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Carnet Gérald Fillion

22 mai 2009

Payez maintenant...


Demandez à n'importe quel employeur et les chances sont bonnes qu'ils vous répondent qu'un régime de retraite à cotisations déterminées est plus avantageux qu'un régime de retraite à prestations déterminées. En fait, c'est moins inquiétant, les risques sont moins élevés. Les risques sont en quelque sorte transférés aux employés et retraités. 
 
C'est un peu ce qui se passe à la Commission de la construction du Québec, qui devra réduire les rentes de ses retraités parce que l'institution a instauré un régime à cotisations déterminées. À la commission spéciale sur la Caisse de dépôt à Québec, le PDG de la CCQ, André Ménard, a livré un témoignage fougueux jeudi, tapant du poing sur la table et se lançant dans une attaque au vitriol contre les dirigeants de la Caisse de dépôt et placement du Québec. 
 
Le problème, c'est que la CCQ a confié 11,8 milliards de dollars de cotisations à la Caisse en 2007 et que l'an dernier, ce placement a perdu près de 2 milliards en valeur. La CCQ affirme devoir composer avec un manque à gagner de 600 millions de dollars, ce qui représente 2500 $ par travailleur. Sur une rente annuelle d'environ 18 000 $, le travailleur qui prendra sa retraite prochainement perdra 700 $. C'est une baisse de 3,5 % à 4 %. Ce sera plus important encore en 2010 et 2011.  
 
André Ménard ne savait pas que la Caisse avait investi une partie des avoirs des futurs et actuels retraités de la construction dans les papiers commerciaux: « On a peut-être pris suffisamment de risques pour qu'aujourd'hui on puisse se questionner un peu plus », a-t-il dit en tapant sur la table à la commission. « On veut savoir où on va investir. Je ne veux pas jouer dans leur terrain, mais on veut une plus grande complémentarité. On veut se challenger et puis je dirais même s'affronter par moment s'il le faut! » 
 
Cotisations et prestations? 
 
Que sont les régimes à cotisations déterminées? Selon la définition donnée dans l'ouvrage Gestion financière des caisses de retraite, ce sont des régimes « où le montant des cotisations salariales et patronales est préétabli: les prestations dépendent du capital de retraite accumulé. »  
 
C'est un régime simple, selon les auteurs du livre, mais imparfait: « Leur principal défaut réside dans l'incertitude quant au niveau de rente que la caisse pourra payer, compte tenu des variations que peuvent provoquer: les rendements de la caisse pendant la période d'accumulation; l'état des marchés financiers et des taux d'intérêt au moment de la prise de retraite. » 
 
Que sont les régimes à prestations déterminées? Selon le même ouvrage, dans ces régimes, « la rente et les autres prestations sont fixées par les dispositions du régime et les cotisations varient de manière à couvrir les prestations promises. [...] Comme les prestations de retraite doivent être payées jusqu'au décès du participant, le calcul de leur financement rend l'administration de la caisse de retraite plus complexe: il faut évaluer, au moyen de différentes méthodes et hypothèses, la somme dont il faut disposer pour pouvoir payer cette rente le moment venu ». 
 
Le principe de cette formule, c'est que « si jamais le promoteur du régime se trouve dans l'incapacité de tenir ses engagements à cause d'une capitalisation insuffisante du régime (en cas de faillite de l'entreprise), les retraités s'exposent à ne pas recevoir la totalité des rentes promises — et c'est encore plus vrai pour les futurs retraités! » 
 
Au Canada, une mince majorité de régimes sont à cotisations déterminées, mais une forte majorité des participants sont dans des régimes à prestations déterminées, étant donné la grande présence des fonctionnaires dans ce modèle de régime. Ainsi, en 2000, près de 85 % des Canadiens étaient participants d'un régime à prestations déterminées. 
 
Payez, payons! 
 
La réalité est simple. De nombreuses sociétés publiques et privées doivent composer aujourd'hui avec un problème de financement de leur régime de retraite. Si c'est un régime qui garantit la prestation, plusieurs sociétés devront augmenter les cotisations pour renflouer les coffres et respecter leurs engagements financiers. Si c'est un régime qui fixe les cotisations sans garantir les prestations, c'est le rentier qui va en souffrir.  
 
Selon le professeur d'économie Marcellin Joanis, de l'Université de Sherbrooke, la CCQ est la seule grande institution à devoir composer avec une situation aussi périlleuse. Les autres régimes auront le temps de se reprendre dans la mesure où les rendements seront au rendez-vous. Selon lui, la Caisse pourrait récupérer une partie de ses pertes, d'autant que la majorité de la perte de 2008 est sur papier, elle n'est pas réelle.  
 
