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Cet espace de dialogue, de réflexion et de débat d'idées est aussi le vôtre. Nos carnetiers sont là, non pour mettre de l'avant leurs opinions, mais pour lancer une discussion et vous permettre de vous exprimer sur les événements marquants qui surviennent ici ou ailleurs dans le monde. Nous lisons tous les commentaires reçus, mais nous modérons chacun des carnets pour ne retenir que les commentaires les plus pertinents selon les sujets abordés. Seules les interventions signées et faites dans le respect d'autrui sont retenues. Pour en savoir plus, lisez
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Carnet Emmanuelle Latraverse

17 janvier 2010

Magalie


Depuis notre arrivée, son nom est sur les lèvres de tous les Canadiens et Haïtiens qui nous aident à faire notre travail ici. Aujourd'hui, j'ai découvert qui était cette femme extraordinaire. Laissez-moi vous raconter comment ça s'est passé. 
 
En prenant la route de Léogane, cette ville presque rasée par le séisme de mardi, Panel, notre accompagnateur, nous faisait la description de tous les immeubles détruits, nous montrant, entre autres, la Primature, transformée en camp de réfugiés, le complexe des Nations unies, les ministères de la Justice et des Travaux publics. 
 
Puis nous avons osé lui poser la question qui nous brûlait les lèvres: « Toi, tu étais où quand ça s'est passé? » 
 
Et Panel nous a raconté qu'il était à l'université, qu'il a pensé sur le coup qu'on attaquait l'université, que « le premier étage s'est ramassé au rez-de-chaussée », qu'il s'en est sorti, pour se rendre compte que le palais de justice n'existait plus, que sa chambre d'étudiant était détruite, qu'il craignait y avoir perdu sa thèse de maîtrise en philosophie.  
 
Puis, il conclut en nous disant: « Mais le pire, c'est que j'ai perdu la personne qui comptait le plus dans ma vie. » 
 
Eh oui!, cette personne, c'était sa meilleure amie, celle qui est si admirée et respectée. Cette personne, c'était ou plutôt c'est et ce sera toujours: « Magalie, Magalie Marcelin. » 
 
À la défense des Haïtiennes 
 
Magalie a toujours été une femme engagée. Elle a été exilée dans les années 80 par le régime Duvalier. Après un passage à Caracas, elle est venue s'installer à Montréal, où est d'ailleurs née sa fille en 1982. Elle y aura passé six ans avant de revenir dans sa terre natale, son pays, son Haïti. 
 
On pourrait dire qu'elle était la porte-parole d'un groupe de défense des droits des femmes, mais elle était beaucoup plus que ça. 
 
Elle a fondé Kay Fanm, une association financée par un organisme de Trois-Rivières qui accompagne les victimes de violence faite aux femmes. Elle a été l'instigatrice de la loi qui reconnaît que les femmes haïtiennes ne sont plus, du moins légalement, considérées comme des enfants par rapport à leurs maris. 
 
Elle était une « femme de gauche », nous dit Panel, « une amie qui m'a aidé à devenir qui je suis », conclut-il. 
 
Et alors que l'avenir de Panel semble bien incertain, il promet de reprendre le relais de Magalie, de militer pour les droits des femmes.  
 
Il promet surtout qu'il appellera sa première fille Magalie.  
 
P.-S.: Après avoir entendu cette histoire, on est venu me présenter Maïlé, la fille de Magalie. Elle a enterré sa mère samedi. Elle part ce matin vers la ville de Jacmel, complètement isolée depuis le séisme, chercher son fils de six ans.

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca
Emmanuelle Latraverse est chef de bureau pour la télévision et la radio sur la colline du Parlement à Ottawa. 
 
Emmanuelle s'est jointe à l'équipe de Radio-Canada en mai 2005, après être passée par le bureau parlementaire de TVA et la chaîne parlementaire CPAC.  
 
En 10 ans à Ottawa, elle a vu défiler aux Communes trois premiers ministres et huit chefs de l'opposition officielle. Elle a couvert les grands événements politiques de la dernière décennie, de la fusion de la droite, à la commission Gomery, en passant par les courses successives à la direction du Parti libéral et les soubresauts des gouvernements minoritaires qui se sont succédé.  
 
Elle a sillonné les routes du pays dans les caravanes électorales. Elle a couvert la guerre en Afghanistan et accompagné le premier ministre dans ses déplacements à l'étranger. 
Ses reportages et analyses sont présentés dans le cadre des grands bulletins de Radio-Canada.  
 
Emmanuelle participe régulièrement au panel d'analyse de l'émission politique hebdomadaire Les coulisses du pouvoir
 
Diplômée en études allemandes contemporaines et en économie de l'Université McGill, Emmanuelle détient une maîtrise en journalisme de l'Université Carleton, à Ottawa.

