menace pour obtenir simplement plus d'argent d'Ottawa.

Le projet du lac Gisborne


* L'homme derrière ce projet : Jerry White, président du Groupe McCurdy.

* Le projet : exporter 52 milliards de gallons d'eau par année, qui serait puisée dans le lac Gisborne.

* Pour les chômeurs : l'arrivée de ce projet est perçue comme un véritable signe d'espoir, car le moratoire sur la pêche à la morue établi en 1992 a fait très mal à la région. Le taux de chômage atteint aujourd'hui 40 %.

* Pour les opposants au projet : ils ne veulent pas « d'un deuxième désastre environnemental », en rappelant celui de la pêche à la morue.

* Au début de l'année 1999, le gouvernement Tobin a fixé un moratoire sur l'exportation d'eau dans la province, rendant ainsi le projet caduc.

* Ce moratoire faisait suite à la nouvelle stratégie annoncée par les ministres provinciaux de l'Environnement, adoptée en février 1999.


Journaliste
CLAUDINE MAGNY
Mise à jour, décembre 2001

Design et intégration
LUC LAVIGNE


 

Un retour
en arrière



En 1999


* Le premier ministre de l'époque, Brian Tobin, imposait un moratoire sur l'exportation d'eau en déclarant une phrase choc :
« Le projet d'exportation est mort. »

Un ton catégorique, mais la suite des événements montrera que rien n'est plus incertain.

***

* Rencontre des ministres de l'Environnement à Kananaskis, en Alberta (novembre 1999). Neuf gouvernements, dont celui de Terre-Neuve, souscrivent à l'Accord sur l'interdiction des prélèvements massifs d'eau dans les bassins hydrographiques.