C'est bien, mais on peut se questionner sur le financement des régimes de retraite. Devrait-on éviter de donner des congés de financement aux employeurs quand la caisse est suffisamment remplie? Est-ce que les actuaires devraient refaire leurs calculs pour augmenter le niveau de prudence et de prévoyance des régimes de retraite pour faire face à ce genre de situation? 
 
En attendant, cotisants et rentiers vont payer...


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Gérald Fillion présente et analyse l'actualité économique à Radio-Canada. Il anime RDI en direct sur l'économie du lundi au vendredi à 18 h 30 HE sur RDI, une émission visant à rendre l'économie accessible à un large public. Gérald Fillion est journaliste à Radio-Canada depuis 2001 et se spécialise dans la couverture économique depuis 10 ans. Il est diplômé de l'Institut des valeurs mobilières du Canada et est titulaire d'un baccalauréat en communications de l'Université du Québec à Montréal.  
 
Retrouvez Gérald Fillion au Téléjournal (à 21 h HE à RDI et 22 h HE à la Première Chaîne), au Téléjournal Montréal (18 h HE), dans les les téléjournaux de plusieurs stations du réseau et à RDI (16 h 15, 17 h 15 et 18 h 30). On peut aussi l'entendre à la radio, à L'heure des comptes et dans les émissions du retour à la maison partout au pays.

26 mai 2009

Contrairement à la croyance populaire, je pense que les régimes de retraites à cotisation déterminé est selon moi mois risqué pour les raisons suivantes: Regardons GM qui est au bord de la faillitte (entre autres) à cause des régimes de retraites. 
 
Si GM fait faillite, eh bien bye bye régime de retraite! On peut penser à Worldcom, Enron, etc. Qu'est-ce qui dit que des compagnies comme Bell, Quebecor ou Bombardier ne feraient pas faillite un jour? Personne ne peut le prédire. 
 
Avoir un régime de retraite attaché à une compagnie équivaut (indirectement) à mettre tous ses oeufs dans le même panier. 
 
Il faut aussi dire qu'il existe des véhicules financiers qui ne sont pas divulgué au grand public, ni dans les banques et ni dand les fonds mutuels ou la bourse... Seulement les riches connaissent ces véhicules. 
 
C'est un peu comme la grenouille qui a toujours vécu dans le fond d'un puit. J'ai sortie du puit et je vois toutes les possibilités, wow... le monde est grand. C'est la même chose dans le monde financier....

Yan Fortin, Lachine

26 mai 2009

Lorsque les rendements augmentent les gestionnaires nous disent volontiers que le fonds a pris de la vraie valeur. Lorsqu'il y a des pertes, ce n'est que papier. Lorsqu'il y a des gains on verse des bonus annuels sur des performances dures comme le roc. Lorsqu'il y a des pertes on blâme les produits. Plus de responsables. Facile tout cela. Ou bien on se prend les taloches et les bonus OU ni l'un ni l'autre. 
 
Mais tout ceci sent la facilité québécoise. Tranquille révolutionnaires endormis. Dans 2 ans la caisse aura repris sa valeur et nous écrirons « Bravo M Sabia!!! ». On ne s'intéressera plus à la stratégie de placement et au % de croissance spéculative. Bien plus facile de surfer la vague. 
 
J'ai lu récemment un article sur les fonds de retraites. 80% des sommes appartiennent à des employés de l'état (ça ressemble au 85% de prestations déterminées). Comme le mentionner M Brasseur un groupe profitera d'une retraite facile tandis qu'un autre groupe se retrouvera avec la facture via ses taxes. 
 
M Lamoureux fait un bon point. Si on veut gérer correctement on actualise la valeur de nos dettes et on place au taux nécessaire qui devrait se retrouver entre 2% et 5%. Si on maintient notre petite facilité on tente de diminuer nos cotisations, on prend plus de risque et la bourse nous offre l'illusion du rendement accompli. 
 
Durant tout ce temps on pelte la vérité en avant sur les prochaines générations. Les services se désagrègent. Les gouvernements s'endettent. Les taux d'imposition sont déjà insoutenables et devront être augmentés pour soutenir les retraites et renflouer les services. Ce poids se portera sur les salariés de 60k$ à 100k$, dont plusieurs n'ont pas de plan de retraite bien financé, pour le temps qu'ils accepteront que ça dure.  
 
