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Carnet Michel C. Auger

17 février 2011

Quand les extrêmes se rejoignent


WASHINGTON - Est-ce la preuve que les extrêmes finissent toujours par se rejoindre ou que la politique cause parfois de bien étranges amitiés? Reste qu'on assiste parfois au Congrès à des alliances ponctuelles entre le Tea Party, les républicains les plus conservateurs, et l'aile gauche du Parti démocrate. 
 
Cette semaine, 110 représentants républicains, la plupart étant de nouveaux élus, se sont joints à 123 démocrates pour couper les fonds au programme de nouveau moteur pour les chasseurs F-35. 
 
Pour les démocrates, ce moteur qui a déjà coûté plus de trois milliards de dollars en recherche est un symbole des dépenses inutiles du Pentagone. Et même le secrétaire à la Défense, Robert Gates, ne croyait pas qu'il fallait dépenser un sou de plus dans ce programme. 
 
Mais les dépenses pour la défense nationale ont longtemps été une sorte de vache sacrée pour les républicains. Sans compter la vieille tradition qui veut que les députés puissent ainsi se vanter des emplois ainsi créés dans leurs districts. Comme le faisait depuis longtemps, dans ce cas-ci, le nouveau président de la Chambre, le républicain John Boehner. 
 
Mais pour les membres du Tea Party, il est plus important de sabrer les dépenses gouvernementales que d'appuyer aveuglément toutes les demandes du Pentagone ou de créer de l'emploi dans le district de leur chef. D'où cette alliance, impensable il y a encore quelques mois, entre les deux extrêmes du spectre politique. 
 
Des alliances anecdotiques 
 
Au début du mois, c'est l'extension de certaines clauses particulièrement controversées du Patriot Act qui a fait l'objet d'une alliance similaire. Estimant que les pouvoirs de surveillance donnés au gouvernement dans la lutte antiterroriste sont exorbitants, deux douzaines de républicains du Tea Party se sont joints aux démocrates de gauche pour empêcher l'extension, qui était autrefois donnée quasi automatiquement tous les trois mois. 
 
Il s'agissait d'un vote de procédure exigeant la majorité des deux tiers et les pouvoirs spéciaux ont finalement été reconduits un peu plus tard à la majorité simple, mais cette alliance des extrêmes a quand même surpris tout le monde. 
 
Au Sénat, dans les 12 sénateurs qui ont voté contre cette mesure, on notait l'indépendant Bernie Sanders du Vermont, qui se décrit lui-même comme socialiste, et l'un des enfants chéris du Tea Party, le républicain Rand Paul du Kentucky, qui se décrit plutôt comme un libertarien. 
 
Pour l'instant, cette alliance des extrêmes est surtout anecdotique et fait un peu sourire. Mais plusieurs pensent que c'est le signe de difficultés importantes pour le Parti républicain, au moment où il entre dans une année électorale avec le choix toujours déchirant d'un candidat à la présidence. 
 
Une nouvelle donne pour les républicains 
 
Il y a toujours eu trois ailes bien distinctes au Parti républicain. Les faucons, encore un pied dans la Guerre froide et qui veulent conserver des forces armées puissantes et bien équipées. Les conservateurs fiscaux, qui veulent d'abord et avant tout réduire la taille du gouvernement. Et les conservateurs sociaux et, souvent, religieux, pour qui l'interdiction de l'avortement ou du mariage gai est la priorité. 
 
L'arrivée d'un contingent important du Tea Party bouleverse cet équilibre. D'une part, ils sont beaucoup moins enclins à accepter les directives de l'establishment du parti. Même quand cela veut dire supprimer des emplois dans le district de leur chef.  
 
De plus, ces nouveaux élus sont souvent de tendance libertarienne, c'est-à-dire qu'ils croient à une intervention la plus limitée possible de l'État dans les décisions des citoyens. Ainsi, ils ne croient pas que l'État doive légiférer en matière d'avortement. 
 
Depuis l'élection de Barack Obama, les leaders républicains au Congrès avaient réussi de façon remarquable à maintenir l'unité de leurs troupes, même si le dénominateur commun était de s'opposer aux initiatives du président. 
 
Depuis l'arrivée d'une majorité républicaine à la Chambre, cette cohésion semble s'effriter. Il est même arrivé, comme dans le cas des moteurs du F-35, que ceux qui ont des positions d'autorité dans le caucus républicain se divisent sur un même vote. 
 
Et tout le monde commence à noter que, à part une volonté commune de sabrer les dépenses, les républicains ont beaucoup de mal à se mettre d'accord sur des compressions précises dans les budgets des diverses agences gouvernementales. 
 
Comme quoi, maintenant qu'ils partagent le pouvoir, les républicains découvrent qu'il est plus facile de s'opposer en bloc aux initiatives de l'autre parti que de s'entendre pour faire des propositions concrètes.

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Pendant 30 ans, Michel C. Auger a couvert l'actualité politique québécoise et canadienne pour une multitude de médias écrits, autant en français qu'en anglais. Il aura passé dix ans à la Tribune de la presse à Ottawa ce qui lui aura permis de couvrir huit campagnes fédérales, six élections au Québec, sans oublier trois référendums, plusieurs élections présidentielles aux États-Unis et même celle... d'un pape.

Mais la politique n'est pas son seul intérêt. Il a également été affecté à la couverture de la Cour suprême du Canada dans les années qui ont suivi l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Il a également assuré la couverture de plusieurs grandes commissions d'enquête, dont celle sur le dopage dans le sport qui avait suivi la disqualification du sprinter Ben Johnson et la commission Keable sur les activités des services de sécurité au Québec après la crise d'Octobre 1970.

