Imprimer cette page

Jeudi 16 janvier 2014 15 h 46 HNE


Pour en discuter avec nous...

Cet espace de dialogue, de réflexion et de débat d'idées est aussi le vôtre. Nos carnetiers sont là, non pour mettre de l'avant leurs opinions, mais pour lancer une discussion et vous permettre de vous exprimer sur les événements marquants qui surviennent ici ou ailleurs dans le monde. Nous lisons tous les commentaires reçus, mais nous modérons chacun des carnets pour ne retenir que les commentaires les plus pertinents selon les sujets abordés. Seules les interventions signées et faites dans le respect d'autrui sont retenues. Pour en savoir plus, lisez
la nétiquette.
Bonne réflexion!

Veuillez noter que les forums de discussion des Carnets sont ouverts pendant deux semaines.

Carnet Michel C. Auger

7 mars 2011

Afghanistan, Égypte, déficit et intérêt national


« Le prochain secrétaire à la Défense qui recommandera au président d'envoyer un contingent important de l'armée en Asie, au Moyen-Orient ou en Afrique devrait se faire examiner la tête », disait récemment l'actuel secrétaire à la Défense, Robert Gates. 
 
M. Gates quittera son poste dans quelques semaines, après avoir servi deux ans dans l'administration de George W. Bush et deux ans dans celle de Barack Obama. Après une carrière bien remplie dans les hautes sphères du renseignement et de la défense nationale, peu de gens lui contesteront le droit de dire le fond de sa pensée. 
 
La déclaration de M. Gates s'inscrit dans un courant de pensée de plus en plus large aux États-Unis, tant chez les démocrates que chez les républicains, pour dire que les intérêts vitaux des États-Unis ne sont plus tellement en cause en Afghanistan et que le temps est venu de mettre fin à cette guerre commencée il y a bientôt 10 ans, après les attentats du 11 septembre 2001, et dont on ne voit pas encore la fin. 
 
Le président Obama a déjà annoncé que si les conditions sur le terrain le permettent, la majeure partie des troupes américaines auront quitté l'Afghanistan d'ici 2014. Mais bien des analystes militaires se méfient de cette réserve et craignent que « les conditions sur le terrain » soient loin de permettre de penser à un retrait prochain des troupes américaines. 
 
Pendant ce temps, l'opinion publique perd patience. Pas moins de 72 % des Américains estiment que le retrait des troupes doit se faire encore plus rapidement que prévu, selon un récent sondage Gallup. 
 
Il y a, bien sûr, une fatigue certaine des Américains par rapport à un conflit qui ne donne aucune indication de vouloir finir et qui a coûté la vie à quelque 1400 Américains. Mais deux éléments de l'actualité récente font en sorte que la guerre en Afghanistan n'est plus considérée comme une priorité ou comme une défense des intérêts nationaux des États-Unis... 
 
Un courant de pensée – mené par le très influent chroniqueur Tom Friedman, du New York Timesestime que les événements récents en Égypte et en Tunisie montrent que la guerre en Afghanistan n'a tout simplement plus de raison d'être. 
 
On ne peut pas, dit-il, continuer de soutenir des dirigeants corrompus et impopulaires en Afghanistan et au Pakistan quand on applaudit les Égyptiens, les Tunisiens et les Libyens lorsqu'ils tentent de se débarrasser de dirigeants corrompus et impopulaires. 
 
L'argument qu'il fallait faire la guerre en Afghanistan pour empêcher Al-Qaïda d'avoir une base d'opérations ne tient plus tellement à la lumière des révoltes des dernières semaines, dit-il.  
 
Le plus grand perdant des soulèvements populaires dans le monde arabe est justement Al-Qaïda et les extrémistes les plus violents, ajoutait le secrétaire à la Défense Gates lors de sa visite en Afghanistan, cette semaine. Le message des extrémistes ne colle tout simplement plus à la réalité 
 
L'autre argument contre la guerre est tout simplement financier. Cette guerre coûtera plus de 110 milliards de dollars au Trésor américain cette année. Et à un moment où l'on cherche tous les moyens de réduire le déficit, il devient difficile de justifier une dépense de deux milliards par semaine pour une guerre impopulaire et qui devient de plus en plus difficile à justifier. 
 