Jean Charest prendra sa retraite sur le bord du lac Memphrémagog, voisin d'Henri-Paul et de Paul Jr, en se croisant les doigts pour que l'histoire se souvienne seulement de la Romaine!

Alain Cloutier, La Prairie

25 mai 2009

Facile de taper du poing maintenant.... 
Cela donne l'air de s'en être occupé ... 
Un PDG qui ne sait pas que ... que ... que ... 
Il est là le problème aujourd'hui, je savais pas, j'ai pas vu venir le coup, j'ai fait une erreur de jugement, j'étais mal entouré, c'est difficile de recruter des gens qualifiés, j'suis pas le seul responsable, c'est la faute à la situation économique, c'était une tempête ..... 
et j'en oublie. Mais, il reste une question jamais posée, que font ceux qui réussissent, qu'ont-ils de 
plus? Réponse: Ils s'en occupent

Monique Lévesque, Montréal

25 mai 2009

Il faut s méfier de tous ceux « élus ou non élus » qui veillent sur nos intérêts. Habituellement au pays des Bougon,quand quelqu'un veille sur nos intérêts, c'est pour se les approprier. Ça prend un comité de surveillance indépendant du pouvoir et changeant sinon on va se retrouver avec une sepèce de Régie de l'énergie ou d'AMF qui ne valent pas grand chose. Il n'existe pas de formules parfaites ou qui s'en rapprochent parce que le laxisme de nos tribunaux permet n'importe quoi. Nous sommes à la merci du hasard: pile, ce sont des Bougon,face, ce sont des semi-Bougon.  
Je suis enclin à croire que les pertes réelles sont plus grandes que celles écrites sur papier. Le problème avec toutes nos institutions, c'est qu'on regarde beaucoup la compétence et pas assez l'intégrité, la notoriété, le parcours d'une personne. Les actuaires essaienr de nous faire croire qu'il y a des méthodes de calcul qui nous permettent de déterminer l'indéterminable. Ces actuaires sont-ils capable de prévoir des pertes de 10,20,30,40 milliards? Voyons, M. Fillion, vous rêvez en couleur.

Jean Lespérance, Montréal Québec

25 mai 2009

C'était ce que je me doutais. Il y a donc un espoir que le papier commercial reprenne de la valeur. C'est au moins ça de positif. 
 
Cependant, vous avez dit que Teachers n'avait pas fait cette erreur, d'acheter autant de papier commercial. N'aurait-il pas fallu se montrer plus prudent ? Comme on dit, pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. 
 
En quoi est-ce de l'ingérence de la part du gouvernement, de veiller aux intérêts des Québécois ?

Daniel Labonté, Montréal

25 mai 2009

PRÉCISION: permettez-moi de préciser qu'en 2000, près de 85 % des participants et non des Canadiens étaient cotisants à un régime à prestations déterminées. C'est une nuance importante: plus de la moitié des travailleurs canadiens ne participent pas à un régime de retrait agréé.

Gérald Fillion, Montréal

25 mai 2009

RÉPONSE à Daniel Labonté: prenez un exemple: les immeubles. La Caisse a un rendement de -22 % en 2009 dans son portefeuille immeubles. Une partie de la perte est attribuable à la norme «nbsp;mark to market » qui oblige les gestionnaires à inscrire dans ses résultats la valeur du marché au 31 décembre 2008 pour ses immeubles. Compte tenu de la crise, ces investissements ont perdu une grande partie de leur valeur, mais ils pourraient regagner les pertes de valeurs sur papier dans les prochaines années, vous me suivez? On peut donc dire que ce sont des pertes non matérialisées. Cependant, si la Caisse vend des actions d'entreprises à 15 $ alors que ces actions valaient 25 $ au 31 décembre 2007, elle affichera ainsi une perte de 10 $ par action par rapport au 31 décembre 2007 et une perte plus ou moins grande par rapport au prix d'achat de l'action. Il y a donc ce qu'on vend à perte et il y a ce qui perd de la valeur, mais qui pourrait en gagner. C'est le cas du papier commercial, un investissement qui pourrait reprendre de la valeur d'ici sept ans, mais qui est dévalué aujourd'hui de 4 milliards de dollars.

Gérald Fillion, Montréal

25 mai 2009

De toute façon il ne faut pas se leurrer, une immense partie du travail en construction est fait au noir. Pas de taxes, pas d'impôts et pas de fonds de pension non plus. D'autre part peu importe la nature des régimes, à la fin il va falloir payer or avec le vieillissement rapide il est clair qu'il n'y a pas assez de fonds pour tout le monde. 
 
