Ottawa songe-t-il à vendre ?

« Je veux que le Canada garde le contrôle, car c'est nous qui l'avons sur notre eau. Elle n'est pas à vendre. Et si nous voulons la vendre, c'est nous qui allons le décider », affirmait le premier ministre Jean Chrétien, en 1993.

Le fédéral se dit contre l'exportation en vrac. Or, à l'été 2001, on apprenait qu'Ottawa commandait une étude qui allait lui permettre d'évaluer combien l'eau pourrait lui rapporter.


Jusqu'à présent, nombreux traités, lois et règlements, tant au niveau provincial que fédéral, ont empêché toute exportation massive d'eau douce dans le but d'assurer la pérennité de cette richesse essentielle à la vie humaine et à la protection des écosystèmes.

QUE DIT LA LÉGISLATION CANADIENNE ?


Et les eaux limitrophes ?

De nombreux cours d'eau et lacs bordent ou traversent la frontière canado-américaine. La Commission mixte internationale (CMI) veille à prévenir et à résoudre les différends qui pourraient survenir entre le Canada et les États-Unis. Organisation binationale, indépendante et objective, la Commission est composée de six commissaires, dont trois nommés par le président des États-Unis sur la recommandation du Sénat, et trois par le gouverneur en conseil du Canada, sur l'avis du premier ministre.

Dans son dernier rapport (15 mars 2000), la Commission mixte internationale recommandait aux gouvernements fédéraux, provinciaux et des États du Canada et des États-Unis de ne pas autoriser le prélèvement d'eau dans le bassin des Grands Lacs, à moins que les promoteurs puissent démontrer qu'ils ne menacent aucunement l'intégrité de l'écosystème.

—  Le rapport  —


Des eaux convoitées


Le réseau des Grands Lacs et du Saint-Laurent représente le cinquième des eaux douces de surface de la planète. Il occupe une place importante dans la réalité géographique et économique de huit États américains et de deux provinces canadiennes (Ontario et Québec).

Pas surprenant que l'eau des Grands Lacs soit tant au cœur des discussions canado-américaines.

 

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L'ALENA : un accord pour ou contre l'exportation de l'eau ?


Journaliste
CLAUDINE MAGNY
Mise à jour, décembre 2001

Design et intégration
LUC LAVIGNE

Saviez-vous que...

* Le Canada possède environ 9 % des réserves d'eau douce renouvelables du monde, comparativement à 18 % pour le Brésil, à 9 % pour la Chine et à 8 % pour les États-Unis.



* Les utilisations domestiques de l'eau au Canada sont les suivantes : bains et douches, 35 %; toilette, 30 %; lessive, 20 %; boisson et cuisson, 10 %; nettoyage 5 %.



Exportations versus
prélèvements massifs d'eau : Quelle est la différence ?

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