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Carnet Alain Crevier

20 mai 2009

Benoît XVI, homme politique?


Cette semaine, je voulais vous parler du retour des catholiques sur la place publique. Depuis quelques années, on ne les voyait pas beaucoup. On ne les entendait pratiquement plus. Mais quelque chose a changé. Le dernier carnet sur le cours d'Éthique et culture religieuse en est un bon exemple. J'y reviendrai plus tard cette semaine.  
 
Je trouvais difficile de ne pas parler du voyage de Benoît XVI en Terre sainte. Franchement, me semble-t-il, étonnant voyage! 
 
Pourquoi aller en Terre sainte? 
 
Bien sûr, on dira qu'un voyage en Terre sainte allait de soi pour le chef d'une vaste communauté de croyants. Un retour aux sources, dirons-nous. Même si les chrétiens, en Terre sainte, se font de moins en moins nombreux.  
 
Un retour aux sources, donc. Mais la Terre sainte étant ce qu'elle est aujourd'hui, le périple pouvait-il être autre chose qu'une course à obstacles? Avant même que l'avion du pape ne décolle de Rome, certains observateurs se demandaient comment cet homme qui a soulevé tant de controverses allait s'en sortir indemne.  
 
Après tout, ce sont des controverses qui ont touché autant le monde musulman (le célèbre discours de Ratisbonne, en 2006) que le monde juif (l'affaire Williamson, le projet de canonisation de Pie XII, les propos de Benoît XVI à Auschwitz en 2006). Alors, pourquoi choisir d'aller dans cette région du monde qu'on considère comme une poudrière? Comment lui, ce pape reconnu pour ses qualités de théologien, allait-il éviter tant de bouillantes questions politiques?  
 
Parenthèse. En parlant avec des collègues qui habitent Jérusalem, je me suis souvenu qu'en certains endroits de la planète, parler de religion c'est tout simplement parler de politique. Et je me suis dit que Benoît XVI devait bien s'en douter, non?  
 
Eh bien, précisément. Rien n'obligeait Benoît XVI à choisir une telle destination. C'est un choix. Et que retiendrons-nous de ce 12e voyage de Benoît XVI? Je ne crois pas que ce soit son passage dans une mosquée en Jordanie. Ni son pèlerinage au mémorial pour la Shoah, à Jérusalem. Pèlerinage qui n'a pas fait l'unanimité.  
 
Benoît XVI comme médiateur? 
 
Je crois que ce qu'on retiendra, ce sera cette image d'un pape qui traverse un poste de contrôle et entre en territoires occupés. Ce seront ces quelques mots en faveur d'un État palestinien, qu'il a répétés en plusieurs occasions. Ce sera ce discours où lui, Benoît XVI, a offert ouvertement sa sympathie et son soutien aux victimes de Gaza.  
 
Franchement, j'ai eu le sentiment que Benoît XVI s'offrait comme médiateur. Qui l'eut cru... Benoît XVI, un homme politique? 
 
Maintenant, la question. Lui, ce pape qui porte plusieurs controverses sur son dos, peut-il changer quelque chose dans cette région du monde? Pourrait-il être un facteur de changement politique? Benoît XVI, un facteur de changement?


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Alain Crevier oeuvre à la télévision et à la radio de Radio-Canada depuis plus de vingt ans. Essentiellement... 
 
Il a travaillé à des émissions d'affaires publiques, à la radio, de 1980 à 1991. Il a ensuite été correspondant à Toronto, toujours pour les affaires publiques radio, de 1987 à 1991. 
 
Il a été animateur-journaliste pour la série Nord-Sud, à Télé-Québec, de 1991 à 1993. Il s'est aussi occupé, toujours comme animateur-journaliste, de la série Feu vert, sur les questions d'environnement, à Télé-Québec, en 1993 et 1994. 
 
Il a animé CBV Bonjour, l'émission du matin à la radio de Radio-Canada, à Québec, de 1996 à 2000. 
 