A mon avis les retraites constituent la division la plus profonde et la plus injuste des sociétés du monde développé. D'un côté vous avez "les rentiers", c-a-d ceux qui bénéficient de la sécurité de régimes à prestations déterminé, surtout des employés du secteur public dans leurs paradis syndicaux, de l'autre vous avez tous ceux qui ont soit des régimes à contribution déterminés ou pas de régimes du tout, juste leur REER et on sait très bien que ce n'est pas suffisant... 
 
Ce qui est profondément injuste est que ceux qui n'ont pas de fond de pensions pour eux-même soient obligés de financer celui de ceux qui en ont un. 
 
On parle souvent de déséquilibre entre riches et pauvres, mais au moins les "riches" possèdent des entreprises qui font travailler les gens. Ici rien de tel, on exploite vilement sont prochain même si on travaille moins et moins bien que lui sous le simple prétexte que l'employeur est le monopole gouvernemental, le tout cautionné, soutenu et même affublé de réthique "progressiste "par de puissants syndicats. 
 
C'est un fracture sociale qui fait déjà des sienne en Europe, ce n'est qu'un début et bientôt ce sera notre tour.

Pierre Brasseur, Vaudreuil

24 mai 2009

Je viens de lire dans votre billet, que vous parlez de perte sur papier versus perte réelle. Je viens d'emprunter le livre La caisse dans tous ses états de Mario Pelletier, qu'on a censuré récemment, et j'avoue avoir de la difficulté à comprendre la différence. 
 
Sommes-nous en train de nous dire que n'avons pas perdu 40 milliards, soit 25 % de l'actif de la Caisse de dépôt ? Ce ne serait qu'une perte sur papier ? Donc, qu'avons-nous réellement perdu ?

Daniel Labonté, Montréal

24 mai 2009

Je trouve que dans ce domaine ,des placements de retraite, c'est la loi du secret. 
L'employé sait qu'on prends un montant sur son salaire pour sa retraite et c'est tout.Pas de compte rendu sauf pour lui demander d'en donner plus s'il y a erreur de l'administrateur du fond. 
Les gestionnaires ne se parlent pas entre eux.On a entendu par plusieurs, on n'était pas au courant qu'il y avait tant de papier commercial, personne ne semble savoir comment ça marche, ou l'argent va et comment elle est placée. Ça prends un scandale ou une perte pour que les langues se délient et qu'on sache ce qui se passe.  
Il faudrait plus de transparence et en finir avec la loi de la cachoterie et du secret. 
Ce n'est pas normal qu'on soit tenu a l'écart.. 
 

Micheline Belanger, Magog

24 mai 2009

Nous allons entrer dans un débat très important dans les prochaines années: les retraites. 
 
Je m'attends à ce que les régimes de retraite à prestations déterminées, surtout dans le public et le para-public, seront dénoncés comme trop coûteux par ceux-là même qui ont mis le "bordel" dans le système financier. Il n'est pas surprenant que André Ménard, président de la CCQ a été le plus virulent à dénoncer la gestion de la Caisse puisque son régime de retraite à cotisations déterminées est le premier à faire face aux conséquences des pertes. Ce sont les retraités qui devront payer la note. 
 
Dans cette crise financière qui nous touche, il est important de noter le retour du politique dans la gestion des affaires. Les plans de restauration étatiques mis en place dans tous les pays occidentaux prouvent que la position dominante de l'économique est fortement contestée. 
 
Dans cette perspective, la candidature d'un Clément Gignac, économiste en chef de la Banque Nationale et un de nos "vedettes" spécialistes de l'économie du petit écran, comme possible député libéral de Marguerite-Bourgeoys n'est pas étonnante. Alors que dans les dernières années, les partis politiques n'arrivaient plus à recruter des candidats de prestige venant du domaine financier, ils seront nombreux,maintenant, à venir frapper aux portes des partis. 
 
Ces hommes qui ont participé à cette économie-casino, viendront nous vendre les vertus de l'austérité. Ayant empochés au passage quelques millions, ils pourront faire de la politique "pour sauver la patrie". Ils proposeront à la population la prudence et la bonne gestion. Sur les retraites, je les entends déjà nous dire les vertus des régimes de retraite à cotisations déterminées, l'importance de relever l'âge de la retraire, etc. Nous devrons être vigilants et ne pas leur laisser toute la place sur le plan politique 
 
En somme, ceux qui nous ont mis dans le trou, viendront nous dire que la retraite à 65 ans et même à 70 ans, c'est le paradis sur terre.

