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Carnet François Brousseau

8 avril 2011

Pendant ce temps, en Chine…


Le monde a les yeux rivés sur l'Afrique et le Moyen-Orient. Mais pendant ce temps, en Chine... 
 
Pendant ce temps, pendant que le monde regarde ailleurs, une nouvelle glaciation politique envahit l'Empire du Milieu. Le refroidissement est brutal. « On n'avait pas vu ça depuis l'après-1989 », dans la foulée du massacre de la place Tiananmen, dit la femme d'un avocat emprisonné, citée par une agence de presse occidentale. 
 
Les arrestations de dissidents se multiplient. Des personnages en vue que l'on croyait à l'abri de la répression sont arrêtés pour avoir écrit trois lignes de trop, pour avoir manifesté ne serait-ce qu'une lointaine sympathie envers les mouvements démocratiques du monde arabe... 
 
Même Ai Weiwei 
 
Exemple : l'artiste multimédia bien connu Ai Weiwei, exposé à Londres, coauteur (entre autres) du design du Stade olympique de Pékin (le fameux « nid d'oiseau »), semi-dissident à la langue bien pendue, issu de l'élite (son père était un grand écrivain sous Mao), a « disparu » le 3 avril au moment où il allait prendre l'avion pour Hong Kong et Taïwan. Enlevé, de toute évidence, par les services secrets chinois... 
 
Le contrôle d'Internet, déjà serré en temps normal (tapez « lemonde.fr » ou « newyorktimes.com » à Pékin ou à Shanghai... le résultat sera au mieux aléatoire) est aujourd'hui devenu fou et paranoïaque : les mots-clés « arabe », « Égypte », ou même « jasmin » (comme dans « Révolution du jasmin ») sont bloqués sur la toile chinoise. 
 
Et puis, il y a la répression de plus en plus aiguë, de plus en plus intransigeante, de la « pensée différente » sur les questions politiques : liberté d'expression, liberté d'association, liberté de manifestation.  
 
Gao Zhisheng, le fameux « avocat aux pieds nus », a été emprisonné en 2007, et à nouveau en 2009. Sa femme Geng He écrivait récemment dans un article publié par le New York Times, qu'elle était sans nouvelles de lui depuis plus d'un an.  
 
Parmi ses « crimes » : celui d'avoir gratuitement défendu, dans les années 1990 et 2000, des petites gens victimes du « système », des résidents expulsés arbitrairement (qui se comptent par millions en Chine), des patients floués par les hôpitaux... et les animateurs du Falun Gong, la fameuse secte.  
 
En 2008, juste après les Jeux olympiques triomphants de Pékin, encensés par le reste du monde qui pensait ainsi amadouer les mandarins... ce sera ensuite l'arrestation de l'auteur de la « Charte 08 », un programme de démocratisation d'inspiration ouvertement occidentale. Pour ce « crime » qui choque non seulement les tenants intransigeants du parti unique, mais aussi le nationalisme officiel (pour qui toute influence étrangère est suspecte ou mauvaise), Liu Xiaobo sera condamné à 11 ans de prison. 
 
L'attribution à Liu, le 8 octobre 2010, du prix Nobel de la paix, déchaîne le zèle répressif des autorités chinoises... et leur arrogance face au reste du monde. Dans une manifestation extrême de la nouvelle attitude « dominatrice » qui monte dans les cercles du pouvoir en Chine, elles intiment aux capitales occidentales l'ordre de boycotter la cérémonie d'Oslo, en décembre. Rien de moins! Et c'est la première fois depuis les heures sombres du nazisme, il y a 75 ans, qu'un lauréat ne peut même pas se faire représenter à la cérémonie pour recevoir le prix. 
 
Le facteur « arabe » 
 
Dernier facteur conjoncturel dans l'extraordinaire radicalisation de Pékin face aux dissidents, face aux revendications libérales, face au reste du monde, face à toute opposition organisée : la révolution arabe. 
 
Tous ces jeunes manifestants de Tunis et du Caire qui, armés de téléphones cellulaires et de revendications simples, sont arrivés à faire démissionner des présidents corrompus et honnis, dérangeant souverainement les potentats de la Cité interdite. D'autant que, tout comme à Tunis, les jeunes Chinois sont des « texteurs » frénétiques et que, tout comme à Tunis, les dissidents de Pékin et de Shanghai connaissent bien ces nouveaux médias... 
 
Depuis deux mois, les arrestations d'opposants connus – une trentaine de cas ont été répertoriés – se doublent de « disparitions forcées », comme celle d'Ai Weiwei. 
 
« Disparitions forcées », c'est-à-dire lorsque les autorités ne se donnent même pas la peine d'envoyer des policiers avec un mandat d'arrêt. Dans ce registre, qui comprend l'action des services secrets, les organismes comme Amnistie internationale mentionnent au moins une trentaine de cas, en Chine, au cours des dernières semaines.  
 