Il anime l'émission Second Regard depuis 1995. Une émission consacrée à la spiritualité, aux religions et à la quête de sens.

30 mai 2009

Il est avant tout un homme de foi, mais il ne pourra pas ne pas toucher à la politique afin d'influencer le monde suivant sa croyance. Je n'arrive pas à comprendre l'ignorance que les gens ont du Moyen Orient. Là-bas au Liban et ailleurs les catholiques l'aiment et approuvent son concervatisme. Les non Catholiques aussi sont en majorité conservateurs. Vive notre Pape.

May Assy, st-laurent

23 mai 2009

Benoit XVI facteur de changement ? Comme vous le mentionnez, Joseph Ratzinger a été la source de plusieurs controverses dans les derniers mois, si bien que je ne sois absolument pas convaincu qu'il puisse servir d'exemple à nos politiciens. Je m'explique, d'un côté, il fait preuve d'un conservatisme patent, (il a levé l'excommunication des évêques intégristes, il est resté très fermé au changement du statut des femmes dans l'Église et je n'ai pas parlé de son opposition à la contraception...) et d'autre part, il invite Palestiniens et Israéliens à « mettre de l'eau dans leur vin » et à travailler pour la paix. En d'autres mots, celui qui reste figé sur ses propres positions, invite les autres à s'ouvrir, n'est-ce pas un peu paradoxal ? En y pensant un peu plus, peut-être que le pape est plus « politicien » qu'on le pense ! Entre vous et moi, est-ce une qualité que d'être « politicien » ? Pas toujours, « politicien » rime trop souvent avec « opportuniste ». 
 
Une chose me frappe, quand je fouille dans des ouvrages sur les trois monothéismes, c'est la surprenante certitude des religieux par rapport à leurs dogmes respectifs. Apparemment, ils croient avoir compris le message de leur Dieu alors que leurs voisins seraient dans l'erreur... Si j'avais la possibilité de parler au pape demain matin, je l'inviterais à se souvenir que le Jésus présenté dans les évangiles, avait plutôt tendance à déranger les grands-prêtres de son temps qui étaient, à ce qu'il me semble, .passablement conservateurs et dogmatiques... Benoît XVI, un facteur de changement ?Ça reste à voir !

Marc Lacroix, Beloeil

23 mai 2009

Ce que je retiendrais,ce sera cette image d'un pape qui a mis de côté ses qualités de théologien en bravant tous les obstacles,pour aller précisément dans ce coin du monde,où c'est une vraie poudrière,mais en même temps le berceau de 3 religions monothéistes.oubliant tout le côté solennel de son périple,il est allé là en simple homme demandé pardon à Dieu,pour tous les torts causés par ses prises de positions devant les musulmans,les juifs et les chrétiens. 
C'est un homme profondément religieux,il n'a que faire de la politique.Il n'a accompli que son devoir:"pardonnez et vous serez pardonnez".Je ne pense pas que ce passage en coup de vent pourra être pris par les décideurs de cette région-ci comme un facteur de changement politique.La balle reste toujours dans leur camp respectif:C'est à eux de tendre la main à "l'ennemie",après tout ils ont le même ancêtre:Abraham. 
Qui sait,devant ce chef religieux octogénaire qui s'est dérangé de son palais papale en bravant les dangers,pour venir dire pardon à sa manière pour toutes ses fautes commises,les coeurs de pierre pourraient-ils se rechauffer un petit peu,pour donner une chance vers un petit pas pour la paix.

Ani Kassabian, Montreal

23 mai 2009

Monsieur Boisvert, 
 
Définissons d'abord ce qu'est un dogme (d'après Larousse) : «Point fondamental et considéré comme incontestable d'une doctrine religieuse ou philosophique.» 
 
Ensuite, puisque vous ramenez le débat sur l'avortement et sur l'utilisation du préservatif (car il s'agit bien de cela), permettez à mon tour que j'y revienne.  
 
