Février 2002
Journaliste : Florence Meney

En 1998, on comptait 609 bandes au Canada.

Quelques données à propos des peuples autochtones

À l'échelle nationale, 4,4 % de tous les Canadiens ont des ancêtres autochtones (aux États-Unis, ils ne représentent que 1 % de la population). Selon le gouvernement fédéral, la définition du terme autochtone est la suivante : un autochtone est une personne qui descend des premiers habitants de l'Amérique du Nord. Le terme « autochtone » ne désigne pas un seul groupe homogène. La population autochtone du Canada est ainsi divisée en trois groupes : les Indiens, les Métis et les Inuits. Il existe entre ces groupes des distinctions culturelles, linguistiques et géographiques. En fait, les peuples autochtones du Canada sont composés de communautés très riches et diversifiées.

NB : De nos jours, de nombreux autochtones préfèrent
être appelés membres des premières nations.

 

Les autochtones vivent-ils majoritairement dans les réserves ?
La majorité demeurent encore au sein d'une communauté, sur le territoire d'une réserve, mais les choses changent et de plus en plus d'individus et de familles choisissent de migrer vers les centres urbains, que ce soit de façon temporaire ou de façon permanente. En 1985, 29 % des Indiens inscrits vivaient hors des réserves. En 1991, ce sont 40 % des Indiens inscrits qui vivaient hors des réserves.

Le pays compte environ un million d’autochtones sur une population totale de plus de 30 millions d’habitants. Le Québec est proportionnellement la province dont la population autochtone est la moins nombreuse. On y trouve 11 nations autochtones, soit une nation inuite et dix nations indiennes, ce qui représente environ 70 000 personnes ou un peu moins de 1 % de la population québécoise. Ces populations se divisent en 43 communautés amérindiennes et 15 communautés inuites. De ce nombre de personnes, près de 18 000 résident à l’extérieur des réserves.
(Ces chiffres proviennent du gouvernement du Québec).

Carte des communautés autochtones du Québec

 

Environ 10 % des autochtones du pays vivent au Québec. Parmi ces personnes, 65 % vivent dans des réserves, un pourcentage plus élevé que la moyenne nationale.
La population inuite du Québec (8300 personnes) est la deuxième en importance au pays (données de 1996).


Les neuf communautés de la nation des Cris sont regroupées en association sous le nom de Grand Conseil des Cris du Québec. Elles ont pour nom : Chisasibi, Eastmain, Mistissini, Nemaska, Oujé-Bougoumou, Waskaganish, Waswanipi, Wemindji et Whapmagoostui.

La grande paix de Montréal a 300 ans
(Site des nouvelles de Radio-Canada, 4 août 2001)

 

Petit glossaire :

Première nation : Ce terme est entré dans l'usage dans les années 70 pour remplacer le mot « Indien », jugé négatif. De nombreux Indiens ont adopté cette expression pour remplacer celle de « bande ».

Réserve : Une réserve est un territoire que le gouvernement fédéral a désigné pour l'utilisation et l'occupation d'un groupe ou d'une bande autochtone.


Bande : Groupe d'autochtones pour lesquels des terres ont été réservées.

Indien inscrit : Personne indienne qui est inscrite selon la Loi sur les Indiens.

La Loi sur les Indiens : Cette loi fédérale canadienne a été promulguée à l'origine en 1876 et amendée pour la dernière fois en 1985. Elle établit certaines obligations du fédéral et régit la gestion des terres et des réserves. C-31, en 1985, a eu pour effet d'abolir certaines dispositions discriminatoires et injustes privant en particulier certains individus (et beaucoup de femmes) de leur statut d'indien.

 

 

Les autochtones du Québec et le gouvernement

TOUTES LES COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES DU CANADA RELÈVENT DU FÉDÉRAL, SAUF LES CRIS, LES INUITS ET LES NASKAPIS, QUI SONT RÉGIS PAR LA CONVENTION DE LA BAIE-JAMES ET DU NORD QUÉBÉCOIS. Ces trois groupes représentent environ un tiers des autochtones du Québec.

Au niveau fédéral, la Loi sur les Indiens régit de nombreux aspects des rapports entre le gouvernement et les nations autochtones.

La Convention de la Baie-James et du Nord québécois a été signée en 1975 à la suite d'une entente entre les Cris et les Inuits d'une part, et le gouvernement du Québec d'autre part. La bande des Naskapis a suivi l'exemple des Cris et a négocié la Convention du Nord-Est québécois (CNEQ), signée le 31 janvier 1978. Cette convention modifiait la Convention de la Baie-James et du Nord québécois. À l'origine de cette convention, on retrouve un conflit territorial. Le gouvernement libéral de Robert Bourassa avait annoncé son intention de procéder à des travaux d'aménagement de barrages hydroélectriques à la baie James en 1970. L'année suivante, en 1973, les Cris et les Inuits obtinrent une injonction dans un jugement célèbre du juge Albert Malouf, qui ordonnait à Hydro-Québec d'interrompre tous les travaux à la baie James. Ce jugement fut renversé une semaine plus tard par un jugement de la Cour supérieure, mais il avait convaincu le gouvernement Bourassa d'engager des négociations. Ce fut la première entente de revendication territoriale du genre à être signée au Canada. Elle avait le mérite de préciser les juridictions provinciales pour les Indiens de ces trois groupes. En vertu de la convention, en échange d'importantes concessions territoriales, les autochtones obtiennent des dédommagements ainsi que des droits et des pouvoirs.

La Convention de la Baie-James et du Nord québécois
Page du gouvernement fédéral

En 1985, l'Assemblée nationale du Québec adoptait une résolution reconnaissant aux peuples autochtones les droits suivants :

  • le droit à l'autonomie gouvernementale au sein du Québec;
  • le droit à leur culture, leur langue et leurs traditions;
  • le droit d'être propriétaires de leurs terres et de les contrôler, le droit de chasse, de pêche, de récolte et de participation à la gestion des ressources fauniques;
  • le droit de participer au développement économique du Québec et d'en bénéficier.


  • Les autochtones du Québec : l'importance de la jeunesse

    La population autochtone est nettement plus jeune que la moyenne de la population canadienne et québécoise. La population des Indiens inscrits est très jeune, l'âge moyen étant de 25 ans au Canada, comparativement à 35 ans pour l'ensemble des Canadiens. Dans les réserves, 53 % des Indiens inscrits sont âgés de moins de 25 ans (1997).

    La population autochtone connaît une croissance démographique presque deux fois plus rapide que celle de la population canadienne en général. En outre, près des deux tiers des autochtones ont moins de 30 ans, et environ un tiers des résidants des réserves ont moins de 15 ans. Pour relativiser les choses, cependant, les autochtones âgés de 15 ans ou moins ne représentent que 6 % de la population des jeunes du Canada.


    suite :
    Ce mal qui ronge les jeunes