Imprimer cette page

Jeudi 16 janvier 2014 15 h 46 HNE


Pour en discuter avec nous...

Cet espace de dialogue, de réflexion et de débat d'idées est aussi le vôtre. Nos carnetiers sont là, non pour mettre de l'avant leurs opinions, mais pour lancer une discussion et vous permettre de vous exprimer sur les événements marquants qui surviennent ici ou ailleurs dans le monde. Nous lisons tous les commentaires reçus, mais nous modérons chacun des carnets pour ne retenir que les commentaires les plus pertinents selon les sujets abordés. Seules les interventions signées et faites dans le respect d'autrui sont retenues. Pour en savoir plus, lisez
la nétiquette.
Bonne réflexion!

Veuillez noter que les forums de discussion des Carnets sont ouverts pendant deux semaines.

Carnet Michel C. Auger

26 janvier 2011

Obama, version 2.0


WASHINGTON - Obama, version 1.0, était le président réformateur. Celui qui a fait travailler le Congrès à un train d'enfer pour produire un bilan législatif des deux premières années plus impressionnant que celui de tout autre président depuis Franklin Roosevelt. 
 
Pour ses efforts, le président Obama a été récompensé d'une des pires raclées jamais encaissées par un président à une élection de mi-mandat. 
 
Voici donc maintenant, par la force des choses, la version 2.0 d'Obama. Un président centriste, ami de la grande entreprise, conciliateur et qui a un plan pour réduire le déficit.  
 
Un président qui se contentera d'initiatives modestes qui n'ont pas trop de chances d'aboutir, mais dont l'échec pourra facilement être jeté sur les républicains. 
 
C'est Obama 2.0 qu'on a vu au discours sur l'état de l'Union, mardi soir. Un discours modeste, assez peu partisan, et où la priorité du président était bien plus de montrer qu'il a retenu les leçons de l'élection de novembre dernier que de faire de grandes promesses. 
 
Un revirement entamé en décembre 
 
Un discours où Barack Obama n'avait pas besoin de transporter ses concitoyens par son éloquence. Il l'avait déjà fait il y a deux semaines en Arizona, au moment où l'occasion s'y prêtait. Devant le Congrès, il avait plus besoin de montrer qu'il est un président prêt à collaborer avec l'autre parti, une chose que les Américains aiment bien et qui l'a bien servi depuis quelques semaines. 
 
En fait, il y a eu un revirement spectaculairement rapide dans la perception qu'avaient les Américains de leur président. Une transformation qui avait commencé bien avant le discours rassembleur de Tucson. 
 
Le tout a commencé dans les derniers jours de décembre avec un compromis avec les républicains sur la prolongation des baisses d'impôt. En échange d'une prolongation de deux ans de baisses d'impôt pour les Américains qui gagnent plus d'un quart de million par année, Obama a obtenu une prolongation des baisses d'impôt pour la classe moyenne et des prestations pour les chômeurs. 
 
Puis, il a vu le Congrès sortant adopter le nouveau traité START avec la Russie sur la limitation des armes nucléaires, ainsi que la loi abolissant la politique du « Don't ask, don't tell » qui interdisait aux homosexuels de servir ouvertement dans l'armée.  
 
En un mois, la cote d'Obama a augmenté d'une dizaine de points dans les sondages et pour la première fois depuis plus d'un an, plus de 50 % des Américains se disaient satisfaits de sa performance. 
 
Bénéficier des compromis trouvés 
 
C'est donc un politicien qui a le vent dans les voiles et qui a repris contact avec son électorat qui s'est présenté devant le Congrès cette semaine. Avec le double objectif de tendre la main, mais aussi de prendre ses distances. 
 
Tendre la main en offrant aux républicains de collaborer dans des dossiers qui ne peuvent se régler que par un consensus des deux partis : réformer les lois fiscales, autant celles des entreprises que des individus, réformer les lois de l'immigration, limiter les poursuites contre les médecins ou revoir le financement de la Social Security, soit le système de pensions de vieillesse. 
 