L'avortement est une décision difficile à prendre, mais il est parfois salutaire. L'interdire relève d'une conception dogmatique et conservatrice qui prône la vie à tout prix et qui ne tient pas compte du choix qu'une femme peut faire de son corps.  
 
Concernant l'interdiction du préservatif, le pape et le Vatican ont utilisé toute une argumentation dogmatique pour se justifier. En effet, ils ont tablé sur la fidélité et sur l'abstinence, des données plutôt tirées de la doctrine catholique, et qui ne cadrent pas avec la réalité.  
 
Benoît XVI a soulevé la controverse, il suffit de relire les reportages journalistiques et les carnets de monsieur Crevier pour s'en convaincre. C'est pourquoi je pense qu'il doit redresser son image, surtout si on y ajoute l'affaire des négationnistes. 
 
Enfin, s'il réussit là où d'autres ont échoué pour ramener la paix en Palestine, je n'aurai qu'à m'incliner.

Marc-André Villeneuve, Saint-Elzéar-de-Témiscouata QC

22 mai 2009

Bonjour, 
 
Je suis d'accord que le voyage du pape en Palestine a été un succès et portera, j'en suis certain des fruits de paix en son temps. 
 
Par contre, je ne suis pas d'accord avec M.Villeneuve lorsqu'il laisse un peu sous entendre que l'intention du pape, avec ce voyage, était de redorer son image. Je ne crois pas que le pape joue à ce genre de jeu.  
 
Les convictions qui l'habitent au sujet de l'avortement et de la contraception n'ont pas disparues et son voyage en Palestine n'avait certainement pas pour but de faire oublier aux gens ce qu'il a dit (et ce qu'il dit toujours) au sujet de la contraception et l'avortement. Il est clair que sa position sur ces deux thèmes n'a pas changé et ne changera pas. Et cela n'enlève rien à sa crédibilité et surtout ne fait pas perdre confiance en lui. 
 
En temrinant, je ne crois pas, M.Villeneuve que d'être contre l'avortement et la contraception veut dire de ne pas être ouvert d'esprit et d'être dogmatique.

Jules Boisvert, Laval

21 mai 2009

Ce voyage est normal dans le cadre de la politique vaticane. Je crois que ce voyage était 
nécessaire afin d`établir de saine relation entre le Vatican et les pays de la Terre Sainte.

Reginald Lussier, Boucherville

21 mai 2009

Après toutes les controverses récentes que le pape a suscitées, je pense qu'il a perdu en crédibilité. La confiance, une fois perdue, est difficile à rétablir.  
 
Aussi, bien que j'approuve les positions récentes de Benoît XVI en Palestine, je doute quelque peu de sa sincérité. Avait-il vraiment le choix, s'il voulait redorer son image ?  
 
Il faudrait bien plus qu'une courte visite en Terre sainte pour que le pape puisse avoir un impact majeur sur les destinées de la planète. Il faudrait, à coup sûr, qu'il devienne beaucoup plus ouvert et beaucoup moins dogmatique, et sur une longue période. Est-ce trop lui demander ? 

Marc-André Villeneuve, Saint-Elzéar-de-Témiscouata QC

21 mai 2009

Je trouve que le pape s'est beaucoup amélioré dans sa façon d'agir. 
Ce voyage lui tenait a coeur et je trouve qu'il a porté une attention spéciale a ne faire aucun faux pas. Les leçons du passé ont porté fruit et c'est tant mieux. 
Il n'y aura jamais trop de monde sur cette terre pour parler de paix et le pape représente une quantité importante de ce monde. 
Il se perfectionne de plus en plus, on va peut-être finir par l'apprécier finalement...

Micheline Belanger, Magog

20 mai 2009

Monsieur Drouginsky...  
Vous avez bien raison de le souligner. On ne s'étonnait plus de voir Jean-Paul II s'affirmer sur des questions politiques. Le cas le plus évident? L'Union soviétique. Mais il y en a eu d'autres! Les abus du capitalisme, son soutien aux autochtones du Mexique, contre la mafia (de façon véhémente). Et combien d'autres encore.  
 