Normalement, on pouvait compter sur les républicains pour défendre les interventions militaires comme la guerre en Afghanistan et les dépenses qui en découlent. Mais actuellement, la priorité absolue du parti républicain est de sabrer les dépenses pour réduire le déficit, même si ça veut dire couper dans les budgets militaires. 
 
Quant aux démocrates, dont plusieurs n'ont jamais été convaincus de l'utilité d'une guerre qu'ils croient impossible à gagner, ils s'en tiennent, faute de mieux, à l'échéancier du président Obama : on commencera à réduire les troupes avant l'élection de l'année prochaine pour en arriver à un retrait quasi complet en 2014. 
 
Pour le président Obama, qui s'est fait élire en promettant de se concentrer sur « une guerre de nécessité », contrairement à celle en Irak, l'Afghanistan devient de plus en plus rapidement un boulet, surtout à l'approche d'une élection. Et il devient de plus en plus pressant de trouver un moyen de sortir d'une guerre qui ne semble plus avoir de raison d'être. 

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Pendant 30 ans, Michel C. Auger a couvert l'actualité politique québécoise et canadienne pour une multitude de médias écrits, autant en français qu'en anglais. Il aura passé dix ans à la Tribune de la presse à Ottawa ce qui lui aura permis de couvrir huit campagnes fédérales, six élections au Québec, sans oublier trois référendums, plusieurs élections présidentielles aux États-Unis et même celle... d'un pape.

Mais la politique n'est pas son seul intérêt. Il a également été affecté à la couverture de la Cour suprême du Canada dans les années qui ont suivi l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Il a également assuré la couverture de plusieurs grandes commissions d'enquête, dont celle sur le dopage dans le sport qui avait suivi la disqualification du sprinter Ben Johnson et la commission Keable sur les activités des services de sécurité au Québec après la crise d'Octobre 1970.

Au cours des 15 dernières années, il a rédigé des chroniques pour plusieurs journaux dont Le Journal de Montréal, Le Soleil, The Edmonton Journal et The Globe and Mail et tenu un blogue sur Cyberpresse.ca.

Au printemps de 2007, il est devenu chef de bureau de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, après des années à commenter l'actualité sur les ondes autant de Radio-Canada, de RDI, de CBC, de Télé-Québec et de TVA, où il a coanimé l'émission d'affaires publiques Larocque-Auger avec Paul Larocque.

Comme analyste politique à Radio-Canada, depuis l'automne 2008, Michel C. Auger suit de près la politique provinciale, fédérale et américaine.

Il tient maintenant ce carnet sur Radio-Canada.ca, en partie pour ne pas trop s'ennuyer de l'écriture...

10 mars 2011

Personne ne peut aujourd'hui expliquer les conséquences du soulèvement populaire dans plusieurs pays arabes. Personne ne sait non plus qui remplacera les despotes écartés. 
 
Les médias occidentaux se plaisent à parler d'une démocracie naissante. Or il y a le risque que leur analyse s'inscrive dans le prisme des valeurs politiques acquises après des siècles de combat en Amérique et en Europe. Or les valeurs de l'Afrique et de l'Asie sont différentes et la maturité politique et sociale de plusieurs pays n'est pas acquise. En d'autres termes les conclusions véhiculées par la presse et la télévision sont prématurées et naives.... 
 
Finalement les musulmans ont peut être une vision différente et c'est finalement à eux que revient le choix de décider dans quelle sorte de société ils désirent vivre....

andré rochon, Montréal

10 mars 2011

Je viens de lire que les troupes de Kadhafi sont en train de prendre Ras Lanouf.....Je me demande si, a la suite d une victoire de Kadhafi et d un massacre possible d insurgés qui pourrait s en suivre...si ca vat pas mettre de l eau au moulin de l aspirant Calife Ben laden? (Ou son successeur si c est le cas..) 
L occident devrait y penser deux fois avant de laisser un cerveau dérangé faire a sa guise....avec les accords de Munichs l Occident croyait avoir la paix et ils eurent tous le contraire!!! 
Tiens! Au moins! Quelqu un pourrait-il chercher dans les musées d Europe s il ne resterait pas quelques vieux Panzerfaust ? 
Tant qu a rien faire!.....

