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À notre antenne

Hyperliens

B i o g r a p h i e s

Salvador Allende

Augusto Pinochet

 

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Journalistes : Stéphane Bordeleau et
                        Jean-Philippe Cipriani

Design et intégration : Luc Lavigne

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Le 11 septembre 1973, le gouvernement socialiste du président Salvador Allende était brutalement renversé lors d'un coup d'État militaire mené par le général Augusto Pinochet. Ce jour-là, refusant toute reddition aux militaires putschistes, Salvador Allende, dernier représentant de la démocratie chilienne, trouvait la mort sous les assauts répétés de l'armée, lancée contre le palais présidentiel où, en compagnie de sa garde personnelle, le président a tenté de résister jusqu'à la fin. Les arrestations, la torture et les milliers d'assassinats qui suivirent la chute du gouvernement Allende firent de cette journée de septembre 1973 le début d'une série noire qui laissa, dans le cœur des Chiliens, une plaie qui peine à se refermer, aujourd'hui encore.


Le fil des événements

Salvador Allende

Tout a commencé la veille du 11 septembre 1973, quand des troupes d'infanterie de la marine chilienne, qui avaient passé la journée en mer en compagnie de bateaux américains, sont revenues au pays et ont coupé les communications dans la ville côtière de Valparaíso, où elles s'emparèrent de la ville. Tous les sympathisants du gouvernement Allende ont été emprisonnés sur des bateaux ancrés dans le port de la ville. L'armée, fidèle au général Augusto Pinochet, a gagné les villes du pays une à une sans rencontrer trop de résistance. Mais c'est à Santiago, capitale du pays, que tout devait se jouer.

Augusto Pinochet

Le 11 septembre au matin, le président Salvador Allende se retranche dans le palais présidentiel (la Moneda) en compagnie d'une quarantaine de soldats de la garde présidentielle. Ces hommes ont beau être bien armés et occuper une position forte, ils ne sont toutefois pas de taille contre les blindés et l'aviation de l'armée chilienne, désormais totalement sous le contrôle de Pinochet. Invité à se rendre et à fuir le pays par un vice-amiral de Pinochet, le président Allende refuse catégoriquement de céder le pays à la junte militaire. Quelques instants plus tard, le palais présidentiel est bombardé à la roquette par l'aviation chilienne. Puis les militaires donnent l'ordre aux blindés de prendre la Moneda. L'édifice est assiégé de toutes parts.

Mort d'Allende et répression sanglante

Deux heures plus tard, au terme d'une série d'attaques, le président Allende est retrouvé dans une pièce de la Moneda tué d'une rafale de mitraillette. Des versions contradictoires prétendront plus tard qu'il s'agissait d'un suicide tandis que d'autres prétendront qu'Allende aurait été tué par un commando de l'armée. À 14 h 40, le palais présidentiel est complètement investi par les troupes de Pinochet, qui devient, dès ce moment, maître absolu du pays.

Dans les semaines qui suivent le coup d'État, une véritable chasse aux sorcières est engagée par les militaires qui arrêtent, torturent et assassinent par centaines les sympathisants de Salvador Allende, les membres de la gauche et même de simples opposants à la dictature de Pinochet. En toute impunité et avec la bénédiction de Washington, la junte se « débarrassera » ainsi de plusieurs milliers de personnes afin de s'assurer que la gauche socialiste ne renaisse pas de ses cendres dans ce pays. Bien que, dans les années qui ont suivi, cette sanglante répression fut maintes fois dénoncée sur la scène internationale et que le régime fut l'objet de plusieurs sanctions internationales, la dictature fasciste du général Pinochet survivra à la tête de l'État chilien jusqu'en 1989.

Une manoeuvre made in USA

Pinochet et Kissinger
Commandité et soutenu par Washington par l'entremise de Henri Kissinger, directeur du Conseil de sécurité nationale, et de la CIA, ce coup d'État au Chili avait pour but premier d'éliminer le gouvernement socialiste d'Allende, premier et seul gouvernement de gauche à avoir vu le jour en Amérique latine à cette époque.

Craignant alors que les Soviétiques ne profitent de l'élection d'un gouvernement socialiste au Chili en 1970 pour installer un régime communiste dans le continent sud-américain, Henry Kissinger, John Mitchell et Richard Helms, du cabinet Nixon, avaient décidé d'agir secrètement avec la CIA pour tenter de renverser Salvador Allende et lui substituer un homme de droite fidèle aux principes de la doctrine américaine. Les principales ressources minières du pays comme le cuivre étant à l'époque contrôlées par des multinationales américaines, on craignait également aux États-Unis, avec la venue d'un président socialiste, la nationalisation de ces importantes ressources minières.

Choisis parmi les officiers de l'armée chilienne opposés à Allende, Augusto Pinochet et plusieurs autres officiers ont été commandités et soutenus en secret par Washington dans l'élaboration du coup d'État. Ne restait plus qu'à attendre le bon moment pour lancer l'opération. Les importantes grèves qui paralysèrent le pays à cette époque, dont celle des camionneurs en 1973, ont fourni aux militaires le climat politique et le prétexte qui leur manquaient pour lancer le renversement du gouvernement, entraînant les conséquences qu'on connaît.

Source : Matthieu BOISDRON, L'histoire dans tous ses États, www.chronicus.com

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