Le président n'a guère le choix et ses chances de réussir sont modestes, mais en cas de succès, c'est toujours le président qui en retire le plus de bénéfices politiques. 
 
Par ailleurs, Obama a également pris ses distances vis-à-vis des républicains en expliquant ce qu'il voit comme le rôle du gouvernement pour préparer l'économie américaine pour les emplois de l'avenir : améliorer les infrastructures, étendre Internet à très haute vitesse à l'ensemble du pays, redonner aux États-Unis le premier rang du nombre de diplômés universitaires. 
 
Autant d'initiatives qui comprennent des dépenses gouvernementales importantes qui ne peuvent que déplaire aux républicains, pour qui la réduction de la dette passe nécessairement par des compressions budgétaires importantes. 
 
Des stratégies opposées 
 
De plus, le président Obama avertit les républicains qu'il ne les laissera pas revenir sur les aspects les plus populaires de sa réforme de la santé et que, si on peut parler d'améliorations, on ne va pas recommencer à zéro.  
 
Le but de tout ça est, bien sûr, de séduire les électeurs indépendants et centristes et de ne laisser aux républicains que les électeurs de droite, qui ne sont pas assez nombreux pour leur redonner la Maison-Blanche dans deux ans. 
 
Les républicains font le pari inverse. Ils croient que leur succès en novembre est dû au rejet des dépenses excessives de l'administration Obama, tant pour financer des projets de relance que pour une réforme de la santé compliquée et dont les citoyens ne voyaient pas facilement les avantages. 
 
Les républicains qui ont eu beaucoup de succès en se contentant de dire « non » à Barack Obama croient fermement que la voie de la popularité chez les indépendants et les centristes passe nécessairement par des compressions budgétaires et la maîtrise du déficit. 
 
Comme quoi la campagne électorale de 2012 est bien commencée.

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Pendant 30 ans, Michel C. Auger a couvert l'actualité politique québécoise et canadienne pour une multitude de médias écrits, autant en français qu'en anglais. Il aura passé dix ans à la Tribune de la presse à Ottawa ce qui lui aura permis de couvrir huit campagnes fédérales, six élections au Québec, sans oublier trois référendums, plusieurs élections présidentielles aux États-Unis et même celle... d'un pape.

Mais la politique n'est pas son seul intérêt. Il a également été affecté à la couverture de la Cour suprême du Canada dans les années qui ont suivi l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Il a également assuré la couverture de plusieurs grandes commissions d'enquête, dont celle sur le dopage dans le sport qui avait suivi la disqualification du sprinter Ben Johnson et la commission Keable sur les activités des services de sécurité au Québec après la crise d'Octobre 1970.

Au cours des 15 dernières années, il a rédigé des chroniques pour plusieurs journaux dont Le Journal de Montréal, Le Soleil, The Edmonton Journal et The Globe and Mail et tenu un blogue sur Cyberpresse.ca.

Au printemps de 2007, il est devenu chef de bureau de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, après des années à commenter l'actualité sur les ondes autant de Radio-Canada, de RDI, de CBC, de Télé-Québec et de TVA, où il a coanimé l'émission d'affaires publiques Larocque-Auger avec Paul Larocque.

Comme analyste politique à Radio-Canada, depuis l'automne 2008, Michel C. Auger suit de près la politique provinciale, fédérale et américaine.

Il tient maintenant ce carnet sur Radio-Canada.ca, en partie pour ne pas trop s'ennuyer de l'écriture...

3 février 2011

@ Jean l'Espérance 
 
Vous avez tout à fait raison! 
 
Le déclin de l'empire américain est absolument inévitable et irréversible, quoi qu'il est fait maintenant et dans le futur. Absolument personne ne peut dénier ou débattre de cette constatation. 
 
Ce qui peut être débattu, c'est quand tout cela s'écroulera (pas si, mais quand), de la façon ça s'écroulera, etc. 
 
Selon moi, le premier signe précurseur de ce déclin est relié au dollars américain, qui est une tendance très lourde. 
 