Parmi eux : les avocats Teng Biao, Jiang Tianyong, Tang Jitian, émules de Gao Zhisheng. Des gens qui avaient cru à la libéralisation du début des années 2000, et qui pensaient pouvoir, dans le cadre de la loi et de la constitution, amener la Chine à un certain État de droit, à une certaine démocratie. 
 
L'état d'esprit des autorités face au vent « démocratique » est peut-être le mieux résumée par la déclaration, à la fin du mois de mars, à Pékin, d'une porte-parole du ministère des Affaires étrangères : « Les ennemis du pouvoir, aucune loi ne peut les protéger. »  
 
On ne saurait mieux dire qu'entre la construction d'un État de droit – avec une réelle justice indépendante – et la préservation du pouvoir de la dictature... les autorités de Pékin n'hésitent pas une seconde. 


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« International »

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Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca

François Brousseau est le chroniqueur-analyste de Radio-Canada pour les affaires internationales.

François Brousseau est souvent allé sur le terrain à l'étranger. Il a notamment signé, surtout dans Le Devoir, des reportages d'Haïti, d'Italie, de Pologne, de l'ex-Tchécoslovaquie et de l'ex-Yougoslavie, d'Israël, de Taïwan et de Cuba. Au fil des ans, il a pu interviewer des personnalités comme Mikhaïl Gorbatchev, Lech Walesa, Jean-Bertrand Aristide, Kim Dae-Jung, Shimon Peres, Ariel Sharon, José Ramos-Horta, Oscar Arias et Giulio Andreotti.

Entré à l'emploi de la première chaîne radio de Radio-Canada en 2002, il avait déjà une longue expérience en journalisme écrit. Il a notamment fait sa marque comme reporter et éditorialiste aux affaires internationales pour le quotidien Le Devoir de 1991 à 1997, journal dans lequel il a également tenu une chronique hebdomadaire de 2005 à 2007.

En 1994, il a reçu la Bourse Michener pour journalistes. Cette récompense lui a permis de mener un séjour prolongé de recherche en Italie et de ramener plusieurs reportages de ce pays.

Après un mandat de trois ans (1997-2000) comme directeur des communications à la Délégation générale du Québec à New York, il est revenu à Montréal où il a retrouvé sa passion: le journalisme. D'abord à l'écrit en tant que reporter au magazine L'actualité en 2001-2002. Il a été récipiendaire, à ce titre, d'un National Magazine Award pour l'article «Sommes-nous seuls dans l'Univers?», paru en août 2001. Mais aussi et surtout à la radio, qui est devenue, à partir de 2002, son nouveau médium de prédilection.

En 2003 et en 2004, il a été responsable de la revue de presse internationale quotidienne à l'émission Maisonneuve en direct. De 2004 à l'automne 2007, il était responsable des affectations des correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs à l'information internationale pour les nouvelles à la radio.

Passionné des cultures étrangères, François Brousseau parle six langues: français, anglais, espagnol, italien, portugais et polonais.

13 avril 2011

En Occident, on affirme que le respect de la démocratie signifie automatiquement qu'on respect les droits de l'Homme cela ressemble plus à un sophisme qu'à la réalité. Tout en fermant les yeux sur les droits économiques et sociaux. 
 
La Déclaration universelle des droits de l'Homme stipule que nous avons des droits politiques, économiques et sociaux; des droits qui intergissent simultanéments et qui sont inclusifs. Nulle part, la Décaration universelle stipule que respecter uniquement les droits politiques signifie que les droits de l'Homme sont respectés dans un pays donné. 
Une telle affirmation est plus proche de la propagande que de la définition donnée par la Déclaration universelle. 
 
Les droits de l'Hommes sont respectés quand les droits politiques, économiques et sociaux sont simultanéments respectés et non compartimentés comme nous faisons en Occident. On choisi ce qui fait notre affaire tout en occultant le reste : on fait comme la Chine soit preuve d'oubli sélectif. 
 
Nous avons droit de parole tout comme nous avons droit à l'éducation, à des soins de santé; à un salaire décent; à un toit, à un environnement propre; à des condtions de travail décente; à manger à notre faim, etc.. 
 
Pour le moment, aucun pays sur Terre ne respect les droits de l'Homme et même le Canada a été condamné par des organismes de l'ONU pour ne pas respecter les droits économiques et sociaux d'une partie de sa population. 
 
On aime bien faire la morale aux autres pays mais avons nous la crébilité et sommes-nous nous même un exemple au plan internationale ? 
 
On condamne la Chine pour des gestes que nous ne posons pas nous-mêmes soit le respect intégral de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. 
 
En Chine, on affirme respecter les droits de l'Homme car on permet le développement économique tout en oubliant les droits politiques et sociaux. La Chine agit exactement comme l'Occident : n'est-ce pas ce qu'on demande à la Chine de copier l'Occident ?