29 janvier 2010

Merci d'avoir rendu hommage à cette femme. Cette militante partie trop tôt en laissant en deuil tant de personnes qui comptaient sur elle..  
Hommage également à toutes ces femmes haïtiennes, ces inconnues disparues comme elles ont vécu, sans aucune reconnaissance mais ayant consacré leur vie aux plus démunis de leur pays .

Mueni Malu, Toronto

24 janvier 2010

La mort de Magalie, de Myriam et des autres est un coup dur pour Haiti. Je pleure pour elles et pour Haiti. Ces femmes de principe se dedicassaient a la cause des femmes au-dessus et par-dela toute chose. La voix de Magalie banalisait certains mots tabous revelateurs de la situation de domination des femmes. Elles ont contribue grandement a mettre en pleine lumiere les abus faits aux femmes. Je suis fiere de vous! Vous avez bien travaille! Allez en paix et que Dieu soit avec vos enfants et console votre famille.

MIRLANDE ZARE, Haiti

22 janvier 2010

Magalie, 
Tu as ete une femme extraordinaire. Tu es partie de maniere impromptue! Je suis symphatisante de Kay fanm, feministe, grace a toi. Tu etais toujours la pour les jeunes! Tu m'aidais toujours dans la preparation de mon emission de radio et mes seminaires dans les eglises protestantes sur l'emancipation de la femme. Tu etais tellement sage et courageuse!! 
Tu es partie, mais tes eleves continueront le travail que tu faisais avec amour et respect. Magalie Marcelin etait tres appreciee et respectee en Haiti. Mes sympathies a Maile, ton petit-fils, aux membres de Kay Fanm, dont Yolette Jeanty. 
Tu resteras toujours mon coeur!  

Melissa Desvallons, USA

21 janvier 2010

Bonjour Émmmanuelle! 
 
Votre texte sur Magalie me permet désormais de faire mon deuil. J'ai connu cette dame chez ma meilleure amie. Savoir que notre amie aura des funérailles et qu'un jour nous puiisions au moins nous reccueillir sur sa tombe me console. Je vous remercie de tout coeur.

Kina Konto, Greenfield Park

19 janvier 2010

Merci madame Latraverse pour ce beau témoignage à l'egard de Magalie. C'était une femme de tête et de coeur.  
Condoleances à sa fille Mailé, à son amie-soeur Michelle Tutenne, et à son ami Panel. 
Je prie Dieu de vous protéger durant votre séjour en Haiti. Merci pour tout.

Nicole Cesar, Laval, Québec

19 janvier 2010

Je suis un assidu de l'émission LES COULISSES DU POUVOIR. 
Votre jugement politique me fascine, mais là je vous lève mon chapeau,,,,vos reportages sur Haiti sont des plus justes, touchants. Je vous trouves brave dans ce pays pas toujours sécuritaire pour surtout les femmes. 
 
Bravo à vous,,,,,,,,,

Gaudet Régen, Bromont

18 janvier 2010

Madame Latraverse, 
Une simple phrase... Un gros merci pour votre humanisme et votre sensibilité envers le peuple haïtien.

Linda Bossé, Longueuil

18 janvier 2010

Il faut faire attention avant de diaboliser toutes les autorités et les embrigader dans le monde des méchants. 
Les gens bien organisés ont une méthode systématique de travail qui est très souvent dénigrée par les gens de tradition et les gens de superstition. 
Cependant dans le chaosil faut rétablir l'ordre

Echo Sierra, Toronto

18 janvier 2010

Madame Latraverse, Un gros merci pour le travail admirable que vous faites, vous et l'équipe de la SRC-RDI.  
 
Je crois bien que le tremblement de terre qu'a subit Haiti va changer à jamais la face du monde.  
 
Car dans le fin fond ce qui compte c'est l'être humain avant toute chose.  
 
Ne jamais oublier que tout les humains de la Terre ont une origine commune, Lucy et qu'elle vivait en Afrique.

Lionel Trudel, Shawinigan

18 janvier 2010

Sherbrooke, lundi 18 janvier 2010. 12h10. 
Bonjour à vous madame Latraverse, 
Permettez-moi de prendre quelques minutes de votre emploi du temps pour vous saluer et vous dire de faire attention à vous dans le travail de reporter sur le terrain que vous accomplissez depuis déjà quelques jours. Je salue votre professionnalisme encore une fois, votre humanisme dans la façon que vous abordez les gens à Haïti; votre immense respect, votre sensibilité et toute la détermination qui vous anime dans vos reportages, billets, papiers, carnets. Si vous me permettez, mes bons mots en bonnes pensées à vos collègues de la CBC-SRC de Montréal et Ottawa et d'ailleurs qui partage le terrain avec vous et vos installations. ATTENTION À VOUS et souhaitons que les Haïtien-ne-s seront aidée et soutenus dans toute cette catastrophe et les séquelles qu'elles laisseront dans leur mémoire et coeur d'humain! 
Mes salutations et bonnes pensées. 
PLP 
Sherbrooke QC