On me faisait remarquer qu'en Terre sainte, Benoît XVI, au fond, n'a fait que redire la position du Vatican et celle de l'ONU en faveur d'un État palestinien. D'accord. Mais s'attendait-on à un tel discours de la part de Benoît XVI ?  

Alain Crevier, Québec

20 mai 2009

Une hirondelle... 
 
Je suis d'accord avec vous, le pape a fait un bon voyage. Il a été à la hauteur pour une fois. 
 
Ceux qui craignaient d'être obligés de réclamer son départ doivent être un peu soulagés. 
Mais il ne faut pas exagérer, une hirondelle ne fait pas le printemps. 
 
Pour ce pape, l'automne est déjà chose du passé et on ne revient pas des misères de l'hiver où il s'enfonce inéluctablement.  
 
Aussi quand vous dites: "Benoît XVI comme médiateur?", je suis perplexe. Vous ne rêvez peut-être pas mais vous exagerez certainement. Très certainement. Et beaucoup je crois. 
 
Bonne fin de semaine.

Laurent Émond, Québec

20 mai 2009

Bonjour, 
 
Avec son dernier voyage en terre sainte, Benoît XVI vient de remonter considérablement dans mon estime!!! 
 
Je ne le croyais pas capable de prendre position aussi clairement sur la question israëlo-palestinienne.  
 
Est-ce que le Berger allemand serait finalement le Pâtre de la paix dont cette région ainsi que la terre entière a tant besoin???  
 
On ne pourra jamais reprocher à Benoît XVI de faire de la politique lorsqu'il prêche pour la paix. Et je crois au contraire que le salut de l'Église passe par sa mission de paix qui a été trop souvent oubliée justement pour des questions politiques... 
 
Est-ce enfin la colombe qui revient avec la feuille d'olivier après une trop longue attente? L'avenir nous le dira, mais ce printemps l'espoir est semé...

Jocelyn Ouellet, St-Félicien

20 mai 2009

Je dois dire que je m'intéressais par le passé aux voyages de Jean-Paul II car pour moi ce n'était pas seulement le pape des catholiques, c'était avant tout un pasteur ou même un rabbin des temps modernes car il exprimait la foi dans toute son universalité, ce qui est un plus. Jusqu'à présent, j'avais attaché peu d'importances aux visites de Benoît XVI et je dois reconnaître que ce 12ième voyage a retenu toute mon intention car c'est un voyage très fort symboliquement et qui exprime la foi dans sa diversité et aussi dans son universalité. En ce sens, Benoît XVI se présente comme le continuateur de Jean-Paul II avec un côté, vous l'avez souligné un peu plus « peut-être » politique. Personnellement je dois dire que le fait que des religieux se mêlent aussi de politique, cela ne me dérange pas du tout, car la politique cela fait parti de la vie et il est impensable de considérer que certaines professions (fussent-elles de foi) devraient être détournées du jeu politique. Qui plus est, on n'a pas tellement souvent l'occasion de prononcer des éloges flatteuses, c'est pourquoi, je ne me priverais pas de dire que Benoît XVI donne le bon exemple pour le dialogue inter religieux tout comme pour l'entente et la dialogue entre les nations. À ce propos on ne saurait ne pas souligner que les relations entre le judaïsme et le christianisme n'ont comme le précisait le président d'Israël Shimon Peres, jamais été aussi bonnes depuis plusieurs siècles, ainsi il en est tout pareillement des relations avec l'Islam. Aussi c'est avec joie que je tire mon chapeau aux excellents offices du Pape Benoît XVI en espérant qu'il poursuivra encore sur cette voie qui donnent quelques chances à la paix et à la réconciliation, une démarche initiée également voici peu avec les premières nations.

Serge Drouginsky, LeMoyne

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