La courte échelle : mise en vente imminente

Des livres publiés par La courte échelle Des livres publiés par La courte échelle  Photo :  Facebook/La courte échelle

La faillite récente de la maison d'édition La courte échelle, dont la mise en vente officielle devrait être annoncée lundi, a créé une commotion dans le milieu de la littérature jeunesse.

Pionnier de la littérature jeunesse au Québec, l'éditeur aurait vendu 10 millions de livres à travers le monde. Mais au moment de déclarer faillite, le montant de ses dettes dépassait les 4 millions de dollars.

Les auteurs et les illustrateurs, qui sont au coeur de cette industrie, risquent de ne jamais voir la couleur des droits qui leur sont dus. 

« Au moins 500 auteurs se retrouvent actuellement sans éditeur. » — Danièle Simpson, présidente de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ)

Selon Danièle Simpson, présidente de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), les auteurs se croyaient protégés par la loi sur le statut de l'artiste, qui prévoit qu'ils reprennent leurs droits en cas de faillite, mais selon le syndic de faillite de leur ancien éditeur, ce n'est pas le cas.

Lors d'une rencontre d'information sur cette situation, tenue à l'UNEQ la semaine dernière, une cinquantaine d'auteurs présents ont en effet appris du syndic que cette clause-là ne s'appliquait pas, car elle était invalidée par la loi sur les faillites fédérales.

Leurs droits seraient donc en fait automatiquement cédés au syndic de faillite, qui peut les vendre à qui offrira de les acheter. Cette situation est aberrante, selon l'UNEQ. 

Cependant, tous les spécialistes en droit ne s'accordent pas là-dessus, et l'UNEQ entend continuer de voir s'il existe des recours. 

Qui peut encore sauver La courte échelle?

Mais quels éditeurs au Québec ont les reins assez solides pour reprendre un si gros catalogue? Et les auteurs ont-ils intérêt à être vendus en bloc?

Certains auteurs seraient prêts à éponger la dette de La courte échelle pour reprendre leurs droits, mais ils ne peuvent pas le faire.

Ceux qui ont envoyé un manuscrit peuvent le reprendre, si aucun travail d'édition n'a été effectué.  Si la maison d'édition a travaillé sur le manuscrit, il faut payer pour le travail effectué pour pouvoir reprendre ses droits.

Les autres, ceux dont les livres ont été mis sur le marché, d'après le syndic, n'ont aucun recours, à moins de monter une coopérative pour racheter La courte échelle, une idée lancée par une auteure, mais qui requiert un important budget.

Le syndic privilégie de son côté l'option de la vente en bloc (livre jeunesse + livre pratique + littérature adulte), mais entend étudier toutes les offres qu'il recevra.

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