Jean Archambault, Montréal

23 mai 2009

Dans tout ce débat des régimes de retrautes, il y a une question que tout le monde semble éluder: qui doit gérer?L'employeur? Le syndicat? Un partenariat? Et comment trouver du monde compétent sans tomber sur des escrocs, des profieurs? On voit avec la Caisse de dépôt que tout n'est pas si simple. Aucun actuaire, si intelligent soit-il n'est capable de savoir combien de temps une personne ou un groupe d'employés va vivre? La moyenne d'il y a 20 ans, ne se compare pas avec la moyenne d'aujourd'hui. Et comment promettre une pension à vie quand une compagnie ne sait même pas si elle va encore exister? On peut promettre un montant à la retraite mais c'est tout. Même des compagnies d'assurance font faillite, sans doute parce qu'il y a des Henri-Paul Rousseau qui les gèrent et qui s'imaginent mériter la moitié des gains des placements. Il doit y avoir un seul régime avec une seule règle que tout le monde connaît. Tous ceux qui paient devraient recevoir annuellement un compte-rendu détaillé des dépenses des administrateurs et des placements. Cette mesure devrait être obligatoire. Aujourd'hui certains employeurs jouent à la cachette avec la complicité du syndicat. Au pays des Bougon, tout est permis. À quand un gouvernement responsable qui va mettre de l'ordre là-dedans? Je ne veux pas une autre commission d'enquête, je veux du monde responsable.

Jean Lespérance, Montréal Québec

23 mai 2009

M. Fillion, 
Dans le dernier paragraphe vous posez deux questions : 
"Devrait-on éviter ...? " 
En plus des congés de cotisation le patronat a effectué des ponctions. Le patronat est celui qui profite des surplus en temps de vaches grasses. Il effectue des ponctions à qui mieux-mieux. Dans certains cas, sa se chiffre en millions chaque année. Mais que fait-on des sommes empochées par le patronat? Ne devraient-ils pas remettre ces argents dans le régime lorsque les temps sont durs? Avant d'aider le patronat, peut-on savoir combien ils ont empoché par le passé? Si les travailleurs avaient vraiment leur mot à dire, un vrai rapport de force dans les décisions de gestion de leur régime, l'argent resterait dans le régime. Les règles de gestions sont mises en place par nos gouvernements pour les entreprises. 
 
Des milliers de travailleurs au Québec perdent en moyenne 50% de la valeur de leur rente accumulée lors de la fermeture de leur usine (les travailleurs qui ont plus de 55 ans versus les moins de 55 ans). 
 
"Est-ce que les actuaires ...? " 
Les consignes de placement sont données par le patronat (agressif, modéré ou pissous). Le patronat y trouve son compte en réalisant toujours plus de surplus. Qui dit surplus, dit risques. Qui dit surplus, dit plus de bonus aux dirigeants. 
 
Lorsque le patronat se retrouve dans un manque à gagner, il se retourne vers nos gouvernements pour de l'argent public ou encore des concessions des travailleurs. Lorsque la bourse allait bien et qu'ils y retiraient des centaines de milliers de dollars chaque année. Le patronat s'en mettait plein les poches. 
 
Tant et aussi longtemps que la population ne se sentira pas concernée par la perte que ces ex travailleurs subissent. Cette population risque que la même chose lui arrive. Vous-vous croyez à l'abri d'une telle aventure (drame humain). Attention le réveil risque d'être brutal. 
A moins de deux ans de ma retraite, je suis passé de 1200$ par mois à 600$ par mois. Et ceci en toute légalité parce que je n'ai pas atteint 55 ans.

René Arseneault, Trois-Rivières

22 mai 2009

Partie 3 
 
Il faudra aussi changer les mentalités pour associer la gestion de l'actif aux distributions de passif à payer. Actuellement, on dit aux gestionnaires d'actifs de gérer en visant un rendement, sans tenir compte du passif, et c'est une grave erreur, car le but d'un gestionnaire de portefeuille d'un régime de retraite n'est pas de maximiser le rendement comme tel, mais de faire en sorte que les montants nécessaires soient disponibles pour payer les prestations. En théorie, en autant que le taux de rendement de l'actif est égal au taux d'actualisation du passif, le régime demeurera solvable. Évidemment, moins on veut payer de cotisation, plus il faut augmenter le rendement et donc, prendre davantage de risque, et on paie pour aujourd'hui! 
 