Dennis Neault, Hull

12 avril 2011

Comme M. Gilles Vallée dit si bien, les choses sont en train de changer, un ancien monde se meurt actuellement pendant qu'un nouveau monde émerge... 
 
On dit que les meilleurs hackers sur la planète se trouvent en Chine, on comprend pourquoi alors! 
 
Comme disaient si bien V dans le film V for Vendetta: les gens ne devraient pas avoir peur de leur gouvernement, le gouvernement devrait avoir peur de son peuple. Ça n'a jamais si bien été dit! 
 
Avec l'ère de l'information, d'ouverture sur le monde, de l'éducation, voir même l'éveil spirituelle de la planète, les gouvernements ne pourront pas résister éternellement au contrôle de l'information. 
 
Les gouvernements n'existent que par leurs secrets! Ce sont les secrets qui font qu'ils sont au pouvoir. Mais on voit que les secrets trouvent difficilement leur place aujourd'hui. 
 
Tranquillement, tout est en train de se dévoiler. Au fur et à mesure que la lumière émerge sur la planète, on voit de plus en plus ce qui se cachait dans la noirceur... 
 
Pour contrôler l'information, les gouvernements devront alors fermer l'Internet carrément! Mais la grogne populaire et même mondiale fera en sorte que politiquement, ça ne passera jamais, au grand jamais! 
 
L'Internet fait partie intégrante de notre évolution! Ce que certains prophètes dans les livres spirituels appellent la "toile de verre qui relira l'humanité en entier"...

Yan Fortin, Lachine

11 avril 2011

Merci François Brousseau pour ce commentaire fort éclairant qui concerne la situation d'un homme sur quatre de cette planète. 
 
 

johanna fontaine, St-cuthbert

11 avril 2011

cohen Patrick, Paris France 
 
Ce que je veux dire, est que nous aurons de nouveaux dirigeants arabes avec une nouvelle approche concernant Israel. 
 
Et les Chinois vont réaliser qu'en s'opposant à l'autorité cela peut fonctionner. 
 
Gilles Vallée, Montréal

Gilles Vallée, Montréal

10 avril 2011

Oui, la Chine a peur ! Comme de nombreux autres pays à la poigne de fer, elle a encore tout à apprendre de la démocratie, de la simple liberté d'expression. Bien plus encore, derrière les faux-semblants d'une Chine économiquement victorieuse, elle masque la pauvre Chine. Celle où des boeufs tirent encore les charrues, celle où les femmes lavent leur linge dans la rivière, celle où les maçons utilisent de vieilles brouettes branlantes. Tout cela, ce sont de petites choses que j'ai découvertes en m'échappant de la griffe souriante d'un guide chargé de mon montrer la tour géante de Shangaï... Tout cela, c'est la réalité d'une Chine qui derrière ses discours refuse la vérité des affiches politiques, des mots vrais... Et comme le montrent les révolutations tunisiennes et autres, un pouvoir tel que celui-là est bien fragile. Et cela les dirigeants chinois sont assez lucides pour le voir et le savoir. Ce qui, sans doute, explique que les tenailles du pouvoir se resserrent. Comme un acte d'impuissance, de désespoir peut-être. Mais au-delà de la force, comme un réel aveu de faiblesse

Alain Trémiseau, Crespin/Valenciennes (Fr)

9 avril 2011

Ce soudain raidissement traduit l'extrême angoisse que provoque la révolte des peuples arabes chez les flics corrompus au pouvoir à Pékin. Mais ce faisant, ils précipitent sans doute leur chute. Les paranoïaques finissent toujours par avoir raison, comme disait l'autre. 
Bientôt que pourront faire les autocrates "socialistes de marché" face à une population de plus en plus éduquée, ouverte sur le monde et rétive à l'autoritarisme? Tirer dans le tas comme en juin 1989? Ça ferait désordre... 
 
 

Gatignol Michel, Montréal

9 avril 2011

Gilles  
a quoi pensez vous en citant Israel dans 
ce qui va changer ?? 
 
Patrick

cohen Patrick, Paris France

8 avril 2011

Votre commentaire au sujet de la Chine est sensible et juste. 
 
Très bientôt beaucoup de choses vont changer dans le monde, je me permet d'ajouter Israel comme point sensible dans un futur rapprocher.

Gilles Vallée, Miles End

8 avril 2011

Bonsoir, 
Il est claire que la Chine ne représente pas le modèle sur le plan de la démocratie mais elle a su vivre avec son système. Cependant je ne comprends pas la position de l'auteur et pourquoi pas un mot sur les russes...Et les élections démocratiques en Afrique sauf la Libye pour le pétrole on peut faire un effort ! sinon les grandes puissances continueront à serrer les mains quand il est question d'intérêt. 
Tout ça c'est beau.  
Dans le passé les civilisations ont dominé et ont imposés par les armes . Aujourd'hui c'est le mode de communication. Nous sommes " soit disant civilisés à voir "

Mica Michael, IVRY SUR SEINE

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