Au cours des 15 dernières années, il a rédigé des chroniques pour plusieurs journaux dont Le Journal de Montréal, Le Soleil, The Edmonton Journal et The Globe and Mail et tenu un blogue sur Cyberpresse.ca.

Au printemps de 2007, il est devenu chef de bureau de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, après des années à commenter l'actualité sur les ondes autant de Radio-Canada, de RDI, de CBC, de Télé-Québec et de TVA, où il a coanimé l'émission d'affaires publiques Larocque-Auger avec Paul Larocque.

Comme analyste politique à Radio-Canada, depuis l'automne 2008, Michel C. Auger suit de près la politique provinciale, fédérale et américaine.

Il tient maintenant ce carnet sur Radio-Canada.ca, en partie pour ne pas trop s'ennuyer de l'écriture...

19 février 2011

Les républicains fondaient beaucoup d'espoir sur eux au début, lorsqu'ils ont vu des membres du "tea party" — qui n'en est pas vraiment un mais qui semble être totalement de mèche avec les Républicains — gagner l'investiture Républicaine et aussi gagner les élections à plusieurs endroits. 
Ils doivent drôlement déchanter maintenant. 
Le tea party est vraiment une arme à deux tranchants qui risque vraiment de nuire autant aux Républicains qu'aux Démocrates.

Pierre Jones, Valleyfield

18 février 2011

Votre texte est des plus intéressant, mais je doute que monsieur Rand Paul soit un libertaire. Le mot libertaire en français n'est pas libertarian en anglais, ce mot est plutôt libertairen. La différence est très importante, car leslibertaires ne sont pas seulementcontre l'état, mais contre le capitalisme aussi.

Félix Lefrançois-Sabourin, Saint-Lambert

18 février 2011

Les américains commencent à comprendre un peu tard que que des milliards ne sont pas des millions. Est-ce que ça prend vraiment 3 milliards pour améliorer un moteur? Les pilotes ont déjà de la difficulté à exploiter les performances des F-18, et on veut en avoir des plus puissants. Est-ce vraiment utile? Avec le taux de chômage actuel,il faut investir là où il se crée le plus d'emplois. Cette prise de conscience de la réalité est un accident de parcours dûe à la crise. Mais si la crise ne se résorbe pas,ça risque d'engendrer d'autres prises de conscience parce que la planche à fabriquer du faux argent ne peut pas fonctionner indéfiniment parce que la confiance sur le plan international s'effrite. 
Les partis vont contionuer à s'affronter sur d'autres aspects sans toucher au noyau dur de Wall Street qui va bouffer 300 milliards de plus que prévu sans que les partis puissent faire quoi que ce soit. Wall Street est un monarque,despote, tyran qui vampirise le peuple. L'unanimité des borgnes ne sauvera pas les États-Unis.

Jean Lespérance, Montréal Québec

17 février 2011

Monsieur Michel C. Auger, 
 
Cette annonce sur la suppression des subventions sur les moteurs du F-35 va vraiment faire les choux gras du Parti Libéral du Canada qui entend faire de l’abandon de l’achat des F-35 par le gouvernement Harper, un de ses enjeux électoraux majeurs en cas d’élections avancées. Ça à l’air que c’est très rassembleur pour les jeunes branchés surtout francophones ! 
 
En plus de cela, je ne voudrais pas partir une guerre sémantique avec vous, si ce n’est que lorsque vous utilisez le terme de « libertaire » qui est bien la traduction française du mot anglais « libertarian », l’interprétation porte dans la langue française à confusion puisque dans la langue de Marguerite Duras, les libertaires arborent le drapeau noir qui est celui de l’anarchie ce qui les rattache plutôt à un modèle anarcho-syndicaliste de type socialiste. Je présume que ce n’est pas le cas de ces nouveaux élus qui se rattachent de préférence à l’école de pensée philosophique, économique et politique du libertarianisme, laquelle s’inspire officiellement des lois de la nature qui restent néanmoins aux antipodes des valeurs politiques partagées par la droite américaine ultra-libérale qui veut réduire l’État à sa portion congrue et laisser la dynamique des marchés et de l’entrepreneurship dominer tout le reste. Si ce n’est que dans la vie de tout les jours, la soif du profit ne semble pas rejoindre l’ordre naturel des biens fondés par les vertus de la libre entreprise.  
 
Cela dit, je trouve plutôt sain de voir que des débats se forment publiquement au sein des divers partis et que les élus puissent s’associer sur des sujets librement sans devoir se soumettre à la discipline du parti. En somme, les élus américains semblent vouloir nous donner actuellement une meilleure leçon de ce que devrait être la saine gestion des affaires démocratiques.

Serge Drouginsky, Longueuil

17 février 2011

Nous vivons aussi ce phénomène ici sur le dernier budget Bachand. Les groupes de gauche rejettent le budget parce qu'il y a des augmentations de tarifs alors que les groupes de droite s'y opposent parce qu'il ne contient aucune coupure importante de dépenses et de programmes. 
 
Juste une petite note: vous confondez le mot 'libertaire' avec 'libertarien'. Un libertaire est un anarchiste de gauche qui rejette toute autorité et qui croit au collectivisme. Un libertarien croit en l'État mais seulement pour ses responsabilités de base pour protéger l'individu (lois, justice, etc) et n'a rien d'un collectiviste.

Olivier Gagnon, Montréal

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