Pierre-Luc Poisson, Sherbrooke QC

18 janvier 2010

Merci Madame Latraverse de publier les dires de cet ami de Magalie. Magalie était aussi mon amie et celle des femmes et des hommes du Comité de Solidarité de Trois-Rivières qui ont eu la chance de travailler à ses côtés pour l'organisme Kay Famn. J'ai eu la chance de découvrir Haïti à travers elle en 1999. Cette femme de tête et de coeur a contribué à tisser des liens indestructibles entre les femmes du Québec et les femmes d'Haïti. Magalie était et demeurera à tout jamais une grande femme. Son sens de la justice, sa détermination, son humanisme vont continuer à éclairer notre chemin.

Denise Caron, Trois-Rivières

18 janvier 2010

J'ai eu la chance de rencontrer brièvement Magalie et sa fille avec ma conjointe Denise lors d'un stage court organisé par le comité de solidarité de Trois-Rivières en 2008.  
Effectivement comme M. Panel le rapporte, c'était une femme de gauche qui n'avait pas la langue dans sa poche qui me rappelait le language dru de nos premières féministes. Pour elle il n'y avait aucune excuse pour la violence faite aux femmes et pour le manque de place des femmes dans les postes décisionnels. Magalie n'est plus, mais son message reste. Mes sincères condoléances à sa fille Mailé. 
Louis Caron

Louis Caron, Trois-Rivières

17 janvier 2010

Emmanuelle, 
 
Prenez soin de vous dans cette aventure. 
Merci pour votre bon travail. 
 
N'y a t-il plus grand contraste que tout ce tape à l'oeil d'aide qui s'envole vers Port au Prince et ces images de personnes encore dans le besoin? 
 
Les problèmes de logistique sont une raison de riches en quête de prestige.  
 
J'imagine tout l'monde à l'aéroport qui font des réunions au lieu d'aller au moins visiter les blessés, les réconforter, simplement leur dire qu'ils ne sont pas seuls. 
 
Les haïtiens sauraient mieux que nous réconforter et aller au coeur des gens même dans la pauvreté. 
Ils sauraient pleurer , chanter et prier à notre chevet. 
 
C'est trop long une semaine à laisser les gens mourir écrasés et souffir de la faim et de la soif seuls avec le sentiment d'être abandonnés. y a de quoi demander Pardon. 
 
Nous sommes de riches imbéciles le coeur  
embricadé dans nos structures . 
 
Devenons humains !

Hélène Roy, Sherbrooke

17 janvier 2010

Comme Magalie, Haîti est et sera toujours. 
Les survivants ont espoir, ils poursuivent. 
Comme votre reportage de ce matin à la télévision sur un bébé né il y a deux jours, la vie veut reprendre le dessus. 
Merci de nous toucher par la justesse de vos 
commentaires. 
 

Marcellin Dugré, Terrebonne

17 janvier 2010

C'est étonnant de voir combien un évènement comme celui-ci peut changer pour ne pas dire bouleverser notre vision des choses, des gens et du monde. Même ici depuis ma banlieue de Montréal, je ne peux plus voir les choses de la même façon que je les voyais dimanche dernier seulement. Il se produit des catastrophes qui nous prennent jusqu'aux tréfonds de notre esprit, notre vision est changée et nous n'y pouvons rien. Nous sommes tous devenus un peu haïtien désormais, cette culture nous habite et nous tremblons de regarder la vie toujours si fragile. 
 
J'ai bien aimé votre reportage sur le premier bébé du tremblement de terre. La vie est plus forte que tout. Et contre cela non plus nous ne pouvons rien. 
 
Portez-vous bien. Nous pensons à vous. 

Serge Drouginsky, Longueuil

17 janvier 2010

Madame Latraverse, 
J'apprécie vos reportages et vous trouvez les mots justes pour exprimer la détresse de ce peuple. 
Merci

Géraldine Bujold, Montreal

17 janvier 2010

Vous avez voulu nous donner un visage humain , personnel, particulier a cette catastrophe. 
 
Vous avez reussi avec ce portrait de Magalie Marcellin et de son entourage immediat et des causes qu elle a defendues et gagnees. 
 
Elle laisse un heritage social et politique et un heritage humain qui continuera dans ses traces. 
 
Un accompagnateur philosophe ? Je vous souhaite de faire paraitre un livre sur votre experience haitienne a partir de vos notes quotidiennes.

Victor Nazaire, Ottawa

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