Normand Lemay, Trois-Rivieres

9 mars 2011

J'écoutais la télé aux États-Unis et je suis tombé sur la Commission on wartime contracting in Irak and Afghanistan. Il s'est dépensé 500 milliards (pas des millions) millions multipliés par mille sur des contrats seulement en Irak et en Afghanistan. Évidemment les responsables patinent et donnent des réponses insignifiantes.  
C'est tout de même curieux que personne ne parle de cette commission au Canada. 
Il y a beaucoup d'argent lié à la guerre non comptabilisé comme dépenses militaires.  
Je serais étonné qu'on soit capable de m'en montrer pour 50 millions? Parce qu'il y a beaucoup d'ONG qui donnent. Où est donc passé tout cet argent? Paradis fiscaux?  
La guerre du Vietnam coûtait tellement chère qu'elle se finançait en partie avec le commerce de la drogue sous le commandement d'Oliver North. 
Il y a sûrement un budget secret alloué pour financer d'autres contrats en Afghanistan.  
C'est de la folie pure. Les USA ne peuvent pas être fous sans qu'on le soit. Nous, combien a-t-on donné en contrats en Irak et en Afghanistan? Cette guerre n'a aucun sens car la base des talibans est au Pakistan et personne n'attaque la base. C'est ridicule.  
On dépense de l'argent et de l'énergie en pure perte. Et des pertes humaines... 
Le peuple se fait mentir. Qui profite de la guerre? La CIA, Halliburton et cie. La guerre a trop duré, maintenant la caisse est vide. 
Obama sait que les USA doivent se retirer, mais comment le faire sans être blâmé par les républicains hypocrites? Ils savent eux aussi que le combat est perdu, mais ne veulent pas le dire. 
 

Jean Lespérance, Montréal Québec

7 mars 2011

Je résume votre texte, ce que vous nous rapportez signifie qu’on va abandonner Hamid Karzaï, que les talibans reprendront promptement le contrôle d’une partie du territoire pour fin de se réapproprier le pouvoir sur tout l’Afghanistan. En somme on aura dépensé des milliards pour rien. De même l’ennemi public numéro un, je veux parler de Osama ben Laden est bien parti pour vivre 100 ans ; il pourrait bientôt se déplacer sans barbe dans les rues de New York (personne ne le reconnaîtrait). En revanche, il n’y a pas de problème pour faire payer leur dû à des ex-enfants soldats comme Omar Khader. Si en complément, on considère que l’Irak continue désormais de vivre un état de stress permanent et une guerre civile larvée, il faut estimer que l’Amérique a décidée avec ou sans la personnalité de Robert Gates de jouer le rôle du proconsul Pilate et de s’en laver les mains. 
 
Pas très inspirant tout ça ! Devrions nous peut-être en prime nous croiser les doigts dans l’attente du prochain messie ? Et qu’adviendrait-il si c’était une femme ? 
 
Je comprends que Thomas L. Friedman (j’ai lu l’article) n’était pas chaud initialement avec ce déploiement de forces en Afghanistan – moi non plus d’ailleurs – pas plus qu’il ne soit convaincu de l’efficience du saupoudrage en monnaie sonnante et trébuchante au Pakistan. Si ce n’est que ce que j’ai appris dans la vie, c’est qu’il faut vivre avec les conséquences de nos actes et les assumer. Une fois de plus, les américains démontrent qu’il n’est pas de plus grande vertu que la trahison. – « Money always talks, please gimme the cash… »  
 
Friedman compare la réponse faite par Al-Qaida aux autocraties orientales actuelles à celle des Califats du 7ième siècle qui suivent la mort du prophète. Cela fait du bien pour la glose, mais est-ce vraiment emblématique de la vérité ? En clair ce que nous dit Friedman, c’est que l’interprétation faite du Coran a commencée dès après la mort du prophète Mahomet. Et que ben Laden est une sorte de calife autoproclamé.

Serge Drouginsky, Longueuil

2012

  • septembre
  • août
  • juillet
  • juin
  • mai
  • avril
  • mars
  • février
  • janvier

2011

2010

2009

2008