En terminant, comparer la performance de différents régimes de retraite sur la base des rendements obtenus, mais sans tenir compte des différences au niveau du passif, est tout simplement incohérent. Par exemple, la distribution des passifs de Teachers ne ressemble pas du tout à celle de la Régie des rentes, qui couvre l'ensemble des travailleurs et pas seulement un corps d'emploi en particulier. Le même commentaire vaut pour tous les déposants de la Caisse de dépôt. Pourtant, tous les journalistes, politiciens et autres commentateurs ont fait cette erreur, et il est troublant que ce soit ces mêmes personnes qui décideront des solutions!

Martin Lamoureux, Québec

22 mai 2009

Partie 2 
 
De plus, l'argument des rendements positifs qui compensent les rendements négatifs perd de sa force quand on sait que la loi sur le revenu empêche un régime à prestations déterminées d'avoir un surplus supérieur à 10% de la valeur des actifs. C'est cette règle qui fait que les régimes ont dû opter pour des bonifications de régime et des congés de cotisation. Cela signifie, que même les régimes les mieux capitalisés ne peuvent subir une perte supérieure à 10% sans devenir sous-capitalisée. Cette règle sur la capitalisation maximale a pour but de limiter l'avantage fiscal que confère la cotisation de l'employeur. Par contre, elle n'encourage pas la prudence dans la gestion des fonds. Ce maximum devrait être augmenté pour permettre l'accumulation de surplus. 
 
Pourtant, dans tous les changements réglementaires qu'on proposera, il serait très surprenant qu'on propose des changements à la capitalisation maximale, car cette règle ne relève pas de la Régie des rentes du Québec qui balise les normes minimales de capitalisation des régimes privés. On fera sûrement plusieurs recommandations sur la gestion du niveau minimal de cotisation, et on permettra aux employeurs d'étaler leurs remboursements de déficit sur plusieurs années, pour éviter de leur faire faire faillite. On l'a fait il y a trois ans alors que la majorité des régimes étaient dans le rouge après les mauvais rendements du début des années 2000. Notez cependant que ces déficits étaient pour la plupart disparus à la fin de 2007! 
 
Une solution aux problèmes de la gestion des actifs d'un régime de retraite est de faire davantage que de viser un rendement moyen, car rien ne garantit que le rendement moyen sera atteint pour n'importe quelle fenêtre de comparaison. Il faut donc agir sur les fluctuations des rendements en choisissant des stratégies qui ne visent pas le rendement maximal chaque période, mais qui assurent un rendement minimal et qui limitent le rendement maximal.

Martin Lamoureux, Québec

22 mai 2009

Partie 1 
 
Dans les deux types de régimes, il y a un incitatif à prendre plus de risque maintenant. Si on veut davantage de certitude, il faut accepter d'investir dans des placements moins payants, ce qui augmente les cotisations, peu importe le type de régime. Si on veut réduire les cotisations, il faut donc accepter plus de risque. On peut alors se retrouver avec plus d'argent que nécessaire ou moins. 
 
Si on doit payer davantage maintenant, il ne faut pas oublier qu'on a fait des choix dans le passé pour minimiser les cotisations, ce qui a forcé l'augmentation du risque dans la gestion de l'actif. Les méthodes de calcul des actuaires ne changeront rien à ça. 
 
On pourrait penser que sur une longue période, l'effet des rendements plus faibles va être annulé par les rendements plus élevés, mais cet argument n'est vrai (et encore!) que si l'on investit tout notre argent au début et qu'on la ressort 30 ans plus tard. Or, dans un régime de retraite, on cotise jusqu'à la retraite, de sorte que chaque cotisation est investie avec un horizon décroissant, qui n'est plus à long terme avec le temps. Donc, si les cotisations augmentent avec le salaire, une proportion non négligeable a été investie avec un horizon pas si lointain que ça, ce qui réduit la possibilité de se « refaire » en cas de mauvais rendements. Cela vaut pour les deux types de régimes en passant. 
 
Il est vrai que dans un régime à prestations déterminées, l'employeur fournit une assurance en cas d'insuffisance des rendements. Par contre, la corrélation est grande entre des rendements plus faibles et une situation économique difficile, ce qui empêche souvent l'employeur d'effectivement renflouer le fonds quand la situation l'exige vraiment. La valeur de sa protection est en fait plus faible qu'on le pense. Et cette protection incite aussi les employés à accepter une gestion plus risquée, car cela diminue leur cotisation.

Martin Lamoureux, Québec

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