De plus en plus de pays (notamment la Chine) veulent se "débarrasser" du billet vert, sans trop faire de dommage. Il y a des ententes partout sur la planète entre certains pays pour s'échanger/vendre du pétrole autrement que par le dollars américain, certains pays n'accepte de moins en moins ce bout de papier euh... le billet vert, etc. 
 
Même aux États-Unis, des marchands acceptent de plus en plus d'autres devises (CAD, EUR, etc.) sachant que leurs "Federal Reserve Note" ne sont qu'un bout de papier sans valeur. 
 
Comme je l'ai dit à mainte reprise sur ce site, il faut remonter dans l'histoire même des USA et l'histoire des banques centrales, comment l'argent est fabriquer à partir de l'endettement (fiat currency, money as debt), etc. pour comprendre pourquoi ce déclin est en route aujourd'hui.

Yan Fortin, Lachine

27 janvier 2011

Lors des courts extraits du discours que j’ai regardés à la télévision, je me suis attaché à fixer mon attention non sur le président, mais plutôt sur les messieurs qui l’encadraient à cette tribune. Si la figure du vice-président Joe Binden était comme toujours avenante, la lecture que je fis de la physionomie de John Boehner le nouveau président de la chambre des Représentants était d’un tout autre ordre. Je le trouvais tendu, crispé, froid et à la limite absent ou hostile aux prononcés de Barack Obama. Peut-être était-il encore mal à l’aise dans son nouveau rôle ? 
 
Bien sûr, je suis conscient que cette lecture de la gestuelle Boehneréenne est subjective. Ce qui m’est venu à l’esprit est que quoi qu’il dise ou quoiqu’il fasse, il n’y aura pas d’années faciles pour le président Obama.  
 
Comme nombre d’observateurs, j’ai pensé en 2008 que nous étions témoins d’une gestation, celle d’une Amérique qui allait sortir de l’Âge de l’Innocence. Après les dernières élections, les évènements de Tucson, cette pantomime juponnée et médiatisée qu’est le Tea Party (rien à voir avec le mouvement historique dont le nom est expurgé). Il faut bien se rendre aux évidences : – Rien n’a changé. 
 
S’il est de bon ton d’être politiquement correct dans les sphères patriciennes ; lorsqu’on descend d’un échelon, c’est la bonne vieille Amérique ségrégationniste qui tient encore le haut du pavé. J’ai un doute quant au fait qu’une telle population soit outillée pour relever les défis de ce siècle. Je ne suis pas certain qu’il y ait légion d’américains qui soient prêts à se remettre aux études pour progresser ou simplement pour changer. 
 
« No more lying friends (Assez d’amis menteurs) 
« Wanting tragic ends (Qui veulent des fins tragiques) 
« Though they do pretend (Bien qu'ils ne prétendent) 
« They won't go when I go (ils ne vont pas quand je vais) » 
 
– d’après une chanson de Stevie Wonder

Serge Drouginsky, Longueuil

27 janvier 2011

Obama n'a pas changé, il reste le même. Il ne peut pas contrôler la désinformation, le mensonge, la peur véhiculés par les républicains. Le bateau coule et les riches sortent tout l'argent qu'ils peuvent des États-Unis. Quand ils ne peuvnt pas le faire à leur guise, ils essaient d'en donner le moins possible au gouvernement. Tout s'écroule parce qu'Obama n'a pas le contrôle de la haute finance, c'est-à-dire les banques. Il ne peut pas répartir ce qu'il ne collecte pas. Avant les banques donnaient du faux argent, des cartes de plastiques ou une hypothèque, mais comme elles ne veulent plus rien donner pour appauvrir le peuple et s'emparer de tout ce qu'il possède, alors le marché dégringole et c'est la faillite ou la vente à rabais de tout le pays. Le déclin est commencé et Obama ne peut pas sanver le peuple qui croit aux mensonges des exploiteurs.

Jean Lespérance, Montréal Québec

2012

  • septembre
  • août
  • juillet
  • juin
  • mai
  • avril
  • mars
  • février
  • janvier

2011

2010

2009

2008